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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 12:11
Émilio DaneroGuide du (futur) professeur: 1

Vous trouverez dans ce vade-mecum du (futur) professeur un guide inestimable pour les étudiants qui se destinent à l’enseignement du français et pour les professeurs de français.
Bien entendu tous ceux et toutes celles qui sont passionnés par la langue et la littérature française trouveront également dans ce guide de nombreuses informations susceptibles de les intéresser.
À qui doit-on ce magnifique guide ? À Jean-Louis Dufays, professeur à l’Université de Louvain, qui est responsable depuis 1996 de l'agrégation en langues et littératures romanes et directeur du CEDILL (Centre de recherche en didactique des langues et littératures romanes). Je remercie Jean-Louis Dufays pour ce travail remarquable qui est une invitation à la découverte et au plaisir d’enseigner.
Je tiens aussi à rendre hommage à Pierre Yerlès, un de mes anciens professeurs à l’Université de Louvain et père fondateur de la didactique du français à l’Université de Louvain : Pierre Yerlès fut auteur de ce vade-mecum jusqu’en 1997.
Vu l’ampleur du projet, le guide sera décomposé en cinq articles. Articles qui recensent des sources de grande qualité dans les domaines les plus divers : livres, revues, sites Internet.
Voici le premier article qui aborde les sujets suivants par ordre alphabétique : argumentation et dissertation, audiovisuel et analyse de l’image, axiomatique (définir une), bande dessinée, chanson, cinéma, comique, conte.


BIBLIOGRAPHIE DE BASE


À consulter en priorité

DOLZ, Joaquim et SCHNEUWLY, Bernard, Pour un enseignement de l’oral. Initiation aux genres formels à l’école, Paris, ESF, 1998.
DUFAYS, Jean-Louis, GEMENNE, Louis, LEDUR, Dominique, Pour une lecture littéraire. 1. Approches historique et théorique, propositions pour la classe de français, 2. Bilan et confrontations, Bruxelles, De Boeck-Duculot, 1996 (Formation continuée).
REUTER, Yves, Enseigner et apprendre à écrire. Construire une didactique de l'écriture, Paris, ESF, 1996 (Pédagogies).
SIMARD, Claude, Éléments de didactique du français langue première, Paris-Bruxelles, De Boeck Université, 1997 (Pratiques pédagogiques).




Autres ouvrages généraux de référence

CHISS, Jean-Louis, DAVID, Jacques, REUTER, Yves (dir.), Didactique du français. État d'une discipline, Paris, Nathan, 1996 (Perspectives didactiques).
COLLÈS, Luc, DUFAYS, Jean-Louis, MAEDER, Costantino (dir.), Enseigner le français, l’espagnol et l’italien. Les langues romanes à l’heure des compétences, Bruxelles, De Boeck, 2003 (Savoirs en pratique).
DUMORTIER Jean-Louis, Lire le récit de fiction. Pour étayer un apprentissage : théorie et pratique, Bruxelles, De Boeck-Duculot, 2001 (Savoirs en pratique).
HALTE, Jean-François, La didactique du français, Paris, P.U.F., 1992 [1re édition, aujourd’hui épuisée, mais toujours disponible en bibliothèque] (Que sais-je ? 2656).
MATHIS, Geneviève, Professeur de français. Les clés d'un savoir-faire, Paris, Nathan, 1997 (Perspectives didactiques).
ROPÉ Françoise, Enseigner le français. Didactique de la langue maternelle, Paris, Éditions universitaires,1990 (Savoir et formation).
ROSIER, Jean-Maurice, La didactique du français, Paris, P.U.F., 2002 [2e édition refondue, totalement différente de la 1re édition d’Halté de 1992] (Que sais-je ? 2656).
ROUXEL, Annie, Enseigner la lecture littéraire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1996 (Didact français).
TOCHON, François Victor, Didactique du français. De la planification à ses organisateurs cognitifs, Paris, ESF, 1990.




ARGUMENTATION ET DISSERTATION

SELECTION BIBLIOGRAPHIQUE

Plusieurs manuels explicitant utilement le travail de l’argumentation

AMOSSY, R., L’argumentation dans le discours. Discours politique, littérature d’idées, fiction, Paris, Nathan université, 2000 (Fac – linguistique).
BLACKBURN, P., Logique de l’Argumentation, Ottawa, Ed. du Renouveau pédagogique, 1989.
BOISSINOT, A., LASSERRE, M.-M., Techniques du français. 1. Lire-Argumenter-Rédiger, Bertrand Lacoste, 1989.
HUBAT-BLANC, A.-M., Énonciation et argumentation, Amiens, CRDP de l’Académie d’Amiens, 1998.
LAURENT, J.-P., Rédiger pour convaincre, Duculot, 1989 (2e éd.) (L’esprit des mots).
LINDENLAUF, N., Savoir lire les textes argumentés, Duculot, 1990 (L’esprit des mots).
NYSENHOLC, A., et GERGELY, T., Information et persuasion 1. Argumenter, De Boeck, 1991.
PLANTIN, Chr., Argumenter, Paris, CNDP, 1989 (Autrement dit).
REBOUL, P., Introduction à la rhétorique, PUF, 1991 (Premier cycle).
ROBAYE, R., Introduction à la logique et à l’argumentation, Erasme Académia, 1991 (Pédasup).
ROBRIEUX, J.-J., Éléments de rhétorique et d’argumentation, Dunod, 1992.
WEIL, C., L’essai littéraire (1) Initiation. Définitions. Méthode. Exercices. Mots-clés corrigés, (2) Perfectionnement,Hatier, 1991 (Les méthodiques).


Quatre manuels proposant un apprentissage raisonné de la dissertation

COLSON, J., Le dissertoire, De Boeck-Wesmael, 1988.
JONCHERAY, S., La dissertation française au CAPES, Paris, Les Éditions d’Organisation, 1996.
LAMOUR, H., Technique de la dissertation, PUF, 1990 (Pratiques corporelles).
THYRION, Fr., La dissertation aujourd’hui, Duculot, 1996 (Entre guillemets).


Des précis accessibles partout

AMANCY, N., et VENTURA, T., 50 modèles de dissertations, Marabout, 1992 (MS, 53).
DÉSALMAND, P., et TORT, P., Du plan à la dissertation : français, Hatier (Profil, 313/314).


Des revues didactiques consacrées aux problèmes de l’argumentation

Enjeux, n°33, décembre 1994, Disserter ou argumenter ?
Français 2000, n°133-134, décembre 1992, De l’argumentation à la dissertation.
L’École des lettres, 2d cycle, n° spécial, La dissertation littéraire générale.
Le français aujourd’hui, n°123, décembre 1998, Argumenter : enjeux et pratiques.
Pratiques, n°28, 1980, Argumenter ; n°68, déc. 1990, La dissertation.
Québec français, n°96, février 1995, Dossier : La dissertation.
Recherches, n°9, novembre 1988, Argumenter ; n°14, 1er sem. 1991 Situations d’argumentation.


