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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 21:43



Voici un lexique littéraire de plus de 300 mots. Ce lexique, assez complet sans avoir la prétention d’être exhaustif, offre néanmoins un ensemble de mots indispensables pour aborder le texte littéraire d’une manière plus rigoureuse.
Afin de compléter les informations, je recommande l’ouvrage remarquable de Bruno Hongre paru aux Éditions Hatier : Le Dictionnaire portatif du bachelier.
Ce lexique est décomposé en deux parties.
Dans la première partie — Lexique littéraire (1) — vous découvrirez une explication des termes répertoriés de A à I. La deuxième partie — Lexique littéraire (2) — répertorie les mots de la lettre J à Z.

 

A

acception : le sens particulier d’un mot.

acronyme : sigle prononcé comme un mot ordinaire.
exemple : ovni,sida...

acrostiche : poème ou strophe où les initiales de chaque vers, lues dans le sens vertical, composent un mot (auteur du texte, dédicataire...).

action : suite des événements dans une oeuvre littéraire (ou un film).

adage : formule qui énonce une vérité générale ou une règle d’action. Elle fait souvent référence à un proverbe ancien.
exemple : «mens sana in corpore sano.»

alexandrin : vers de douze syllabes.

allégorie :figure de style qui consiste à personnifier un idée.
exemple : Cupidon (personnage qui lance des flèches) est une allégorie de l’amour.

alliance de mots : il s’agit de la figure de style nommée aussi «oxymore» qui consiste à associer deux termes de sens opposés.
exemple : «l’obscure clarté» (Corneille).

allitération : répétition de plusieurs consonnes identiques.
exemple : «Pour qui sont ces serpent qui sifflent sur vos têtes ?» (Racine)

amplification : figure de style qui consiste à faire progresser l’idée par une énumération de termes de plus en plus forts et souvent de longueur croissante.

ampoulé : fait référence à un style plein d’emphase, sans simplicité.

anacoluthe : rupture de construction syntaxique.
exemple de Baudelaire (L’Albatros) :
«Exilé sur le sol au milieu des huées
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.»

anagramme : création d’un mot en disposant différemment les lettres d’un mot initial
exemple : aimer est l’anagramme de Marie.

analogie : relation de ressemblance établie entre des réalités ou des notions qui, en tant que telles, sont de nature différente.
exemple : pour parler d’une «couleur criarde», j’ai dû créer une analogie entre une réalité visuelle et le domaine sonore en me basant sur une comparaison entre une couleur et une sonorité désagréables.

anaphore : figure de style qui consiste à commencer une série de phrases ou de vers par le même mot ou expression.
exemple : «Avec la mer... Avec le vent... Avec des cathédrales... Avec un ciel... etc.»

antihéros : personnage qui ne possède aucune des qualités attribuées généralement au héros (courage, moralité...).

antinomie : contradiction entre deux notions, idées, thèses.
exemple : Pour Sartre la liberté humaine et l’existence de Dieu sont antinomiques.

antiphrase : figure de style qui consiste à dire le contraire de ce que l’on pense. Elle est le procédé essentiel de l’ironie.
exemple : dire à un enfant qui a fait pipi au lit : « C’est du propre ! »

antithèse :
1) Figure de style qui consiste à opposer deux termes ou deux expressions dans une même phrase.
2) Point de vue opposé à une thèse précédemment exposée.

antonyme : mot de sens opposé à celui d’un autre
exemple : «richesse» et «pauvreté».

aparté : courte réplique que le personnage s’adresse à lui-même sans être entendu de ses partenaires, mais perçue par le public.

aphérèse : chute du début d’un mot.
exemples : «bus» pour «autobus», «pitaine» pour «capitaine»...

aphorisme : formule courte qui exprime une idée ou un principe moral.

apocope : suppression à la fin d’un mot d’une ou plusieurs syllabes.
exemples : «ciné» pour «cinéma», «pub» pour «publicité»...

