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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 00:07
Emilio DaneroLa ponctuation

Vous trouverez dans cet article les règles essentielles sur le plan de la ponctuation. Il est le résultat d’une longue recherche et de mon expérience personnelle. Je remercie mon ami André Laugier, poète et illusionniste, d’avoir été l’ inspirateur de ce sujet dont on parle parfois d’une manière fort incomplète. Même si cet article n’a pas la prétention d’être exhaustif, il me semblait qu’une synthèse assez complète était indispensable afin de mieux cerner les emplois et les significations de ces signes de ponctuation qui émaillent nos textes avec plus ou moins de bonheur !

Site d’André Laugier que je vous recommande particulièrement : Échos poétiques


La ponctuation est le sel de la phrase (Cyril Bachelier).

Ponctuez, adeptes de l'écriture et défenseurs de la modulation et des cadences du langage. La ponctuation est le signe important et indispensable pour transcrire les diverses intonations ou encore pour indiquer des coordinations ou des subordinations différentes entre les propositions.

Pour commencer cette étude, il est bon, je pense, de rappeler, quelques règles essentielles de disposition concernant les « espaces » AVANT ou APRÈS les signes de ponctuation.

PAS D'ESPACE avant la virgule - ESPACE
PAS D'ESPACE avant le point - ESPACE
ESPACE* avant le point virgule - ESPACE
ESPACE* avant le point d'exclamation - ESPACE
ESPACE* avant le point d'interrogation - ESPACE
ESPACE avant les deux-points - ESPACE
PAS D'ESPACE avant le trait d'union - PAS D'ESPACE
ESPACE avant la parenthèse ouvrante - PAS D'ESPACE
PAS D'ESPACE avant la parenthèse fermante - ESPACE
ESPACE avant le crochet ouvrant - PAS D'ESPACE
PAS D'ESPACE avant le crochet fermant - ESPACE
PAS D'ESPACE avant l'apostrophe - PAS D'ESPACE
ESPACE avant le tiret - ESPACE
ESPACE avant le guillemet ouvrant - ESPACE*
ESPACE* avant le guillemet fermant - ESPACE.




Remarque :

ESPACE* équivaut à « espace fine » dans l'imprimerie traditionnelle, à « espace standard » en dactylographie et à « espace insécable » dans l'écriture numérique.
Lorsque vous travaillez dans votre traitement de texte, il vaut donc mieux utiliser l’espace insécable, devant les signes de ponctuation qui requièrent l’espace, afin d’éviter que le signe soit rejeté seul en début de ligne.

Ces considérations étant prises en compte, voici, traitées par ordre alphabétique, les différentes règles à adopter.



ASTÉRISQUE

• Ce signe est représenté par une étoile (*). Il indique généralement un renvoi au bas de page.

• Mais ce signe permet également de « masquer » un personnage. On utilise un ou trois astérisques pour remplacer le nom propre que l’on ne veut pas citer ou dont on ne veut indiquer que l’initiale.

Exemple :

J'ai aperçu, derrière un arbre de ton jardin, le vélo de Mme A ***.


• Dans certains dictionnaires, les mots, dont le h est aspiré, figurent précédés de l'astérisque.


CROCHETS

• Les crochets servent au même usage que les parenthèses, mais ils sont moins usités.

• On utilise les crochets si, à l’intérieur d’une parenthèse, on a besoin d’ouvrir une nouvelle parenthèse.

Exemple :

(Mallarmé [1842-1898] a créé une poésie parfois hermétique.)


• Les crochets encadrent aussi les éléments extérieurs à la phrase d’un auteur. Ces crochets sont donc ajoutés par un commentateur qui veut rendre le texte accessible aux lecteurs en apportant, par exemple, un complément d’information.

