Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 00:11
Gustave Courbet 
Voici le deuxième article consacré au deuxième grand mouvement littéraire du dix-neuvième siècle, à savoir le réalisme. Encore une fois cet article n’offre pas une vue exhaustive sur le sujet, mais présente quelques repères permettant de mieux comprendre les idées essentielles de ce mouvement important.


1) Dans le domaine du roman

Les romanciers réalistes ( Balzac, Flaubert, Stendhal qui est à la fois romantique et réaliste, Maupassant qui a également écrit des nouvelles fantastiques...) ont pour objectif de représenter le monde d’une manière impartiale et complète (ils ont le souci de l’observation et recherchent le fait vrai). Ils aiment photographier le réel !
Chez Balzac, l’action est située dans le temps et l’espace avec précision. Les êtres sont, pour lui, influencés par leur milieu de vie et le décor de leur existence est créé à l’image de leur caractère (un bon exemple est la pension de Madame Vauquer dans Le Père Goriot : l’endroit, qui est repoussant, est à l’image de la maîtresse des lieux !).
Certains écrivains réalistes réaliseront des enquêtes afin de restituer la réalité dans toute son exactitude. Pensons notamment à la description de l’empoisonnement de l’héroïne dans Madame Bovary de Flaubert. Ce dernier refuse même de laisser transparaître ses sentiments personnels lorsqu’il décrit ses personnages.
Le réalisme poussé à l’extrême s’appellera le naturalisme que l’on trouve chez Émile Zola dont les oeuvres s’appuient sur une documentation abondante.


2) Dans le domaine de la poésie

A) Théophile Gautier (1811-1872)

Il a été l’animateur du mouvement de l’art pour l’art dont les idées essentielles sont les suivantes :

1) L’art est désintéressé (il n’a aucun but utile) : il est à lui-même sa propre fin. « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid » dira Théophile Gautier. L’art doit demeurer indépendant de la morale et de la politique. Le mouvement de l’art pour l’art refuse donc la poésie sentimentale, la poésie philosophique qui transmettrait des idées ou une morale et la poésie politique qui se soucie du progrès social.

2) L’artiste ne connaît qu’un culte : celui de la beauté (on peut donc observer un lien avec arts plastiques). L’artiste a un souci de la belle forme qui doit être impeccable.

3) Pour conquérir la beauté l’artiste ne doit rien négliger, ne rien laisser au hasard : le travail de la forme et les recherches techniques sont donc essentielles.
Le mouvement de l’art pour l’art ouvre la voie à la poésie du Parnasse (Leconte de Lisle).


B) Leconte de Lisle (1818-1894)

Il est le chef de file du groupe des poètes parnassiens (le Parnasse est une montagne grecque qui, consacrée à Apollon et aux muses, symbolisa la poésie).
Les idées essentielles des poètes parnassiens sont les suivantes :

1) Impersonnalité :

• Leconte de Lisle estime que « le thème personnel et ses variations trop répétées ont épuisé l’attention » (en cela les poètes parnassiens s’opposent au romantisme).

• Les parnassiens s’opposent aux confidences trop directes (le poète ne doit pas chercher à exprimer ses sentiments intimes).
Il faut cependant souligner que des sentiments profonds apparaissent (pensons notamment à la nostalgie du pays natal chez Leconte de Lisle qui est originaire de l’île de la Réunion, etc.). Il s’agit donc d’une impersonnalité et non d’une impassibilité.


2) Union de l’art et de la science

C’est une poésie qui revient vers le passé (les parnassiens souhaitent faire revivre le passé par la documentation (il ne s’agit donc pas de l’imagination et de la couleur locale comme chez les romantiques). Par exemple plusieurs histoires anciennes sont évoquées comme celles de la Grèce, de la Scandinavie, etc.


3) Culte de la beauté

• L’art doit réaliser la Beauté (Leconte de Lisle est, sur ce point, plus intransigeant que Gautier !). L’art est un luxe intellectuel, réservé à une élite, indépendant de la vérité, de l’utilité, de la morale, et n’ayant qu’un seul objet : le Beau. Cette mystique de la Beauté deviendra l’inspiration commune des jeunes poètes Parnassiens. C'est Leconte de Lisle, leur maître, qui leur donna des conseils sur les plans de la langue et de la prosodie pour atteindre à une « facture parfaite sans laquelle il n’y a rien ».

• Les parnassiens s’opposent à l’improvisation et défendent la valeur d’une inspiration contrôlée. Leurs vers seront remaniés jusqu’au sentiment d’une exécution parfaite.



Conclusion

En conclusion le réalisme se révolte contre le romantisme
Ce dernier courant mettait en avant le goût du rêve, du mystère et du fantastique (les écarts de l’imagination étaient fréquents chez les écrivains romantiques). Il ne faut pas oublier que le romantisme déformait parfois la vérité pour des raisons esthétiques.
Le réalisme peut être mis en relation avec le positivisme (courant philosophique du 19e siècle) qui professe le respect des faits matériels et étudie les hommes d’après leur comportement et leur milieu (le positivisme était opposé au rêve, à l’imagination, à la métaphysique).
Le domaine d’ élection du romantisme est le roman où l’on peut observer un grand réalisme de l’observation.
Sur le plan pictural, on peut citer Gustave Courbet qui fut un grand peintre réaliste.



Partager cet article

Published by Jean-Pierre Leclercq - dans CONCEPTS LITTÉRAIRES
commenter cet article

commentaires