Des articles à orientation didactique pouvant aider l’enseignant en recherche

BOISSINOT A. (c.r. de AURIAC, Y.), « Enseigner le texte argumentatif de la Sixième à la Terminale », in Le français dans tous ses états, n°25, juin 1994.
CHAROLLES, M., « La dissertation quand même », in Pratiques, n° 68, déc. 1990.
CHARTRAND, Suzanne-G., « Pistes didactiques pour enseigner la production de textes argumentatifs », in Québec français, n°97, printemps 1995.
DELFORCE, B., « Approches didactiques de la production d’un écrit « fonctionnel » : les difficultés de la dissertation », in Pratiques, n°48.
MIKOLAJCZAK-THYRION, Fr., « Les mots dans la dissertation : aspects sémantiques et logiques », in Enjeux, n°21, décembre1990.




AUDIOVISUEL ET ANALYSE DE L’IMAGE

SELECTION BIBLIOGRAPHIQUE


Deux remarquables outils d’initiation à la lecture de l’image

ESNOUF, D., FAFFRE, P., LUCAS, A. et al., « Eh ! Regarde ! » 12 cours pour une initiation à la lecture de l’image(4 livrets et 24 diapositives), CRDP de Caen.
FOZZA, J.-Cl., GARAT, A.-M., PARFAIT Fr., Petite fabrique de l’image. Parcours théorique et thématique – 180 exercices, Paris, Magnard, 2001.


Des livraisons intéressantes de revues didactiques centrées sur la question

Le français aujourd’hui, n°88, déc. 1989, Les couleurs, le langage et les sons.
Français 2000, n°138-139, déc. 1993, L’audiovisuel et l’école.
Français 2000, n°140, avril 1994, L’audiovisuel et l’école 2. Le dossier pédagogique,.
Cahiers pédagogiques, n°301, février 1992, L’audiovisuel : une autre façon d’apprendre,.


Deux éclairantes brochures de synthèse réalisée par le Conseil de l'Éducation aux Médias de la Communauté française de Belgique

Pour une éducation des jeunes à l’audiovisuel, Bruxelles, Fondation Roi Baudouin, 1990, 91 p.
L'éducation aux médias en 12 questions, Bruxelles, Fondation Roi Baudouin, 1996, 32 p.


Deux numéros très riches de Français 2000 sur divers aspects et exemples de la relation textes-images

Français 2000, n°183-184, Des mots et des images 1, 2003.
Français 2000, n°186-197, Des mots et des images 2, 2003.


Trois ouvrages de fond et un article de synthèse à orientation didactique

JACQUINOT G., Image et pédagogie, Paris, PUF, 1977 (L’Éducateur).
MARTIN, M., Sémiologie de l’image et pédagogie, Paris, PUF, 1982 (Pédagogie d’aujourd’hui).
MARGEAT, M., « Analyser la presse audiovisuelle », in L’information littéraire, 1986, n°3, p. 113.


Deux ouvrages (très) critiques d’un sociologue américain sur la fonction de la télévision comme « premier programme » suppléant celui de l’école

POSTMAN, N., Enseigner, c’est résister, Le Centurion, 1981.
POSTMAN, N., Se distraire à en mourir, Flammarion, 1986.


Un ouvrage collectif analysant divers aspects de la relation télévision -littérature

BARBALATO, B. (dir.), Les écrivains en vidéo, Bruxelles, Van Balberghe, 1999.


Deux précieux dossiers de La Nouvelle Revue Pédagogique

ABENSOUR, C., La télévision et la culture télévisuelle des jeunes, in NRP, n°3, nov. 1993, pp. 9-26
ROLLAND, M., L’adaptation des œuvres littéraires à l’écran (et autres lieux), in NRP, n°4, déc. 1993, pp. 11-30.


Un (bon) mémoire qui envisage divers usages de la télévision au cours de français

RIGUELLE, D., La télévision : un programme de réflexion et de recherche en classe de français, UCL, Département d’études romanes, 1986.


Un ensemble de propositions pratiques « pour essayer d’en finir avec l’opposition télévision - monde de l’écrit » (destiné à l’enseignement primaire)

CHAILLEY, M. et CHARLES, M.-Cl., La télévision pour lire et pour écrire, Paris, Hachette, 1993 (Pédagogies pour demain).


72 fiches pédagogiques déjà anciennes mais toujours d’actualité

BOURRON Yves, 72 fiches de pédagogie audiovisuelle, Paris, Les Éditions d’organisation, 1978, 162 p.

Cf. aussi, dans ce vadémécum, les rubriques CINÉMA, PRESSE et MÉDIAS.




DEFINIR UNE AXIOMATIQUE

a. Qu'est-ce qu'une axiomatique ?


« 4° N.f. Recherche et organisation systématique des axiomes d’une science (d’un ensemble d’hypothèses et de déductions).
L’axiomatique d’une science, une axiomatique : l’ensemble des axiomes (...) ».
Le Petit Robert


« adj. (grec axiômatikos ; 1547) 1. Qui concerne les axiomes. - 2. Système axiomatique, forme achevée d’une théorie déductive construite à partir de termes premiers et de propositions premières (axiomes), développés à l’aide des règles de définition et de démonstration, et caractérisée par la symbolisation et la formalisation. n. f. (...) ».
Lexis

« Axiomatique - Épist. 1. Système d’axiomes au sens de « principe indémontrable se trouvant à la base d’un raisonnement (...) » : « L’axiomatique de Hilbert ». - 2. Théorie de ces axiomes considérés comme règles purement formelles : « L’axiomatique s’impose comme loi de tout expliciter sans rien présupposer » (R. Blanché) (...) ».
A. Cuvillier. Cf. R. Blanché, L’axiomatique, Paris, P.U.F (SUP).

« Karl Popper a bien montré qu’il n’était pas possible de fonder la science sur un principe d’induction : « D’un point de vue logique, nous ne sommes pas justifiés à inférer des propositions universelles à partir de propositions singulières, aussi nombreuses qu’elles soient ; car toute conclusion tirée de cette façon pourra toujours se révéler fausse : peu importe le nombre de cygnes blancs que nous aurons pu observer, cela ne justifie pas la conclusion que tous les cygnes sont blancs ».(...)
Si, cependant, depuis Kepler au moins, l’histoire de la science consiste en l’élaboration de théories générales (de propositions universelles), c’est que le rapport entre la théorie et l’observation (ou l’expérimentation) s’est trouvé renversé. D’une accumulation d’observations ou d’expériences, il n’est pas possible d’induire rigoureusement une théorie ; la formulation d’une théorie comporte toujours une part de risque, elle représente un pari. Mais, en revanche, des observations ou des expériences bien menées (et qui peuvent être peu nombreuses) peuvent, après coup, amener à accepter ou à rejeter une théorie. Comme le dit Chomsky, « les données d’observation sont intéressantes dans la mesure où elles ont une incidence sur le choix entre des théories rivales.
N. Ruwet, Introduction à la grammaire générative, Paris, Plon, pp. 12-13.