apologie : éloge ou défense d’une personne, d’une théorie, d’une institution...

apophtegme : sentence morale (voir le mot «adage»).

apostrophe : figure de style qui consiste à s’adresser solennellement à une personne présente ou absente, ou à une réalité qu’on personnifie.
exemples :
• «Sois sage, ô ma Douleur (Baudelaire).»
• «C’est à Toi que je m’adresse, ô Dieu Tout-Puissant !»

archaïsme : figure de style qui consiste à employer dans un texte des mots vieillis ou démodés. Il est parfois choisi par un écrivain qui aime la langue du passé.
exemple : dire «partant» pour «par conséquent».

argument : désigne une preuve que l’on avance pour défendre une idée ou réfuter une théorie adverse.

assonance :
1) Répétition de la même voyelle accentuée à la fin de deux vers :
exemple : file/rime ; lobe/pomme ; nu/cru (celle-ci est aussi une rime).
2) Répétition de voyelles :
exemple : «Tout m’afflige et me nuit, et conspire à me nuire.» (Corneille)

asyndète : absence volontaire d’éléments de liaison entre des mots ou des groupes de mots (des conjonctions de coordination ou de subordination manquent). L’asyndète permet de donner plus de rapidité et d’énergie à une phrase.
exemples :
• «Les parents boivent, les enfants trinquent.» (slogan contre l’alcoolisme)
• «Coup de fil, rasoir, voiture ; je monte ; la voici dans mes bras.»

autobiographie : récit que fait une personne de sa propre vie.

axiome : idée admise par tout le monde comme une évidence.

B

ballade : au Moyen Âge, poème lyrique à forme fixe (composé de trois strophes et d’un «envoi» en conclusion) : voir les ballades de François Villon.

barbarisme : grave incorrection de langage qui consiste à déformer un mot ou à créer un mot inexistant. Ce barbarisme peut parfois provoquer une image qui ne manque pas de charme.
exemple :
• «détériorisation» pour «détérioration», «visualité».
• «Une brise délicieuse, transportatrice d’une bonne odeur de tourbe, vint rafraîchir mon front.» (Queneau)

baroque (en littérature française) : mouvement littéraire qui se développe entre 1580 et 1665. Ses thèmes de prédilection sont : l’illusion, la métamorphose, le mouvement, l’instabilité, l’apparence. Tendance qui s’opposera au Classicisme épris de raison et de mesure.

binaire (rythme) : rythme qui se compose de deux éléments.

biographie : récit de la vie d’une personne ayant existé.

boulevard (pièce de —) : pièce de théâtre d’un comique léger, populaire et traditionnel.

bovarysme : trait psychologique qui consiste, à l’instar de Madame Bovary (Flaubert), à n’être jamais satisfait de la vie quotidienne, à se bercer d’illusions et à rechercher une vie romanesque.

burlesque :
a) Historiquement le burlesque est une forme de comique parodique, bouffon, en vogue au milieu du XVII ème siècle. Il ridiculise les modèles de la littérature épique et du style précieux (cf. Le Virgile travesti ou Le Roman Comique de Scarron).

b) En général, on qualifie de burlesque toute situation dont le comique se fonde sur le ridicule, l’extravagance, la bouffonnerie (voir certaines séquences des films de Laurel et Hardy). Le mot se rapproche fortement de grotesque, loufoque, clownesque.