Exemple :

Imaginons la phrase suivante d’un critique : François-Marie Arouet était un apôtre de la tolérance.
Vous pourrez alors écrire :  Un critique a dit : « François-Marie Arouet [plus connu sous le nom de Voltaire] était un apôtre de la tolérance. » 


• On entoure de crochets les points d'omission servant à indiquer que l’on a choisi de ne pas reproduire un ou plusieurs mots d'un passage cité. Il s'agit donc d'une intervention de la part de l'éditeur du texte (une manière également de les distinguer des points de suspension) :   On peut facilement imaginer que j'avais écrit ce roman [...] pour provoquer la bourgeoisie. 

• Si, en citant un auteur, l’on désire souligner une faute d’orthographe ou de syntaxe commise par ce même auteur, on doit placer entre crochets et en italique le mot latin sic pour bien montrer au lecteur que la coquille en question est bien commise par l’auteur et non par vous-même.

Exemple :

 Notre directeur a demandé que nous allions tous « à la manifestation [de dimanche] pour défandre [sic] nos droits [...] et nos exigences pédagogiques.


DEUX-POINTS

a) Emplois des deux points

• Le deux-points a de nombreuses fonctions : il peut introduire une citation, une explication, une réflexion de l'auteur, une cause, une conséquence, etc.

Exemple pour l’explication ou la cause :

Il se retourna promptement : la lumière du soleil était trop forte.


• Il est parfois suivi de guillemets ouvrants. Dans ce cas, il marque le début d'un discours direct.

Exemple :

Il dit : « Je partirai bientôt. »


• Le deux-points peut exprimer l’idée d’une conjonction ; il remplace des formules telles que « Pour préciser, nous dirions, disons, etc. »

Exemple :

Un film : un grand film.


• On remarque que le deux-points permet parfois la formulation d’une « relation ». Dans ce cas, il sera inutile d’utiliser des liens tels que par conséquent, donc, disons, etc.


b) Deux-points et énumération

• Les deux-points peuvent aussi annoncer une énumération. Cette « énumération » peut être disposée en colonne ou en ligne.

• Lors d’une disposition en colonne, en règle générale, chaque élément de l'énumération doit être séparé par un point-virgule, le dernier se terminant par un point. À noter que, malgré les retours à la ligne, les initiales ne sont pas en majuscules.
Les énumérations de premier rang sont introduites par un tiret et se terminent par un point-virgule sauf pour la dernière qui se termine par un point.
Les énumérations de second rang sont introduites par un tiret décalé (après un nouveau deux-points) et se terminent par une virgule.

Exemple :

Avant de partir Paul prépare son matériel :
— une carte géographique ;
— un canif ;
— un dossier comprenant :
    — une carte de mutuelle,
    — un badge personnel,
    — un ticket de transport,
— une boussole ;
— des cordes.



c) Autres observations

• Des guillemets ouvrants peuvent précéder les deux-points. Ceux-ci indiquent alors le début d'un discours direct qui commence par une majuscule.

Exemples :

-
Il lui a dit : « Je t’aime ! »
- Il dit : « Nous devrions aller le chercher. »


• Un tiret, précédé des deux-points, annonce également le « style direct » (dans ce cas, la majuscule est obligatoire).

Exemple :

L'homme se mit soudainement à rire et dit :
— Croyez-vous que je ne sois venu parmi vous que pour cela ?



• Après un simple deux-points (sans autre signe) il ne faut pas de majuscule sauf si la partie après les deux-points demande elle-même la « majuscule » (nom propre, maxime, nom d'institution, etc.)

Exemples :

- Voici la devise belge : L’union fait la force.
- Ce livre est magnifique : vous devriez le lire.


• Il ne faut surtout pas placer un deux-points dans un groupe qui est introduit lui-même par un deux-points, sauf s'il s'agit d'une « citation » (guillemets) qui comprend, elle aussi, deux-points.


GUILLEMETS

a) Emplois des guillemets

• Les guillemets permettent d’insérer des paroles d’autrui (paroles en discours direct ou citation).

• On les utilise parfois pour signaler le début et la fin d’un dialogue en colonnes. À noter que cette pratique est de plus en plus abandonnée.

• Les guillemets peuvent isoler un mot ou une expression sur laquelle le scripteur veut insister pour des raisons diverses (ironie, distance critique, utilisation d’une expression personnelle, etc.).