Des exemples de développement scientifique à base d’axiomatique :

- la description de la langue comme « système de signes » au départ de quelques axiomes. Cf. F. de Saussure, Cours de linguistique générale ;

- la description de la littérature comme « système institutionnel » au départ de quelques axiomes. Cf. J. Dubois, L’institution de la littérature, Paris, Bruxelles, Nathan-Labor ;

- la description du conte merveilleux russe comme « système de fonctions » au départ de quelques axiomes. Cf. Propp, Morphologie du conte, Paris, Seuil (Points) ;

- la description des objets ou plus précisément des « processus par lesquels les gens entrent en relation avec eux et (...) la systématique des conduites et des relations humaines qui en résulte ». Cf. Baudrillard, Le système des objets, Paris, Denoël-Gonthier (Médiations).


b. Exemples d'axiomatique

1. Les contextes, procédures et le fonctionnement d’un enseignement sont souvent aujourd’hui au moins aussi importants que les contenus mêmes de cet enseignement. A fortiori est-ce vrai en méthodologie, science ou démarche du « comment ».

2. Le discours didactique n’est isolé qu’en apparence de tout ce qui l’englobe et de tout ce qui le constitue en profondeur. Un souci de rigueur « épistémologique » implique le dévoilement maximal ou du moins la conscience de ce contexte et de ces fondements.

3. « L’activité intellectuelle nécessite un organe construit à partir d’une information génétique, et un apprentissage de cet organe au cours d’une certaine aventure humaine bien mal désignée par le mot « environnement » (A. Jaccard).

4. « L’outil intellectuel dont nous disposons à un instant donné résulte des informations génétiques que nous avons reçues, des matériaux dont nous avons disposé pour le construire et de l’usage que nous en avons fait (...) » (Id.).

5. Le « centre de gravité » de l’acte d’apprentissage (phénomène fondamental d’une visée d’enseignement) est dans la personne de l’apprenti, étant entendu qu’une personne repliée sur elle-même ne peut apprendre et que tout être humain possède en lui la capacité et le désir de progresser dans ses apprentissages. La personne de l’enseignant n’est qu’une des conditions possibles, voire un des conditionnements de cet acte d’apprentissage (Rogers et Jackins).

6. Il est difficile voire impossible d’apprendre quelque chose de neuf et d’important sans plaisir partagé — moteur du changement — et si ce n’est de quelqu’un qu’on aime (Pagès).

7. Le type de relation de personne à personne(s) en jeu dans l’apprentissage en milieu scolaire peut faciliter ou freiner cet apprentissage. Dans la mesure où cette relation (les comportements qui la constituent) est perçue dans toutes ses dimensions (duelle - groupale - institutionnelle), elle peut être considérée comme une composante essentielle de la réalité d’enseignement.

8. Le comportement social que constitue, dans ses modalités et ses justifications, l’acte méthodologique ou didactique est aujourd’hui de plus en plus reconnu comme spécifique à un lieu et à un moment déterminé. L’aire de « fiabilité » de ce comportement est à repérer sans cesse et à ce repérage constant peuvent être identifiées l’intuition et la dynamique méthodologiques.

9. Dans de très nombreuses situations de culture (où école et médias se partagent le « programme de formation »), enseigner aujourd’hui, à l’école, c’est prendre le contre-pied de l’enseignement des médias (Postman).

10. « L’intervention de l’enseignant — que ce soit par le modèle scientifique ou par ses valeurs — "agresse» toujours quelque peu les élèves. Le modèle de l’enseignement sans rupture ni conflit est un leurre ou une gigantesque manipulation » (Fourez).

11. « Une classe n’est pas un lieu sans conflits. S’y confrontent les projets souvent divergents des élèves, du professeur, de l’administration de l’école, des parents, de groupes intéressés, etc. C’est le lieu de la confrontation de désirs et d’intérêts » (Fourez).

12. Bricolage et tactique didactique constituent l’art d’adapter la dynamique d’enseignement à l’occasion, aux modalités et au contexte d’apprentissage (de Certeau).


c. Questions pour déterminer sa propre axiomatique

1. Soit répondre à une questionnement sur le modèle de ce qui suit :

- Quels sont les « postulats » ou présupposés explicitables auxquels je me réfère touchant à la notion de, par exemple :




- Comment ces présupposés s’organisent-ils entre eux?

- Quelles relations entretient pour moi cet ensemble (de présupposés) avec d’autres ensembles (de présupposés) dans lesquels il s’insère ou qu’il recouvre en partie ou complètement ?

Exemple : qu’en est-il de l’articulation de ces présupposés avec telle(s) conception(s) politique(s), économique(s), philosophique(s), religieuse(s)... qui donnent sens à ma lecture du monde, à mes engagements, à mon « art » de vivre, etc.

2. Soit élaborer, touchant aux domaines susdits, une sorte de « credo » succinct, d’une dizaine ou d’une vingtaine d’articles :

Exemple : « Ce que je crois : 1. La pratique littéraire n’est pas une pratique d’expression, d’expressivité, de reflet, mais une pratique d’imitation, de copie infinie » (R. BARTHES, Sur la littérature, P.U.G., 1980, p. 13).

3. Soit retrouver, à propos des points susdits ou de l’un ou l’autre, une dizaine de « concepts opérateurs » ou de « métaphores de base ».

Exemple, à propos de l’enseignement : bricolage, tactique, occasion, jeu, énigme, différence...

4. Soit formuler ce qui précède, si l’on préfère, en termes de « représentations ».

On peut aller jusqu’à partir de la formule : qu’est-ce que la littérature, la lecture, l’orthographe, l’enseignement... représentent pour moi aujourd’hui ?

5. Soit travailler plus rudimentairement encore sur les connotations, les associations d’idées.

La technique des « mots associés » est très intéressante à cet égard : exemple : quels sont les quatre premiers mots qui me viennent à l’esprit au départ du mot « grammaire », du mot « littérature », du mot « poésie » ?...).

6. Soit reconnaitre ses « références d’autorité », dans les domaines susdits, sa liste d’auteurs préférés, sa « bibliographie de coeur »...

Selon les classes et la maturité des élèves, on pourra initier les élèves à ce dévoilement
« axiomatique » en les associant à ce questionnement selon des procédures comme celles décrites en 4 ou en 5.