C

cacophonie : rencontre de sonorités semblables et déplaisantes. Elles sont parfois volontaires : celles-ci créent alors un effet humoristique.
exemple : «Il peut, mais peut peu.»

calembour : jeu de mots qui repose sur une différence de sens entre des mots dont les sonorités sont semblables ou assez proches.
exemple : «merveilleuse» et «mère veilleuse».

calligramme : poésie dont la graphie des vers forme un dessin illustrant son sujet (Les Calligrammes d’Apollinaire).

catachrèse : métaphore banalisée, entrée dans l’usage.
exemples: les ailes d’un moulin, le pied d’une montagne...

césure : dans l’alexandrin classique, la césure désigne la coupe centrale du vers. Elle sépare le vers en deux moitiés égales ou hémistiches.

champ lexical : ensemble des mots utilisés pour désigner une notion.
exemple : «pneu, carrosserie, volant, coffre... » appartiennent au champ lexical de la voiture.

champ sémantique : ensemble des sens qu’un mot prend dans un énoncé donné.
exemple : le champ sémantique du mot «aimer» recouvre l’amour entre les hommes, l’amour paternel ou maternel, l’amour conjugal...

cheville : en versification, mot ou expression qui ne sert qu’à remplir un vers, pour obtenir un compte de syllabes correct.
exemple : Les adverbes en -ment du poème de Trissotin dans Les Femmes savantes de Molière
«Votre prudence est endormie
De traiter magnifiquement
Et de loger superbement
Votre plus cruelle ennemie...»

chiasme : figure de style qui consiste à inverser l’ordre des termes qui s’opposent (on a toujours une disposition croisée).
exemple :
- «Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger» (Molière)
- «Valse mélancolique et langoureux vertige !» (Baudelaire)

chronique :
a) récit d’événements (fictifs ou historiques) qui suit l’ordre dans lequel ils se sont déroulés (Les chroniques de l’historien Jean Froissart).
b) événements d’actualité, nouvelles concernant tel ou tel milieu, ou encore rubrique journalistique qui en rend compte régulièrement (chronique sportive, gastronomique...).

chute : en littérature, effet de surprise inattendu produit par la fin d’un texte. La chute est aussi un terme de versification qui désigne le derniers vers d’un sonnet. En général elle est particulièrement soignée.

classicisme : mouvement intellectuel et artistique de la seconde moitié du 17 ème siècle, caractérisé par la recherche de l’ordre, de la clarté, de la mesure, du naturel, du vraisemblable et par la prédominance de la raison (Pascal, Racine, Corneille, Boileau...).

clausule : dernier membre particulièrement travaillé d’une strophe, d’un vers ou d’une période oratoire.

cliché : idée toute faite, conventionnelle, banale. Le cliché désigne souvent une idée tellement vue, lue ou entendue qu’elle n’est plus originale.

comédie : pièce de théâtre qui provoque le rire.

comparaison : figure de style qui consiste à établir un rapport entre un terme et un autre terme (terme comparatif, comparé et comparant obligatoires).
exemple : Paul est gai comme un pinson.

confident : dans la tragédie classique, personnage auquel le héros se confie.

connotation : sens second d’un mot.

contrepèterie : interversion des lettres ou des syllabes d’un ensemble de mots spécialement choisis, afin d’en obtenir d’autres dont l’assemblage ait également un sens, de préférence burlesque ou grivois.
exemple : «femme folle à la messe» (Rabelais) pour «femme molle à la fesse».

coq-à-l’âne : texte dans lequel on saute sans transition d’une idée à une autre idée sans rapport avec la précédente.

couleur locale : expression mise à l’honneur par les écrivains romantiques pour désigner tout ce qui, dans une oeuvre, rappelle l’époque ou le lieu où elle se déroule, ou en donner l’impression : langue, coutumes, décor, vêtements, arts («couleur» signifie ici «aspect caractéristique»). La couleur locale rend un texte plus véridique.

coup de théâtre : au théâtre, brusque revirement de situation.

coupe : dans un vers, pause après une syllabe accentuée. La principale coupe est la césure.
exemple :
«Le long /d’un clair ruisseau// buvait/ une colombe» (La Fontaine)

critique :
a) domaine de l’activité intellectuelle et artistique qui étudie les oeuvres artistiques.
b) ensemble des écrivains ou journalistes dont le métier est de faire la critique des oeuvres artistiques.