Exemple :

Il a lu hier trois romans. Après cet « exploit exceptionnel », il a décidé de ne plus lire pendant un mois.


• On utilise les guillemets pour encadrer les titres d’une partie d’oeuvre (un poème, une nouvelle...). Il est à noter que les titres d’oeuvre entière s’écrivent en italiques (avec une majuscule au premier mot), mais à défaut d’italique on peut utiliser les guillemets français.

Exemple :

« Parfum exotique » est un poème de Baudelaire, extrait de son recueil Les fleurs du mal.


b) Autres observations

• Si le passage guillemeté, considéré isolément, demande après lui un signe de ponctuation, celui-ci se place avant les derniers guillemets.

Exemple :

Il demanda : « Que faites-vous ici ? » Je répondis : « J’attends avec impatience son départ. »


• Autrement, la ponctuation se place après les derniers guillemets.

Exemple :

Il se donna du mal pour éduquer « ses très chers enfants ».


• Il faut distinguer la ponctuation appartenant au texte général de celle qui appartient au texte placé entre guillemets :

Exemple :

Pourquoi avez-vous crié « Allons-y ! » ?


• Les guillemets s'utilisent surtout dans les citations. On ouvre les « guillemets » avant le premier mot de la citation. On les referme après le dernier mot.

• Si la citation est incluse dans une phrase, les « guillemets » interviennent sans autre ponctuation et n'encadrent que les mots cités. La ponctuation de la phrase globale conserve ses droits.

Exemple : Il passe pour un « gros fumeur », d’après ce que dit son entourage.


• Si la citation n'est pas incorporée dans la phrase, les deux-points doivent précéder les guillemets et la majuscule du premier mot ne doit pas être oubliée.

Exemple :

Son ami lui annonça : « Souviens-toi, demain je me marie. »


• Ne pas oublier que la ponctuation se place AVANT les guillemets fermants si la citation clôt la phrase.

• Si une citation doit contenir une autre citation, il est possible d'utiliser les guillemets français en même temps que les guillemets anglais.

Exemple :

« Le professeur m’a dit : “Donnez-moi votre livre !” Je le lui ai donné. »


• Il est préférable d’utiliser les guillemets français (« ») plutôt que les guillemets anglais (“ ”), sauf dans les cas où un texte est entre guillemets à l'intérieur d'une citation déjà entre guillemets (voir plus haut). N'utilisez pas les guillemets standard (" ").


PARENTHÈSES

a) Emplois des parenthèses

• Les parenthèses nous permettent d’intégrer dans un texte une explication, une réflexion, un commentaire, une analyse, une précision, une information, etc.

Exemple :

Malgré son très jeune âge, il avait dit la vérité (la vérité sort souvent de la bouche des enfants !).

• Des mots assez précis comme « bis, ter, sic, etc. » peuvent être isolés grâce aux parenthèses. Si le genre et le nombre de certains mots peuvent varier, les parenthèses permettent de le signaler : Le (ou les) professeur(s).

• Les parenthèses s’utilisent également pour les appels de note : elles encadrent, dans ce cas, des chiffres arabes.


b) Autres observations

• Si, à l’endroit où se place la parenthèse, la phrase demande un signe de ponctuation, ce signe se met après que l’on ait fermé la parenthèse.

Exemple :

Le roman nouveau compte de nombreux représentants (on remarquera néanmoins que les représentants du roman traditionnel sont bien plus nombreux).


• Un membre de phrase entre parenthèses ne doit pas être précédé de la virgule, du point-virgule ou du deux-points.

Exemple :

On n'écrira pas :

Mon neveu, (un jeune entreprenant) n’a pas hésité à lui faire la cour.

mais :

Mon neveu (un jeune entreprenant), n’a pas hésité à lui faire la cour.

• Si le texte mis entre parenthèses commence par une majuscule, la ponctuation finale de ce texte sera placée AVANT la parenthèse fermante.