BANDE DESSINÉE

INTRODUCTION

« Exprimer, montrer, raconter : ces fonctions se bousculent, et leur synthèse est toujours un miracle. » Cette formule, reprise à Alain Rey, auteur, selon nous, d'un des essais les plus dynamisants consacrés à la BD (Les spectres de la bande, Éditions de Minuit, 1978), signale implicitement les raisons de la fascination ou de la répulsion que peut exercer ce genre protéiforme, comme des déceptions qu'il provoque. Il est un lieu très spécifique d'investissement libidinal, de « délire utilitaire » (mythique, idéologique, psychologique) : la narrativité y passe par la figuration et inversement, avec, du coup, toutes les modalités possibles de valorisation ou de dévalorisation de l'une par l'autre, avec aussi toutes les « opportunités » que peut présenter, pour le lecteur ou pour la société des lecteurs, le degré de combinatoire atteint.
On ne s'étonnera pas que l'École, devant l'irrésistible ascension de ce médium particulièrement signifiant de notre modernité, s'en inquiète et s'y intéresse (même commercialement, via l'édition scolaire) autant ou plus qu’à d'autres médias avec lesquels il est bon de compter (conter) désormais. Si ceci apparait inévitable, sinon heureux, il n'est pas sûr que cela se passe toujours dans l’intérêt ou pour (dans) la plus grande jouissance des élèves, ni davantage de leurs professeurs. En ce domaine comme en tant d'autres, plus peut-être qu'en bien d'autres, l'enseignant aura à affronter, à situer ses fonctions, ses devoirs, ses plaisirs, ses illusions, ses compromissions, ses options. À se demander à quelles conditions, et avec quels risques il peut, avec ses élèves, « utiliser » la BD (et à quelles fins ?) ou se laisser saisir par elle (et pour quel voyage ?). L'on gardera seulement à l'esprit que rien n'est acquis en ce domaine (ni par un choix de contenu(s), ni par un choix de méthode(s), ni par un choix d'objectif(s), quand bien même tout ceci serait certes inducteur d'effets divers), sinon que la vie apprend sans cesse à qui veut bien apprendre !
À chacun donc de découvrir qui, et par quels chemins directs ou détournés, de Tintin ou de Philémon, Bécassine ou Barbarella, Corto Maltese ou Gaston, Superman ou Astérix, Silence ou Même, Gotlib ou Moebius, Manara ou Pratt, Schuiten ou Druillet, Métal Hurlant ou À Suivre, lui apprendra la soumission et la révolte, le rêve, la folie et/ou la conscience — l’entrainera dans la reconnaissance et la surprise, le jeu d’une lecture réglée ou d’un vertige —, l’aidera à travailler la grammaire, le symbole, le mythe ou l'orthographe —, lui imposera d’interroger la sémiologie et/ou la sociologie et/ou la philosophie. Dans un nombre de directions « didactiques » extrêmement diversifiées existent aujourd'hui, à profusion, matériaux et outils, des plus pervers aux plus naïfs. Notre bibliographie n'en donne qu'un aperçu.


SELECTION BIBLIOGRAPHIQUE

Deux ouvrages qui tout à la fois font le point de la question, proposent des analyses et élaborent ou explicitent des méthodologies dans une perspective didactique intéressante

TILLEUIL, J.-L., VANBRABAND, C., MARLET, P., Lectures de la bande dessinée : Théorie, méthode, applications, bibliographie, Louvain-la-Neuve, Académia, 1992, 247 p.
DE LA CROIX, A., ANDRIAT, Fr., Pour lire la bande dessinée, Bruxelles, De Boeck-Duculot, 1992 (Formation continuée), 142 p.


Une présentation générale du genre

DUC, B., L'Art de la Bande dessinée.


Un précis rédigé par un écrivain, scénariste de renom, grand connaisseur du genre

PEETERS, B., Case, planche, récit. Comment lire une bande dessinée, Tournai, Casterman, 1991, 119 p.


Deux essais roboratifs

BAETENS, J., et LEFEVRE, P., Pour une lecture moderne de la bande dessinée, Bruxelles, Centre belge de la bande dessinée, 1993.
REY, A., Les spectres de la bande, Éditions de Minuit, 1978.


Des articles à caractère didactique, explorant le rapport littérature et B.D.

PINSON, D., « Malet-Tardi : Brouillard au Pont de Tolbiac » (1 et 2), in Nouvelle revue pédagogique, n°2 et n°3, octobre et novembre 1990, p. 45.
PINSON, D., « Le Journal de Jules Renard lu par Fred », in Nouvelle revue pédagogique, n°6, février 1991, p. 45, et d’autres articles, dans la même revue.


Un bon petit article de synthèse orienté vers le français langue étrangère

CARÉ, J.-M., « Enseigner la bande dessinée /enseigner avec la bande dessinée », in Le français dans le monde, Paris, Hachette-Larousse, avril 1986, pp. 60-62.


Deux mémoires de licence qui proposent des parcours didactiques de lecture et d’écriture autour du scénario de BD

SALESSE, I., Le scénario de bande dessinée : approche théorique et séquences didactiques, Louvain-la-Neuve, Document n°14 de l’Unité de didactique du français, mars 1986.
ZABUS, V., Quelques aspects du scénario de bande dessinée en classe de français, Louvain-la-Neuve, Mémoire de licence en langues et littératures romanes, 1993.


Un autre mémoire pour faire le point sur la connaissance de la BD par les élèves et imaginer un parcours d’initiation générale au genre

CRUQUENAIRE, E., La lecture de la bande dessinée chez les élèves du troisième degré de l’enseignement secondaire : enquête et propositions didactiques, Louvain-la-Neuve, Mémoire de licence en langues et littératures romanes, 1999.

Cf. Aussi les mémoires de CARIAUX, C., DEBONGNIE, F., DE ROECK, B., DEWEER, L., JACOBY, C., LEONARD, S., RASEMONT, D., TILLEUIL, J.-L. …


Divers ouvrages parus dans les années 70 et 80, au moment du grand engouement pédagogique autour de la BD

ABASTADO, C., Messages des médias, Paris, CEDIC, 1980, pp 239-249.
ADAM, J.-M., Linguistique et discours littéraire. Théorie et pratique des textes, Paris, Larousse, 1976, passim.
CAPUT, J.-P., « Pédagogie de l'expression et bande dessinée : quelques suggestions », in Études de linguistique appliquée, n° 13, janvier-mars 1974, pp. 81-91.
CONVARD, D., et SAINT-MICHEL, S., Le français et la bande dessinée ; Paris, Nathan, 1972.
DE MAN, M. et MALHERBE, J.-F., Un Ghetto exemplaire, Éd. CTL, Bruxelles-Liège, 1977, 164 p.
DILLIES, P., « Le rapport image-texte dans la vignette de bande dessinée. Progression d'exercices », in Pratiques, n°18/19, février-mars 1978, pp. 21 et suivantes.
FRESNAULT-DESRUELLE, P., « Servir ou se servir de la bande dessinée », in N. GUEUNIER (dir.), Lecture des textes et enseignement du français, Paris, Hachette, 1974, pp. 113-124.
ID., La bande dessinée - L'univers et les techniques de quelques « comics » d'expression française, Paris, Hachette, 1972.
ID., Récits et discours par la bande. Essais sur les comics, Paris, Hachette, 1977 (Essais.)
ID., « Le personnage de bande dessinée et ses langages », in Langue française, n°28, décembre 1975, pp. 101-111.
GAUTHIER, G., Villes imaginaires : le thème de la ville dans l'utopie et la science-fiction (littérature - cinéma - bande dessinée), Paris, CEDIC, 1977 (Textes et non textes), 192 p.
MASSART, P., TILLEUIL J.-L. et NICXS J.-L., La bande dessinée à l'université... et ailleurs. Études sémiotiques et bibliographiques, Louvain-la-Neuve, UCL, Travaux de la Faculté de Philosophie et Lettres, n°31, 1984.
MASSON, P., Lire la bande dessinée, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1985.
PIERRE, M., La bande dessinée, Paris, Larousse, 1976 (Idéologies et société), 159 p.
Pratiques, n° 18/19 (Arrêts sur l'image).
ROBIN, C., Travaux dirigés et bande dessinée, Paris, SUDEL, 1974. (a) classes de 5 et 6e, 1er cycle ; (b) livret du professeur. (Analyse critique par A. Pequenot, in Pratiques, décembre 1975, n° 7 et 8, pp 47-60).
ROUX, A., La bande dessinée peut être éducative, Paris, Éd. de l'École, 1973, 2e édition.