D

Dada : mouvement intellectuel et artistique qui voulut détruire les valeurs traditionnelles et les conventions esthétiques. Il précéda le Surréalisme.

décasyllabe : vers de dix syllabes.

deus ex machina (un dieu qui sort de la machine du décor) : expression latine employée au théâtre pour désigner une personne ou un événement qui intervient de façon invraisemblable, à la fin d’une pièce, pour en permettre le dénouement.

diachronie : en linguistique, ensemble des faits de langue étudiés dans leur évolution historique (par opposition à synchronie : voir ce mot).

diatribe : texte, discours ou propos violent et injurieux à l’encontre de personnes, de groupes, de comportements...
exemple : «des diatribes contre les moeurs modernes».

didascalies : ensemble des indications scéniques (généralement représentées en italique) qu’un auteur ajoute à son texte pour signifier aux interprètes le ton à prendre, le geste à faire, la place à adopter, au cours de la représentation.

dénotation : sens premier d’un mot.
exemple : la dénotation du mot «araignée» est arachnide.

dichotomie : division nette entre deux réalités qu’on sépare nettement et qu’on oppose .

didactique (ouvrage) : qui vise à instruire.

diégèse : terme de la nouvelle critique qui désigne la fiction ou l’histoire.

diérèse : en versification, la diérèse est le fait de prononcer en deux syllabes deux voyelles qui se suivent. Le but de la diérèse est de souligner un mot (procédé de mise en valeur).
exemple : Et se réfugi-ant dans l’opi-um immense (Baudelaire).

digression : développement qui s’écarte du sujet.

direct (style) : expression directe des paroles et des pensées des personnages.
exemple : Elle lui dit : «Je t’aime.»

disjonction : voir asyndète.

distanciation : La théorie de la distanciation vient de Brecht (auteur très important du théâtre nouveau en Allemagne). Brecht souhaitait que l’acteur refuse de s’identifier au personnage qu’il joue et que le spectateur ait un recul critique par rapport au personnage. La théorie de la distanciation détruit donc l’illusion du réel.

distique : strophe composée de deux vers.

dithyrambique : qui est très élogieux, d’un enthousiasme excessif (fait référence au dithyrambe qui est un poème antique très élogieux).
exemple : «Il parle de ses parents en des termes dithyrambiques.»

divertissement : terme pascalien pour désigner les activités qui nous détournent de l’essentiel.

dramaturge : auteur de pièces de théâtre.

drame : pièce de théâtre, développée à partir du 18 ème siècle, qui n’est ni une comédie ni une tragédie (le drame offre une action généralement tragique et pathétique : il comprend des éléments à la fois réalistes, familiers et parfois comiques). Voir par exemple le drame bourgeois de Diderot ou le drame romantique de Hugo ou de Musset.

E

école : au sens artistique et littéraire, rassemblement d’écrivains, d’artistes ou d’intellectuels qui partagent les mêmes préoccupations esthétiques (l’école romantique, l’école naturaliste...).

écriture : le style.

éditorial : article de fond, dans la presse, situé en général en première page, qui reflète la position prise par la rédaction sur un sujet donné. L’éditorialiste est souvent le rédacteur en chef.

élégiaque : ton plaintif et mélancolique qui est propre aux élégies poétiques, et qu’on peut retrouver ailleurs, dans la musique par exemple.

ellipse : figure de style qui consiste à omettre un ou plusieurs éléments en principe nécessaires à la compréhension du texte, pour produire un effet de raccourci. L’ellipse nous oblige toujours à rétablir mentalement ce que l’auteur passe sous silence. Des ellipses peuvent également apparaître dans des récits ou des films, dans la mesure où certains événements ne sont pas évoqués.
exemple : « Pris ou non, exécuté ou non, peu importait.» (Malraux)

emphase : exagération verbale. Un style emphatique est ampoulé, grandiloquent, pompeux.