Exemple (une variante possible d’un des exemples précédents) :

Le roman nouveau compte de nombreux représentants. (On remarquera néanmoins que les représentants du roman traditionnel sont bien plus nombreux.)


• Il est possible d’inclure le point d'exclamation, le point abréviatif, les points de suspension dans la parenthèse ( ceci n’exclut pas la ponctuation en dehors de la parenthèse).

Exemple :

Vous devrez certainement emporter plusieurs livres (dictionnaire, roman au choix, recueil de poèmes, etc.).


POINT

a) Point final

• Le point final, comme son nom l'indique, sert à marquer la fin d'une phrase. Il indique une pause de respiration assez longue. Je le conseille souvent à la place de la virgule (celle-ci est utilisée parfois d’une manière excessive) ! Il suffira d’ajouter un mot-lien entre les deux phrases séparées par un point afin d’assurer un rapport logique entre elles.

• Notons que certains écrivains contemporains emploient parfois le point (au lieu de la virgule) pour insister davantage sur certains groupes syntaxiques.

Exemple :

Ils quittèrent la ville. Sans désespoir. Sans espoir. Parce qu’ils n’avaient finalement pas d’autres choix.


• On achève toujours la phrase sur un point (point, point d'interrogation, d'exclamation, etc.). Une majuscule commence toujours une phrase après un point simple.

• Après le titre d'une oeuvre, le titre d'un chapitre, le nom de l'auteur, on ne met habituellement PAS de point.

• Si une date est écrite en chiffres, le point sert aussi à séparer les éléments de la date en question : (Le 25.02.2005).
Si la date est entre parenthèses ou si elle se trouve dans la continuité de la phrase, l'année ne sera pas suivie d'un point.


b) Point abréviatif

• Le point abréviatif marque la coupure d'une abréviation. Il ne s'utilise que si cette abréviation ne se termine pas sur la dernière lettre du mot.

Exemples :

C’est-à-dire = c.-à-d.
Monsieur = M.
Et cetera = etc.
Confer = cf.
Avant Jésus-Christ = av. J.-C.
Exemple = ex.


mais

Établissements = Éts
Saint = St
boulevard = bd
Monseigneur = Mgr
Confer = cfr (autre abréviation pour
confer)
manuscrits = mss


Là, il ne faut pas de point.

• Le sigle est une abréviation constituée de la première lettre de plusieurs mots. Cette lettre est normalement suivie d’un point même si, de nos jours, on a tendance à omettre les points abréviatifs.

• À la fin de la phrase, le point abréviatif doit se confondre avec le point final et les points de suspension.

Exemples :

- Il s’est rendu à la S.N.C.F.
- Il déteste la prison, la P.J...

(trois points seulement dans ce dernier exemple)


• Les autres « ponctuations » comme le point d'exclamation et les deux-points doivent accompagner le point abréviatif.

Exemples :

- Quel beau Q.G. !
- Je possède une petite maison à Paris et un appartement dans un H.L.M. : ce sont mes seuls biens.



• Après des guillemets, la ponctuation normale de la phrase doit être utilisée.

Exemple :

Il a dit que c’était « une très solide P.M.E. ».


• Les symboles scientifiques et les unités de mesure ne sont pas suivies d’un point : m pour mètre, mm pour millimètre, min pour minute, l pour litre, Cu pour cuivre...


POINTS DE SUSPENSION

• Les points de suspension marquent un arrêt de la phrase. Cet arrêt indique une interruption de la phrase qui se poursuivra ou non. Cet arrêt peut même avoir lieu au milieu d’un mot.

Exemple (pour le mot monstre) :

J’ai vraiment aperçu un mons...

• Cette interruption peut avoir de nombreuses significations, car elle peut exprimer l'hésitation, l'indécision, le souhait de respecter les convenances, le désir de discrétion (refus de donner trop d’informations autobiographiques), la réticence, un sous-entendu, une énumération inachevée, le mutisme d’un personnage dans un dialogue, etc.

Exemples :

- « Quel bande de c... ! » cria-t-il avec virulence.
- Je commençai à travailler chez X...