Des livrets de diapositives

GAUTHIER, G., Les codes de la bande dessinée, coffret de diapositives, éd. UFOLEIS, 3 rue Récamier, Paris VIIe.
Comment on fait une bande dessinée - La bande dessinée et les histoires en images - La bande dessinée : l'art d'un certain montage - La bande dessinée, un certain art du cadrage, Quatre dossiers de diapositives commentées, Paris, OFRATEME.


Un dictionnaire qui invite à construire des parcours thématiques mêlant des références littéraires et paralittéraires (notamment de la BD)

AZIZA, C., OLIVIERI, C., STRICK, R., Dictionnaire des figures et des personnages (Littérature – Opéra - Cinéma - Bande dessinée), Paris, Garnier, 1981, 450 p.




CHANSON

SELECTION BIBLIOGRAPHIQUE

Des ouvrages et articles à orientation didactique

ARCHAMBEAU, Fr. et al., La clé des chants. Guide d'analyse de chansons d'auteurs pour l'enseignement secondaire, Namur, Érasme, 1993.
BÉRIMONT, L., ZARATE, G., Brassens, Gréco, Montand, Mouloudji chantent les poètes, Paris, Hachette - Ministère des Relations extérieures, 1982 (4 cassettes sonores + un livret de 80 p. comprenant les paroles et les partitions des chansons, des réflexions sur la chanson poétique et des propositions pour la classe).
CALVET, L.-J., La chanson dans la classe de français, Paris, Nathan, Clé International, 1980.
CARE, J.-M., DEMARI, J.-C., « Chanson et profs : une histoire d'amour contrariée », in Le français dans le monde, n° 216, Paris, 1988.
CHAMBARD, L. et DAMOISEAU, R., La chanson d'aujourd'hui. Mythes et images du temps présent, 1960-1980, Sèvres, Centre international d'études pédagogiques, 1984 (Les dossiers de Sèvres).
DUFAYS, J.-L., GRÉGOIRE, Fr., MAINGAIN, A., La chanson. Textes pour la classe de français et Vadémécum du professeur de français, Bruxelles, Didier Hatier, 1994 (Séquences).
Français 2000, n° 106 et 107, Chanson française, Bruxelles, 1983 et 1984, pp. 5-48 et 3-58.
Le français dans le monde, n° 131, 1977, Dossier « A travers chants ».
HANQUET, R., « La chanson », in COLLECTIF, Français 5/6. Tome A, Bruxelles-Paris-Gembloux, De Boeck-Duculot, 1982, pp. 186-208.
MASSART-LALUC, V., Récits en chansons, Paris-Grenoble, Delagrave et CNDP de l’Académie de Grenoble, 2002 (1, 2, 3... Séquences Français L.P.).
Textes et documents pour la classe, n° 308, Les courants de la chanson française, de la chanson aux variétés, 1983.


Deux dossiers pédagogiques très riches publiés par la Communauté française de Belgique

BRIET, G., JONCKHEERE, N. et MASUY, Fr., Brel entre les lignes. Apprendre ou pratiquer le français avec Jacques Brel (21 fiches pédagogiques), Bruxelles, Communauté française de Belgique, 2003.
MARÉCHAL, H., MASSART, N. et STREEL, p. (dir.), Made in « chez nous ». Paroles et musiques en Communauté française de Belgique (étude de 17 chansons belges contemporaines - cahier pédagogique + cédérom), Bruxelles, Communauté française de Belgique, 2003, 56 p.


Des études historiques

BRUNSCHWIG, Ch., CALVET, L.-J., KLEIN, J.-Cl., Cent ans de chanson française, Paris, Le Seuil, 1972 (1re éd.), 1981 (2e éd.) (Points Actuels, 45).
REY, A., « Chanson en français et littérature », in de BEAUMARCHAIS, J.-P., COUTY, D. et REY, A., Dictionnaire des littératures de langue française, t. 1, Paris, Bordas, 1984, pp. 408-413.
ROBINE, M., Anthologie de la chanson française. Des trouvères aux grands auteurs du XIXe siècle, Paris, Albin Michel, 1994 (un livre de 919 p. + 14 disques compacts).


Des études synchroniques

AMONT, M., Une chanson, qu’y a-t-il à l’intérieur d’une chanson ?, Paris, Seuil, 1994.
AUTHELAIN, G., La chanson dans tous ses états, Fondettes, Van De Velde, 1987.
CALVET, L.-J., Chanson et société, Paris, Payot, 1981.
Chanter en français, Les amis de Sèvres, n°3, septembre 1980.
HERMELIN, Chr., Ces chanteurs qu'on dit poètes, Paris, L'École, 1970.
HENNION, A., Les professionnels du disque. Une sociologie des variétés, Paris, Métaillé, 1981.
MARICOURT, Th., La parole en chantant. Show-business et idéologie, Bruxelles, EPO, 1996.


Des mémoires UCL proposant des parcours sur la chanson dans son ensemble ou sur un chanteur

COYETTE, O., La poésie de Léo Ferré en classe de français, 1998.
FOULON, I., Brel, le poète : pour un parcours en classe de français, 1989.
GRÉGOIRE, Fr., Entendre la chanson. Propositions pour la classe de français, 1989.
LEFEBVRE, G., Les chansons de Claude Nougaro en classe de français, 1999.
MARCHAL, Y., Poésie et chanson. Méthodologie d'une rencontre, 1976.
THONET, V., La mauvaise réputation. Pour une reconnaissance de Georges Brassens en classe de français, 1986.
MERTENS, N., Les stéréotypes dans les chansons de Jacques Brel. Un parcours en classe de français, 1997.