engagement : en littérature ou dans l’art en général, attitude qui consiste à mettre son oeuvre au service d’une cause sociale ou politique. L’écrivain engagé met son oeuvre au service d’une cause qui, selon lui, doit être défendue : il combattra ainsi les injustices, toutes les formes d’oppression... La littérature engagée sera défendue essentiellement par Sartre et critiquée par le Nouveau Roman qui estime que l’art ne doit pas défendre une cause qui lui serait supérieure.

enjambement : en versification l’enjambement est un procédé qui consiste à faire «déborder» une phrase d’un vers sur le vers suivant ; la compréhension du premier vers est impossible sans la lecture de la partie de la phrase rejetée dans le second.

entrefilet : court article inséré dans un journal de manière à attirer l’attention.

énumération : procédé qui consiste à énoncer successivement les différentes partie d’un tout.

épigone : en littérature, successeur, imitateur d’un auteur ou d’une école qui précèdent. Le terme a souvent un sens péjoratif.

épigramme : poème se terminant par un trait de satire.

épigraphe : courte citation placée en tête d’un livre, d’un article ou d’un chapitre d’ouvrage. L’épigraphe donne le ton du texte ou éclaire sur son intention.

épilogue : texte qui clôt une oeuvre pour en achever l’histoire ou mettre en valeur son sens.

épique (style) :
a) qui se rapporte à l’épopée ou à des oeuvres littéraires qui offrent les caractéristiques de l’épopée (actions du héros magnifiées, noblesse des sentiments, faits exagérés...).
b) qui, en dehors des oeuvres littéraires proprement dites, présente des caractères dignes de figurer dans une épopée.
exemple : un film épique, un débat épique...

épistolaire : qui se rapporte aux lettres, à la correspondance écrite (voir, par exemple, le roman épistolaire, constitué uniquement d’une série de lettres : Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos ou Les Lettres persanes de Montesquieu).

épitaphe : inscription gravée sur une tombe.

épître :lettre en vers (voir les épîtres de Marot, Voltaire...).

équivoque : mot ou phrase pouvant avoir un double sens.

essai : ouvrage de réflexion en prose, qui propose une étude sur un sujet donné.

étymologie : étude de l’origine et de l’histoire des mots.

euphémisme : figure de style qui consiste à atténuer la réalité dont on parle, par l’emploi d’une expression indirecte qui l’adoucit (disparu pour mort, petit coin pour cabinet, maladie de longue durée pour cancer. Il atténue une réalité afin de ne pas choquer l’interlocuteur (un professeur qui écrit sur une copie médiocre : «Il y a des progrès possibles.»).

euphonie : agencement agréable de sonorités dans un mot (certains poètes y sont très attentifs).

exégèse : science qui consiste à établir, aussi scientifiquement que possible, le sens précis d’un texte (une analyse minutieuse du sens des mots est parfois réalisée). Par extension ce terme désigne l’étude très approfondie d’un texte.

exergue : ce qui présente, explique. L’expression «mettre en exergue» signifie «mettre en évidence».
exemple : «Mettre un proverbe en exergue à un texte.»

exorde : première partie d’un discours. Elle est l’introduction qui a pour but de créer un lien avec l’auditeur, de lui annoncer le sujet du discours et d’en exposer le plan.

explicite : qui est dit clairement.

exposition : début d’une oeuvre (théâtrale essentiellement) où sont exposés les éléments indispensables à la compréhension de l’intrigue ou du récit.

F


fable : court récit en vers ou en prose contenant un enseignement moral très souvent explicité (Les Fables de La Fontaine).

fabliau : petit conte en vers du Moyen Âge, au ton satirique.

fac-similé : reproduction exacte d’un document.

fantastique : désigne une littérature qui se caractérise par l’intrusion de l’insolite, de l’extraordinaire, du mystère dans le cadre de la vie réelle. L’atmosphère est souvent dominée par l’épouvante (ou l’angoisse) et l’horreur.