• Les points de suspension servent souvent à souligner, en fin de texte, un inachèvement qui sollicite l'imagination du lecteur.

Exemple :

Tu découvriras des étangs brumeux, des cieux d’enfer, des forêts obscures...


• Les points de suspension vont toujours par « trois ». Ils se confondent avec le point final, mais ils restent trois derrière un point d’exclamation ou un point d’interrogation.

• Les points de suspension peuvent accompagner la virgule.

Exemple :

Il n’entend rien..., il ne parle pas...


• Ils peuvent également se marier avec le point-virgule, le point d'exclamation ou d'interrogation.

Exemple :

Il faut espérer qu'il en tira avantage, sinon ? ...


• Les points de suspension précèdent ou non ces différents signes de ponctuation. Tout dépend du sens de la phrase.

Exemple :

Que désirez-vous ? Du pain, des friandises, du fromage... ?
On imagine dans cet exemple que la suspension doit se prolonger.


• Il ne faut jamais placer des points de suspension après : etc.

• Des points de suspension entre crochets sont placés à l’endroit où se situe la partie du texte ôté.

• Les points de suspension demandent après eux la majuscule s'ils se confondent avec une ponctuation de fin de phrase.


POINT D’EXCLAMATION

a) Emplois du point d’exclamation

• Le point d'exclamation exprime, comme chacun le sait, des sentiments tels que la joie, mais aussi la surprise, la crainte, la douleur, la colère, etc. Il a une valeur émotionnelle que ne possèdent pas les autres signes de ponctuation. Son emploi est pourtant souvent facultatif.

• Le point d’exclamation est obligatoire derrière les verbes à l’impératif, les interjections et les apostrophes.

Exemples :

- N’oublie pas de prendre ton livre !
- Paul ! Viens me voir !



• Le point d’exclamation suit obligatoirement toutes les interjections simples.

Exemples :

- Ah !
Pour marquer l’étonnement ou la satisfaction.
- Ha !
Une marque du rire.
- Oh !
Une indication de l’étonnement ou de l’indignation.
- Ho !
Pour attirer l’attention, pour appeler.
- Eh !
Pour marquer la surprise ou l’étonnement.
- He !
Pour interpeller.

• Le point d’exclamation ne sépare pas les termes des locutions interjectives.

Exemples :

- Non mais !
- Eh bien !
- Ça alors !
- Hélas oui !


• Le point d’exclamation peut suggérer le rire (il se place alors à la fin).

Exemples :

- Ha ha ha !
Éventuellement on peut écrire : Ha ! Ha ! Ha !
- Ho ho ho !
- Hi hi hi !

b) Autres observations


• Lorsqu’une interjection ou une locution interjective figure à l’intérieur d’une phrase, il est courant de la placer entre virgules même si le point d’exclamation est correct.

Exemple :

Quant à cet élève, eh bien, il n’a malheureusement pas réussi.

• Généralement, on ne met pas de « majuscule » lorsque la phrase globale n’est pas interrompue.

Exemples :

- Ah ! si vous saviez !
- Il y a assez à manger ici ! Reprenez votre pain !


• Par contre, après le mot « Ô » on ne place ni point d'exclamation ni majuscule (le point d'exclamation se place soit après le mot en « apostrophe » (« Ô femme ! sois mon inspiratrice... »), soit à la fin de la phrase : « Ô l'inconscient d'avoir pris une telle décision ! »

• Si une phrase comprend une suite d'exclamations, il est possible que l’exclamation puisse avoir la valeur d'une virgule expressive (l’exclamation est alors suivie d'une minuscule) ou d'une véritable fin de phrase (l’exclamation est alors suivie d’une majuscule).

Il suffit de comparer les deux exemples suivants pour comprendre l'idée :

- Partez ! plus vite, partez ! mais partez donc !
Là on n'emploie pas de majuscule après les points d'interrogation.

- Mon ami ! Quelle honte ! Quel déshonneur !
Vous noterez que les majuscules sont indispensables.