CINÉMA

SELECTION BIBLIOGRAPHIQUE

Des numéros spéciaux de revues didactiques

Le français aujourd’hui, n°91, septembre 1990, Ciné-TV.
Français 2000, n°112, Littérature et cinéma, et n°116-117, décembre 1989, L’Œuvre au noir : du roman au film.
Québec français, n°82, été 1991, L’image.
CinémAction,n°45 : L’enseignement du cinéma et de l’audiovisuel.
Approche du récit cinématographique, N.R.P., n°8, avril 1990, pp. 9 sq.
Le récit filmique : un enjeu pédagogique, N.R.P., n°7, mars 1992, pp. 7-30.


Un article à orientation pédagogique

MICHARD, L., « Littérature et cinéma », in L’information littéraire, 1983, n°1, p. 37.


Une monographie de qualité

GARDIES, A., Le récit filmique, Paris, Hachette Supérieur, 1992.


« Du texte au film, du film au texte » : un parcours didactique riche et documenté

LE LOCH, R., Une partie de campagne (De Maupassant à Jean Renoir), Paris, Bertrand-Lacoste, 1995 (Parcours de lecture), 128 p.


Deux articles « filmographiques » rassemblant matériaux et éléments de recherche

AZIZA, Cl., « Littérature et cinéma », in N.R.P., n°4, déc. 1991, p. 5
AZIZA, Cl., « Territoires de l’imaginaire », in La Revue des livres pour enfants, n°140, été 1991, pp. 70-74.


Des exemples didactiques de comparaison littérature-cinéma et d’analyse de l’image

DUFAYS, J.-L., GEMENNE, L., LEDUR, D., « Aborder le texte via l’image », in Pour une lecture littéraire 1, Bruxelles, De Boeck, 19996, pp. 267-272.
ROLLAND, M., « Du roman au film : Le grand sommeil (Raymond Chandler/ Howard Hawks) » ; « Du film au roman : Maigret voit rouge (Gilles Grangier/ Georges Simenon) », in N.R.P., n°8, avril 1990, pp. 17-24.
« Scarface, étude critique », in N.R.P., n°2, oct. 1991.
« Les fourberies de Scapin de Coggio », in N.R.P., n°2, oct. 1993.
« Le film historique », in N.R.P., n°5, janv. 1995, p. 29.
« Le Colonel Chabert », in N.R.P., n°7, mars 1995, p. 33.

N.B. : Michel ROLLAND consacre au cinéma une chronique permanente dans la Nouvelle revue pédagogique : les articles ci-dessus sont cités à titre d’exemple.




COMIQUE

SELECTION BIBLIOGRAPHIQUE

Un double ouvrage (anthologie + vadémécum didactique) qui propose un parcours de lecture-écriture diversifié et progressif au sein de la littérature comique

DEFAYS, J.-M., et DUFAYS, J.-L., Le comique. Textes pour la classe et Vadémécum du professeur de français, Bruxelles, Didier Hatier Hachette, 1999 (Séquences).


Un opuscule qui, en 96 pages, fait un tour complet de la question théorique du comique

DEFAYS, J.-M., Le comique, Paris, Seuil, 1996 (Mémo, n°24).


Une précieuse petite monographie, qui introduit à la problématique générale du comique et propose le commentaire approfondi de textes de Rabelais, de Baudelaire et de Gautier

VAILLANT, A., Le rire, Paris, Éd. Quintette, 1991.


Un ouvrage qui synthétise les grandes théories linguistiques, philosophiques, psychanalytiques, rhétoriques et sociologiques sur le rire et présente les différentes formes littéraires du comique pour déboucher sur une grille d’analyse, appliquée à des textes d’illustration et à des exercices

JARDON, D., Du comique dans le texte littéraire, Bruxelles, De Boeck, 1988.


Une somme mettant en évidence, sur un plan aussi bien théorique qu’expérientiel, l’apport roboratif de l’humour et du rire dans toute émergence du savoir, et en particulier à l’école

LETHIERRY, H. (éd.), Savoir(s) en rire. 1. Un gai savoir (vérité et sévérité) ; 2. L’humour maitre (Didactique et zygomatique) ; 3. Rire à l’école ? (Expériences tout terrain), 3 vol., Bruxelles, De Boeck Université, 1997.


Du même auteur, une invitation stimulante à concevoir autrement la formation et la pédagogie

LETHIERRY, H., (Se) former dans l’humour. Mûrir de rire, Lyon, Chronique sociale, 1998.

Une suite d’articles présentant une théorisation et des illustrations très accessibles pour la classe

ALVAREZ, G., « Les mécanismes linguistiques de l’humour », in Québec français, mai 1982, pp. 24-27 et nos suivants.


Trois numéro spéciaux de revues didactiques

Québec français, L’humour, n°57, mars 1985.
Les cahiers du CRESLEF, Parlons d’humour : approches linguistique, psychologique et didactique, n° 33, 2e sem. 1992.
Le français dans le monde, L’humour en classe de langue, juillet 2002.


Un article de synthèse qui rendra des services si l’on n’a pas le temps de relire Bergson et Freud

« L’essence du comique dans Le rire de Bergson et Le mot d’esprit... de Freud », in L’École des lettres, II, n°2, 1982-83.


Une remarquable mise au point didactique relative à la compréhension de l’ironie

ROUXEL, A. , « Lire l’ironie », in Enseigner la lecture littéraire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1996 (Didact français), pp. 131-181.
Voir aussi MOUGENOT, M., Lire l’ironie, in Le français aujourd’hui, n°98, juin 1992, pp.81-86.

Une cassette accompagnée d’un livret didactique et d’un recueil de textes

À l’écoute du français parlé, L’humour, Paris, Nathan/INA.


P.S. : Ne pas oublier aussi les cassettes sonores de la Médiathèque de la Bibliothèque FLTR/UCL (Bedos, Coluche, Desproges, Devos, Favreau, Joly, Leeb, etc.).




CONTE

Du conte à structure et à symbolique manifestement « archaïques » (contes des origines, contes de fées, légendes locales ou régionales) aux contes modernes transposant, aménageant, « réinventant » l'archétype ou le mythe, en passant par toutes le modalités du merveilleux et du fantastique, le domaine qu'évoque cette rubrique est extrêmement vaste. Ceci est d'autant plus vrai qu'il jouxte, jusqu'à la confusion parfois, le domaine de la nouvelle (que différencient du conte, pourtant, son cachet de vraisemblance et son souci de neutralité morale) ou celui du court récit de science-fiction, cet avatar du conte merveilleux.