farce : pièce comique, au Moyen Âge, qui fut d’abord intercalée dans les représentations de mystères : elle était caractérisée par un comique bouffon, satirique (son comique, parfois grossier, était fondé sur des jeux de scène, des calembours, des quiproquos...) : La farce de Maître Pathelin au XV ème siècle, Le médecin malgré lui de Molière...

fiction : succession des événements, histoire.

figure de style : procédé d’expression particulier. Utiliser des figures de style, c’est vouloir dépasser le simple désir de transmettre une information en utilisant un langage original.

figuré (sens) : sens second de certains mots.

figure de rhétorique : figure de style et procédé qui concernent plus particulièrement l’art du discours.

filée (métaphore) : On appelle une métaphore filée une métaphore qui se développe longuement (sur une ou plusieurs phrases) en poursuivant l’analogie sur laquelle elle se fonde.
exemple :
«Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage,
Traversé ça et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage...» (Baudelaire)

focalisation : point de vue qui permet de préciser d’où et comment, dans une oeuvre littéraire, les faits, les personnages, les objets... sont perçus (le narrateur peut être extérieur au récit et en même temps analyser le caractère des personnages comme un Dieu qui voit tout et sait tout ; il peut être lui-même un personnage qui découvre petit à petit les choses ; il peut être un témoin extérieur au récit qui se contente de décrire ce qu’il voit sans rien analyser).

G


galimatias : langage ou écrit embrouillé, inintelligible.

gargantuesque : digne du héros de Rabelais, Gargantua (énorme et pittoresque).

genèse (d’une oeuvre) : ensemble des éléments qui ont contribué à produire une oeuvre, manière dont l’oeuvre s’est formée.

genre (littéraire) : catégorie d’oeuvres que l’on rassemble à partir de critères divers. Si l’on tient compte de la structure formelle de l’oeuvre, on distingue le roman (ou récit d’une manière générale), la poésie, le théâtre, l’essai, l’autobiographie.

Geste (Chanson de —) : nom donné au Moyen Âge à des épopées, en vers, qui étaient récitées avec un accompagnement musical (gesta en latin signifiait «actions»). Ces chansons racontaient les exploits de héros ou des grands faits (voir La Chanson de Roland).

gradation : succession de mots dont les significations ont une intensité croissante ou décroissante
exemple : « Je me meurs, je suis mort, je suis enterré.» (Molière)

grandiloquence : éloquence pompeuse, constituée de grands mots creux et de tournures emphatiques.

H

hagiographie : récit de la vie d’un saint.

harmonie imitative : effet de style par lequel un texte, en combinant diverses sonorités, tend à reproduire ou à suggérer le son produit par la réalité qu’il décrit.
exemple (voir, dans ces deux vers, certaines sonorités qui évoquent l’écoulement de l’eau) :
«La respiration de Booz qui dormait
Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.» (Hugo)

hémistiche : la moitié d’un vers.

hendécasyllabe : vers de onze syllabes.

heptasyllabe : vers de sept syllabes.

hermétique (style) : difficile à comprendre (on parle de l’hermétisme de certains poèmes de Mallarmé).

hexasyllabe : vers de six syllabes.

hiatus : heurt de deux voyelles dont l’une finit un mot et dont l’autre commence le mot suivant. Quelques hiatus existent à l’intérieur des mots. L’hiatus produit la plupart du temps un effet désagréable. Néanmoins certains auteurs l’utilisent dans un but expressif.
exemple : «Après bien du travail le coche arriva au haut.» (La Fontaine)

historiographe : écrivain chargé d’écrire l’histoire officielle de son temps ou de son souverain. Il présente l’histoire en flattant le pouvoir qui l’emploie (ce n’est donc pas un historien !).

homéotéleute : L’homéotéleute désigne le retour, à la finale d’un mot, d’un même son à l’intérieur de la même phrase ou du même vers.
exemple : « Que pour nous battre, et de nous battre un contre quatre...» (Edmond Rostand)

homonyme : se dit des mots qui se prononcent de la même façon mais qui ont des sens différents
exemple : «saint», «ceint», «sain».