• Pour en terminer avec le point d'exclamation, mais il y aurait encore beaucoup à dire, il faut souligner que seuls les points de suspension peuvent suivre le point d’exclamation lorsque celui-ci achève une citation.


POINT D'INTERROGATION

a) Emplois du point d’interrogation

• Le point d'interrogation est, comme son nom le signifie, la marque d'une interrogation directe.

Exemple :

Où partez-vous ?


• Dans une interrogation indirecte on ne peut utiliser le point d’exclamation (excepté si cette interrogation indirecte fait partie d'une phrase interrogative).

Exemples :

- Il vous demande si vous nous rejoignez.
- Lui a-t-on dit que j'irai avec vous ?



• L’interrogation indirecte peut être transformée en interrogation directe par l'inversion du verbe et du sujet ou par l’utilisation de l’expression « est-ce que » (le point d'interrogation est ici indispensable).

Exemples :

- Il vous demande si vous nous rejoignez.
- Il vous demande : « Nous rejoignez-vous ? »
- Il vous demande : « Est-ce que vous nous rejoignez ?


• Chaque question qui exige une réponse doit être achevée par un point d'interrogation.

Exemple :

Es-tu certaine de vouloir m’accompagner ? Et seule ?


• Le point d'interrogation peut dépendre non pas de la forme de la phrase, mais de son sens :

Exemples :

- Vous désirez me voir ?
- Serait-il venu me voir, je l’aurais reçu avec plaisir. Néanmoins, la phrase suivante aurait été acceptable : Serait-il venu me voir ? Je l’aurais reçu avec plaisir.

• Ne pas oublier le point d’interrogation après le guillemet fermant d’une citation.

Exemple :

Te souviens-tu du proverbe qu’il a rappelé : « Qui trop embrasse mal étreint. » ? Je ne le crois pas !


b) Autres observations

• Le point d’interrogation n’est pas toujours suivi d’une majuscule, notamment lorsqu’il est placé au milieu d’une phrase.

Exemple :

« Tu souhaites me quitter ? aujourd’hui ? »

• Une majuscule doit suivre le point d’interrogation lorsque celui-ci achève une phrase. Par exemple lorsqu’une question demande une réponse particulière :

Exemple :

Quel pays veux-tu visiter ? Es-tu prêt à prendre des vêtements chauds ?


• Seuls des points de suspension peuvent suivre un point d’interrogation qui achève une citation.



POINT-VIRGULE

• Le point-virgule indique une pause de moyenne durée. Il se place surtout entre des propositions qui peuvent être associées sur le plan logique (même contexte). Il permet dans ce cas de maintenir un lien entre ces phrases :

Exemple :

Il bute et tombe ; l'animal se jette sur lui ; la corde se détend et arrête le bond du fauve.


• Le point-virgule joue également le rôle d’une virgule ou d’un point pour séparer des parties assez longues et surtout lorsqu’une de ces parties contient déjà une ou plusieurs virgules.

Exemple :

Je n’ai jamais compris pourquoi il avait refusé cette proposition pourtant si intéressante ; on lui offrait la nourriture, le logement et une voiture.


• Le point-virgule permet d’équilibrer deux phrases qui offrent un parallèle.

Exemple :

Pierre n’aimait que Mozart ; Virginie n’appréciait que Beethoven.


• Il faut reconnaître que l'emploi du point-virgule se rapproche dans de nombreux cas de celui de la virgule (La foule grouillait autour de moi ; néanmoins je souffrais de la solitude). Seuls les objectifs personnels d’un écrivain et son tempérament lui feront choisir l’un plutôt que l’autre. Certains auteurs pensent même que c'est un signe superflu. Personnellement, dans l’exemple qui précède, j’aurais opté pour le point !



TIRET

a) Emplois du tiret

• Le tiret (—) ne doit pas être confondu avec le trait d'union (-) : voir à la fin de l’article les remarques supplémentaires sur le trait d’union.

• Le tiret s’utilise dans un dialogue pour distinguer les personnages.

