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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 22:51
 

Cette réflexion générale est le fruit d’une réflexion personnelle sur le théâtre, jointe aux réflexions de Guy Ramet, spécialiste en expression corporelle, qui m’a fait découvrir un monde nouveau et d’une certaine façon a contribué à modifier certains aspects de ma vie.

A) Notions générales sur le jeu théâtral

1) Un acteur de théâtre

Un acteur de théâtre évolue sur un plateau, dans un espace et un temps bien déterminés. C’est le metteur en scène qui indique à l’acteur les points d’arrêt et les déplacements à effectuer.

2) L’instrument principal de l’acteur est son corps

Le corps joue un rôle capital : il joue d’ailleurs un rôle plus fondamental que la parole. C'est le théâtre nouveau qui s’est rendu compte que le corps avait une place privilégiée (voir Antonin Artaud qui fut un des premiers théoriciens du théâtre à montrer, au début du vingtième siècle, l’importance du corps dans le travail de l’acteur). Alors que,dans le passé , on pensait que l’acteur était d’abord quelqu’un qui avait quelque chose à dire. Encore aujourd’hui une certaine conception du théâtre traditionnel souligne l’importance primordiale (c’est pourtant une erreur !) de la parole (voir le théâtre de boulevard ou la comédie traditionnelle qui sont souvent très bavards !). Le théâtre nouveau accorde de la place au corps et même au silence qui, parfois, peut jouer un rôle aussi important que la parole.

3) Le corps qui suscite la parole

En fait c’est le corps qui me pousse à dire des choses. C’est le mouvement qui peut me pousser à dire quelque chose que je n’avais peut-être pas prévu de dire au départ. En outre un simple mouvement du corps peut faire rêver le spectateur d’une manière différente (voir les bras en avant qui peuvent bloquer l’espace arrière ou les bras tendus latéralement qui font rêver le spectateur tout autour de l’acteur).

4) Le plateau en équilibre et en déséquilibre

L’acteur évolue sur un plateau. Plateau qui peut être en déséquilibre ou en équilibre. Tant que le plateau est en équilibre, rien ne se passe. Pour que quelque chose se passe, pour qu’il y ait une action qui fasse rêver le spectateur, il faut que le plateau soit en déséquilibre.
Imaginons Roméo et Juliette aux deux point extrêmes du plateau (le plateau est en équilibre et l’espace de rêve est limité entre les deux personnes). Imaginons maintenant Roméo qui fait basculer le plateau en rejoignant, à l’autre extrémité du plateau, sa Juliette qu’il n’avait plus revue depuis longtemps : le plateau est alors en déséquilibre et l’espace de rêve grandit au fur et à mesure que l’espace est inoccupé.

B) L’improvisation

1) L’improvisation, c’est la montée progressive d’une tension

L’improvisation offre un sommet et une chute. Plus le sommet sera élevé, plus la chute sera belle et plus l’improvisation sera réussie. Si le sommet arrive trop tôt, l’improvisation sera également ratée. Pour atteindre le sommet la collaboration de tous les partenaires est indispensable. De même que la chute doit être trouvée par tous les partenaires !

2) Ne pas se croire «arrivé»

Travailler, dès le départ, en étant plein de vide (en se disant que nous ne sommes pas géniaux au départ !) : l’humilité est très importante. Laisser les choses monter en soi.

3) Ne pas s’enfermer à vouloir faire ou dire des choses

Bien laisser venir les choses : une tension intérieure me poussera peut-être à faire un mouvement particulier qui me poussera à dire quelque chose de particulier. Ne jamais préparer à l’avance ce que l’on va dire ou faire. Pas de phrases inutiles (dans le but de remplir un silence !).
Exploiter la petite ruelle prise et en faire un boulevard (ne pas exploiter plusieurs pistes différentes).

4) S’appuyer sur ses partenaires

En effet si j’estime que la provocation de mon partenaire est bonne, je dois m’appuyer sur lui et accepter sa proposition. Même si cette proposition me semble difficile à réaliser. Si sa proposition me semble mauvaise, je ne dois pas l’accepter pour lui faire plaisir ou par facilité ! En outre si l’autre réagit toujours de la même manière et que cela m’énerve, je dois apporter mon énervement sur le plateau.

5) Ne pas vouloir «faire» un mouvement

Ne pas créer des mouvements artificiellement. Ne pas se déplacer d’abord par les yeux (ne pas dire : « Tiens ! Où irais-je bien ? »).
Le mouvement doit provenir d’une nécessité intérieure. De plus, c’est le mouvement (et non l’inverse qui peut susciter la parole).

6) Ne pas oublier l’espace

Il faut que les espaces soient clairs : il y a énormément de choses à faire dans son espace (si je rentre dans un autre espace, des choses énormes doivent se passer). Ne pas me déplacer dans l’espace pour le plaisir de me déplacer : ce déplacement doit provenir d’une nécessité intérieure.
Ne pas jouer dos au public.

7) Ne pas avoir peur du ridicule

Si l’on n’a pas peur du ridicule, les différents partenaires pourront plus facilement s’appuyer l’un sur l’autre et l’improvisation risque d’atteindre un sommet élevé.

8) Respect, confiance, tendresse

Respect du partenaire à travers l’improvisation (ne jamais me moquer de mon partenaire). Respect du public à l’égard des acteurs : le spectateur peut, bien entendu, rire mais il ne doit jamais se moquer de l’acteur.
Confiance des acteurs les uns envers les autres. Confiance à l’ égard de l’animateur.
Tendresse : si un partenaire semble « patauger », pourquoi ne pas lui donner un petit coup de pouce plutôt que de le laisser tomber ou de jouer « mon petit numéro » tout seul !



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Published by Jean-Pierre Leclercq - dans PARLER - ÉCOUTER
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