homophone : deux mots ou groupes de mots sont homophones lorsqu’ils comportent les mêmes sons.
exemple : «Naturiste : corps sage sans corsage.» (Alain Finkielkraut)

honnête homme : expression qui désigne au XVII ème siècle, une personne cultivée, modérée, ayant le sens des convenances sociales et le goût de la vie mondaine de l’époque. Ses sentiments étaient nobles. Son honnêteté intellectuelle et morale étaient exemplaires. Ainsi, l’honnête homme était bien plus que l’homme honnête d’aujourd’hui !

hymne : poème lyrique célébrant un personnage, une idée ou une réalité morale, un grand sentiment, une patrie...

hypallage : figure de style qui consiste à attribuer à un mot d’une phrase ce qu’il conviendrait normalement d’attribuer à un autre mot de celle-ci.
exemples :
• «l’odeur neuve de ma robe» (Valéry Larbaud) : c’est, en fait, la robe qui est neuve.
• «une île paresseuse» (Baudelaire) : ce sont, en fait, les habitants de l’île qui vivent paresseusement.

hyperbole : figure de style qui consiste à exagérer l’expression de sa pensée.
exemples :
• «Peuple qui, de ton sang, écrivit la légende» (Edmond Rostand)
• «J’étais mort de peur !»

hypotypose : procédé stylistique qui comprend l’harmonie imitative (voir ce mot), mais aussi tout ce qui est mise en scène, mouvement descriptif, découpage des phases d’une action. L’objectif est que le lecteur «ait l’impression d’y être».
exemple : «...je cours à toutes jambes ; j’arrive essoufflé, tout en nage ; le coeur me bat ; je vois de loin les soldats à leur poste, j’accours, je crie d’une voix étouffée. Il était trop tard.» (Rousseau)

I

iconographie : ensemble des illustrations contenues dans un ouvrage.

impair(vers) : vers dont le nombre de syllabes est impair.

impromptu (sens littéraire) : petit poème ou petite pièce de théâtre improvisés par l’auteur.

incise : proposition insérée à l’intérieur d’un phrase et qui a pour but de rapporter les paroles ou la pensée de quelqu’un.
exemple : «Je ne veux pas, lui disait-il, que tu m’oublies.»

index : liste alphabétique, en fin d’ouvrage, des sujets traités ou des noms cités, avec les références correspondantes.

indirect (style) : procédé qui consiste à rapporter les paroles de quelqu’un sous la forme d’une proposition subordonnée.
exemple : «Elle lui dit qu’elle l’aimait.»

indirect libre (style) : procédé qui consiste à rapporter d’une manière indirecte les paroles de quelqu’un en supprimant la subordination
exemple :
«Rieux répondit qu’il n’avait pas décrit un syndrome, il avait décrit ce qu’il avait vu.» (Camus)

induction : en logique, opération de l’esprit par laquelle on énonce une idée générale à partir d’un ou plusieurs faits particuliers.

injonction : commandement, ordre. Un texte injonctif est un texte qui ordonne d’obéir ou qui pousse simplement à agir. Le mode impératif a une valeur injonctive.

intransitif : se dit d’un verbe qui n’a pas de complément d’objet direct ou indirect.
exemples : dormir, voyager...

ironie : figure de style, fondée le plus souvent sur l’antiphrase, qui consiste à exprimer le contraire de ce que l’on pense pour mieux faire comprendre qu’en réalité, on pense le contraire de ce que l’on dit.
exemple : dire à un enfant turbulent : « Quel gentil pinson !»

irréguliers (vers) : se dit des vers qui n’offrent pas le même nombre de syllabes.

isomètrique : désigne les rimes qui ont le même nombre de syllabes, des vers qui ont la même métrique accentuelle, des strophes composées de vers de même longueur (un quatrain d’alexandrins par exemple)..»


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Published by frandidac - dans VOCABULAIRE
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