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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 21:40
On connaît bien Bruno Coppens, humoriste jongleur de mots, comédien, pilier du « Jeu des Dictionnaires » en Belgique. On sait moins qu’il fut professeur de français, et qu’il n’a jamais cessé de promouvoir les activités d’écriture.
Il anime avec son compère Bernard Marlière (Conseiller pédagogique et directeur de « l’Os à Moelle », café-théâtre bruxellois) des formations ICAFOC destinées aux enseignants qui souhaitent investir dans des séquences ludiques, où l’humour, l’inspiration, la créativité et l’imagination impertinente se rendent complices du « Gai Savoir ».
Je tiens d’ailleurs à les remercier de m’avoir autorisé à reproduire quelques activités que vous aurez le plaisir de découvrir à la lecture d’articles futurs. Il est également possible de participer à ces activités qu’ils proposent, en Belgique, lors des séances de formation au comique.
Je recommande vivement leurs ouvrages dans lesquels vous découvrirez une mine d’or qui vous permettra de développer la créativité écrite ou orale :
   &nbsp- Plumes en Volées, Bernard Marlière, Erasme, 1994.
   &nbsp- L’Atelier des Mots, Bruno Coppens, Casterman, 2002.

 

    Voici un exemple d’une courte activité proposée



   &nbspRendons hommage à Alphonse Allais, l’un des plus grands humoristes français, qui a inspiré Sacha Guitry, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Pierre Dac, Raymond Devos et des Belges d’aujourd’hui comme Philippe Geluck et… Bruno Coppens.
    C’est lui qui affirmait qu’on devrait construire les villes à la campagne, parce que l’air y est plus pur ! Il est aussi l’inventeur malicieux de la « peinture monochrome ».
    Il a intitulé son tableau uniformément rouge : « Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la mer Rouge ».
   &nbspQuant à son rectangle totalement bleu, il l’a appelé : « Stupeur de jeunes recrues en apercevant pour la première fois ton azur, ô Méditerranée ».

    Nous allons imiter Alphonse Allais et, pour cela, observer comment il a composé ces deux titres :

    • Il part d’un mot d’action ou d’état: récolte, stupeur.
    • Il trouve des noms de personnages ou d’objets qui correspondent à la couleur choisie: tomates, cardinaux, jeunes recrues (des « bleus »), azur.
    • Il choisit un adjectif: apoplectiques.
    • Il indique des lieux: mer Rouge, Méditerranée (la « Grande Bleue »).


    Imaginons à présent un tableau entièrement vert. Nous allons procéder de la même manière avant de composer des titres amusants. Cherchons :
    • Des mots d’action ou d’état: effroi, rage…
    • Des personnages et des objets: Martiens (petits hommes verts), salade, épinards, académicien (l’habit vert), écologiste, argot (la langue verte), jade, diabolo-menthe…
    • Des adjectifs: apeuré (vert de peur), pas mûr, enragé (vert de rage), émeraude, …
    • Des lieux: prairies, terrains de foot, feuillage, billard, pelouse, sapin…


    Vous pouvez en trouver d’autres. En nous aidant de cette liste, nous pouvons à présent composer un titre. Un groupe d’élèves de treize ans a inventé : « Effroi de Martiens apeurés mangeant des épinards pas mûrs sur la pelouse du Heysel » et aussi « Rage d’un écologiste émeraude bégayant en argot sur un billard ». Vous pouvez facilement rédiger un troisième titre.
    Et maintenant, vous pouvez utiliser la même méthode pour intituler un tableau entièrement noir, ou jaune, ou blanc, ou gris, ou brun, ou mauve…
    Soyez original(e) et drôle. Bon amusement !


                                                                _________________



                Alphonse Allais a dit…



                                     Tout est dans tout, et inversement.

                                                                     * * * *

                                     Si la mer ne déborde pas malgré tous ces fleuves qui s’y jettent, c’est que la Providence, dans sa sagesse, y a placé aussi des éponges.

                                                                     * * * *

                                     L'homme est imparfait, mais ce n'est pas étonnant si l'on songe à l'époque où il fut créé.

                                                                     * * * *

                                     Non, la stérilité n’est pas héréditaire !

                                                                     * * * *

                                     A quoi bon prendre la vie au sérieux, puisque de toute façon nous n’en sortirons pas vivants ?

                                                                     * * * *

                                     Le café est un breuvage qui fait dormir quand on n’en prend pas.

                                                                     * * * *

                                     Je lui fermai la bouche d'un baiser derrière l'oreille.

                                                                     * * * *

                                     Il faut prendre l'argent là où il se trouve, c'est-à-dire chez les pauvres. Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres.

                                                                     * * * *

                                     La misère a cela de bon qu'elle supprime la crainte des voleurs.

                                                                     * * * *

                                     Lorsqu'on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, la fatigue sera vaincue.

                                                                     * * * *

                                     Pour qu'une histoire drôle soit bien racontée, il faut trois personnes, une qui la dit, une qui la comprend et une troisième qui ne la comprend pas, ce qui accroît le plaisir des deux autres.

                                                                     * * * *


                                    Le comble de la politesse : S'asseoir sur son derrière et lui demander pardon.

                                                                     * * * *

                                     Il ne faut jamais faire de projets, surtout en ce qui concerne l'avenir.

                                                                     * * * *

                                     L'homme est imparfait, mais ce n'est pas étonnant si l'on songe à l'époque où il fut créé.




                                     Auteurs : Bernard Marlière, Bruno Coppens et Jean-Pierre Leclercq
                                     Illustration : Emilio Danero

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Published by frandidac - dans ÉCRIRE
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