Bien perçu dans la spécificité que lui confèrent, entre autres, son poids d'instructions cachées (Perrault), son « épaisseur glauque » (Tournier), le conte apparait à coup sûr comme un territoire textuel qui mérite toute l'attention de l'enseignant de français, de la maternelle à l'université. Il touche à l'imaginaire le plus vital, ressortit désormais à des règles et potentialités de l'écrit comme des grandes dynamiques de l'oral, s'inscrit à l'origine de toutes les compétences et rhétoriques du récit, illustre la richesse et la diversité des cultures dans le temps et dans l'espace comme la permanence de l'intertextualité, questionne la propriété comme l'institution littéraire (l'auteur : quel auteur ? le texte : quel texte ?), invite à des plaisirs (d'écouter, de lire, de raconter, d'élucider, de démonter) et à des pouvoirs (id.) accessibles à tous.

Aussi bien ne peut-on que se réjouir de la « revalorisation » du domaine depuis quelque trois décennies, dont les manifestations les plus évidentes sont sans doute la découverte de Propp et de sa Morphologie du conte par le public francophone en 1970, la trouée de Bettelheim et de sa Psychanalyse des contes de fées, en 1976, le réinvestissement opéré conjointement par le grand public — dont témoignent aussi bien l'édition que les mass-médias — le public plus restreint des chercheurs et celui, plus important, de l'école — cf. à ce sujet la bibliographie de cette rubrique.

De nombreuses possibilités d'utilisations des contes s'offrent à l'enseignant, et c'est bien entendu selon ses objectifs et selon les publics auxquels il s'adressera qu'il choisira d'adopter, telle(s) ou telle(s) pratique(s). Il pourra, entre autres :
- (faire) raconter et écouter des contes ;
- faire enquêter et recueillir des contes anciens ou plus récents, « indigènes » ou étrangers, pour enfants ou adultes, etc. ;
- faire reconstituer, par groupes, des contes de la première enfance ;
- faire produire « un » texte de conte, au départ de ses multiples versions. Faire l'analyse comparative de ces versions diverses d'un même conte type, ou thème ou mythe ;
- faire lire et analyser des contes selon des grilles ou grâce à des outils apportés par l'analyse psychanalytique, mythologique ou symbolique (cf. à ce sujet le très utile Dictionnaire des symboles et des thèmes littéraires, Nathan), l'analyse idéologique, l'analyse textuelle narrative (dont on usera avec modération : cf. remarque 2 ci-après) ;
- faire écrire, inventer contes ou parties de contes (cf. la Grammaire de l'imagination, de Gianni Rodari, le Tarot des mille et un contes, de Francis Debyser, etc.) ;
- faire créer des variations structurales du récit (incidents, personnages, lieux, etc.), de langage (niveaux de langue, « style », etc.), de symboles ou de mythes (illustrer des mythes anciens par des matériaux modernes, illustrer des mythes modernes par des matériaux anciens, subvertir les codes symboliques, etc) ;
- faire illustrer des contes ; faire adapter des contes pur la BD, pour la radio, la TV, le théâtre, etc.

Mais indépendamment de la multiplicité de pratiques possibles ci-dessus évoquées, nous voudrions attirer l’attention sur certaines options fondamentales que nous préconisons, et les situer dans le contexte de la revalorisation récente du conte dans l’enseignement :

1° Si le conte, à différents niveaux de l’enseignement secondaire, peut vraiment faire « vibrer » et intéresser les adolescents, c’est à condition de lui laisser ses pouvoirs de provocation, de fascination, d’envoutement et de plaisir. Cela ne peut se faire que si on le dépouille, dans la représentation qu’en ont nos élèves, de ses connotations enfantines, moralisantes ou — paradoxe— négativement scolaires... On choisira donc des corpus (de contes populaires, de reprises « littéraires », de contes d’ailleurs...) dans leurs versions « fortes », non expurgées, « intégrales », des procédures (d’écoute, de regroupement, de comparaison, de contage...) qui surprennent et qui laissent la place à la magie de l’appropriation ou au bonheur de l’exploration intellectuelle.

2° À cet égard, on sera attentif aux limites, en classe, et aux effets pervers des pratiques des analyses structurales ou psychanalytiques « lourdes » (diffusion stéréotypée et emploi « techniciste » de celles-ci ont parfois desservi le conte à l’école — on pense ici à l’ usage abusif des fonctions de Propp ou des explications de Bettelheim) : sans exclure d’y recourir à bon escient, on préfèrera, en matière d’analyse, le recours à des procédures plus légères, à des schémas simples (cf. e. a. Denise Paulme, La mère dévorante), à des comparaisons de textes.

3° Mais surtout, on donnera toujours la priorité à des écoutes « paresseuses et jouisseuses » (directement ou en recourant aux médias sonores : cf. les nombreuses et remarquables réalisations radiophoniques ou autres, reprises sur cassettes sonores1 ), à des appropriations par le contage, la manipulation, la collecte, l’adaptation... On s’efforcera d’enrichir la mémoire des élèves d’un « réseau » dense et diversifié de ces « histoires mémorables ». On les fera accéder à la « performance » du contage, à la perception active des plaisirs, codes et exigences de l’oralité, comme de ceux de médias métissés (texte et illustrations, adaptations télévisuelles ou cinématographiques etc.).

4° La diversité et la variété culturelles du corpus mondial des contes sera l’occasion d’un superbe travail d’interculturalité et d’éducation aux différences. Pour que ce dernier soit « correct » et efficace, on sera attentif à éviter les pièges conjoints d’un universalisme réducteur (comme s’il y avait partout les mêmes conceptions de la famille, de la femme, de la cité, de la vérité...) et d’un exotisme de de pacotille. C’est une question de « tact » et de sensibilté. Mais ce n’est pas un des moindres intérêts du domaine que de permettre, dans certaines classes à forte proportion de jeunes immigrés ou d’origine étrangère, comme dans toute classe comportant un ou des élèves « étrangers », un échange culturel plus équilibré et mieux informé, entre adolescents belges et adolescents dont la culture d’origine peut ainsi être valorisée. (Outre les recueils ou collections qui affichent manifestement un projet interculturel — cf. Le conte, Didier Hatier, « Séquences », Les contes, Nathan, « Récits du monde », la collection « L’arbre aux accents », chez Syros Alternative etc. —, seront utilisées à cette fin les collections bilingues comme, chez CILF-Edicef, la collection « Fleuve et flamme »).

5° S’il y a nécessité et justification évidentes à exploiter le domaine du conte comme domaine en soi, cela n’exclut pas que l’on puisse trouver opportunité ou intérêt à l’aborder aussi ou à y revenir comme « préliminaire » à d’autres études ou parcours, comme, par exemple, l’initiation au récit, l’approche des formes brèves, le travail sur le « surnaturel » en littérature, sur le mythe, la prise en compte de l’oralité, etc.

6° Comme à l’ordinaire, nous ne signalons, dans ce vadémécum, que les publications d’orientation didactique. Pour en savoir plus, on consultera entre autres les revues spécialisées, comme Dire, Cahiers de littérature orale, Merveilles et contes, ou les remarquables recueils d’études publiés par le CNRS : Frontières du conte, D’un conte à l’autre. La variabilité dans la littérature orale et Le renouveau du conte, Paris, Éd. du CNRS, 1982, 1990, 1991, 182 p., 602 p. et 450 p.


1. On pense ici à ces «voix» de conteurs ou conteuses professionnel(le)s comme Gougaud, Khémir, Zarcate, Hamadi, Boubeker, Gripari, Barthélémy, etc., désormais accessibles grâce à de précieux enregistrements (cf. la médiathèque du Département pédagogique FLTR, Collège Erasme, 2e étage : cassettes disponibles en prêt, pour étudiants et enseignants).



SÉLECTION BIBLIOGRAPHIQUE

Une micro-anthologie pour la classe et un vadémécum didactique pour l’enseignant (textes, perspectives théoriques, exercices, analyses), dans l’esprit de l’interculturalité


DECRUYENAERE, J.-P., et DEZUTTER, O., Le conte, Didier-Hatier, 1990 (Séquences).
Cf. aussi Le conte, cassette-vidéo RTBF, disponible en prêt à la médiathèque FLTR - UCL.


Deux ouvrages de qualité rédigés par un universitaire qui a eu une action déterminante dans le renouveau de l’enseignement de la poésie et du conte

JEAN, G., Le pouvoir des contes, Tournai, Casterman, 1981.
JEAN, G., Pour une pédagogie de l’imaginaire, Tournai, Casterman, 1976.


Un ouvrage didactique en tout point remarquable, destiné aux enseignants du primaire

MARTIN, S., Les contes à l’école. Le(s) petit(s) chaperon(s) rouge(s), Paris, Bertand-Lacoste, 1997
(Parcours didactiques à l’école).


Trois numéros spéciaux de revue, comportant réflexions, analyses, témoignages et relations méthodologiques, bibliographies, listes de textes et collections

Le Français aujourd’hui, n°43, sept. 1978.
Le Français aujourd’hui, n°68, sept. 1984.
Pratiques corporelles (Éducation-Thérapie-Formation), n°95, juin 1992.


Un ouvrage de créativité, remarquable, d’un très grand écrivain italien « pour la jeunesse », qui propose de nombreux modes de production au départ des contes

RODARI, G., Grammaire de l’imagination. Introduction à l’art d’inventer des histoires, Préface, trad. et notes de R. SALOMON, Paris, Éditeurs français réunis, 1979 (rééd. 1996).


Une anthologie en même temps qu’un essai précieux, original, parfois réducteur cependant (la « performance » et la fonction des contes africains sont plus diversifiées et nuancées que ne le laisse percevoir cette présentation « humaniste »)

CHEVRIER, J., Essai sur les contes et récits traditionnels d’Afrique noire, Paris, Hatier, 1986.


Une anthologie de contes et légendes d’Afrique centrale (Zaïre, Rwanda, Burundi)

Cellule « Fin de siècle », Dits de la nuit, Bruxelles, Labor, 1994 (Espace Nord).


Des manuels offrant une intéressante présentation du domaine, des textes, des exercices divers

Cycle supérieur : Le conte. La poésie, Paris, Nathan.
Cycle inférieur : Mots et merveilles, Paris, Magnard.
Plaisir du conte, Paris, Didier.
Les contes, 6e/5e, Paris, Nathan (Récits du monde).
Accès français 1re/2e, fascicules 4 et 9 : Des légendes à lire et à raconter, Des contes à faire et à déchiffrer, Bruxelles, De Boeck-Duculot.


On utilisera avec le plus grand profit les très nombreuses cassettes sonores de qualité (à distinguer de certains produits commerciaux, parfois médiocres, destinés au public de la première enfance) présentant, selon des modalités et des styles divers, et notamment par des conteurs professionnels, l’univers des contes. La médiathèque du Département pédagogique FLTR en propose un choix important. (Une librairie spécialisée, à Paris, Mots et merveilles, 63, Bvd St-Marcel 75013 Paris - Tél. : 47 07 25 21, Fax : 43 37 61 27.)

Cf. aussi FANTASTIQUE, NOUVELLE, ROMAN.




À LIRE EGALEMENT

BREF, n° 14, mai 1978, Dossier sur le conte populaire : GUEUNIER, N., « Conte et diversité des cultures » ; « Le conte populaire est-il conformiste ? », Paris, Larousse, 1978.
Europe (Revue littéraire mensuelle), nov.-déc. 1979, n°607-608, Le livre, L’enfant dans le monde.
GFEN, Supplément à Dialogues, n°50, Comment débloquer l’imaginaire au travers du conte et du récit.

L’École des lettres, 2d cycle, 1984-1985, nos 8, 9, 10, Écrire et lire des contes (expérience pédagogique).

Le français aujourd’hui, n° 68, déc. 1984, Contes à lire et à conter : « De l’effet Perrault à l’effet Jules Ferry, « Le conte et les apprentissages conceptuels de 3 à 7 ans ; « La formation du langage imaginaire » ; « Inductions imaginaires de la lecture » ; « Contes d’auteur et élèves dits psychotiques » ; « Le cul béni des fées » ; « À l’école du conte africain » ; « Les contes de la rue Pellefort » ; « Qui conte en France aujourd’hui » ; « Les contes bleus » ; « Le "pourra" des contes » ; « Publications récentes ».

Le français aujourd’hui, n°43, septembre 1978, Les Contes : « Le conte populaire en classe de français », « L’enfant et le conte », « Collecte de contes du limousin », « P.-J. Hélias et l’art du conte », « Lectures de Peau d’âne », « Pour et contre Bettelheim », « Les contes et les poèmes », « Les contes dans la littérature de jeunesse », « Le conte à l’école élémentaire », « Notes de lecture sur les contes ».

Pratiques corporelles, juin 1992, n° 95, Il était une fois... le conte : Éditorial, De l’origine des mythes, Rencontre avec Claude Mettra, Le sorcier aux trois ceintures, Raconter, c’est se raconter, Raconter, comment dire ?, Jouer son conte, conter son corps, Lire, imaginer, rêver, raconter, Qui a peur du grand méchant loup, Histoires de s’entendre, Groupe d’expression transculturelle.

ROLLAND, M., « La Belle et la Bête », in Nouvelle Revue Pédagogique. n°4, déc. 1993, Les œuvres littéraires adaptées à l’écran, pp. 11 et suiv., pp. 21-24.

STALLONI, Y., « Le merveilleux », in L’École des lettres, 2d cycle, 1979-1980, n°5, pp. 2-12.


Mémoires UCL en didactique du français (accessibles au Département pédagogique de la bibliothèque FLTR)

BERTE, P., Les contes de Perrault en classe de français, 1990.
BOLDO, J., De l’oral au scriptural : une exploitation possible du domaine du conte en classe de français,1978.
PASCUAL, J.-M., Tradition et expression orale : le conteur. Un parcours avec J.-P. Otte en classe de français, 1985.




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Published by Jean-Pierre Leclercq - dans MÉTHODOLOGIE ET PÉDAGOGIE
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