Exemple :

Il rejoignit sa soeur :
— À quel moment désires-tu m’accompagner ?
— Dans la soirée.
— Tu ne penses pas que nous devrions partir plus tôt ?
— Je ne le crois pas.



• Le tiret permet de séparer verticalement les parties d'une énumération.

• Les tirets sont utilisés pour encadrer une incise. Sur le plan graphique, le double tiret attire davantage l’attention que l’utilisation de deux virgules : il attire ainsi l’attention des lecteurs sur une information qui semble importante aux yeux de l’écrivain.


Exemple :

Très imbu de lui-même, il montra — bien sûr avec ostentation — la nouvelle caméra qu’il s’était achetée


b) Autres observations

• Lorsque le tiret marque le début d’une réplique d’un personnage (dialogues de théâtre…), il doit être séparé du nom du personnage ou de la didascalie par un point :

Exemple :

ANDRÉ. — Désirez-vous vraiment en parler ?
JEAN-PIERRE, pensif. — Je commence à me le demander !



• Lorsque les tirets encadrent une proposition incise, le deuxième tiret ne se répète pas à la fin de la phrase.

Exemple :

Le guide touristique recense les risques encourus par le touriste qui visite ce pays — risque de guerre civile, pollution et maladies.


• N’importe quel signe de ponctuation peut être suivi du tiret.

Exemple :

Je crains la solitude, — le manque de communication, — la maladie.


• Si, dans une phrase, une virgule est nécessaire à l’endroit où se trouve le tiret, elle doit se placer après le deuxième tiret.


Exemple :

Si tu désires lui parler une dernière fois — tel est sans doute ton souhait —, tu dois le faire maintenant.



VIRGULE

a) Emplois de la virgule

• La virgule représente une pause de faible durée à l’intérieur de la phrase. J’ajouterais qu’elle permet au lecteur de comprendre le sens de la phrase, car, dans de nombreux cas, sa présence ou son absence peut créer une certaine ambiguïté.

• On doit mettre une (ou plusieurs) virgule :

- Après l’apostrophe ou vocatif : André, lis-moi ta nouvelle poésie.
- Après l’apposition ou l’épithète détachée : Le renard, le plus rusé des animaux.
- Pour encadrer une relative explicative : L’homme, qui est venu ce matin, est retourné dans son pays natal.
- Avant certaines propositions ayant une valeur explicative : Il le fera, puisque vous lui demandez.
- Pour encadrer l’incise : Je vous félicite, lui dit-il, pour cette œuvre de haute tenue.
- Après le complément circonstanciel (placé avant la principale) : Après avoir poussé la porte, il entra.

• Si l’on opère une inversion du verbe et du sujet, les éléments placés en tête de phrase ne sont pas suivis d’une virgule surtout si ces éléments sont courts.

Exemple :

Dans la soirée arrivèrent les amis de ma fille.


• La virgule s’emploie entre des termes ou des groupes de mots qui sont coordonnés sans conjonction (mais, or, et, etc.). Ces termes ou groupes de mots doivent, bien entendu, avoir la même fonction grammaticale.

Exemples :

- On monte, on descend, on crie, on s’agite en tous sens.
- Ils courent, ils courent vite, ils courent très vite !
- Il observe les villas, les promeneurs, les arbres et les cyclistes.



• On place généralement une virgule ENTRE les éléments coordonnés par une autre conjonction que « et, ou, ni ».

Exemples :

- Je me suis arrêté de fumer, car cela coûtait à ma santé et à mon portefeuille.
- Il partira avec nous, mais il souhaite revenir une semaine plus tôt.
- Je n’ai pas vu ce film, donc je ne peux pas en parler.


• On sépare les éléments de la phrase par une virgule si les conjonctions et et ou sont répétées (excepté ni).

Exemples :

- Il était riche, et beau, et généreux.
- On pouvait apercevoir parfois une lumière, ou une ombre vague, ou une forme de montagne.
- Je ne peux ni l’approuver ni le contester.


• Une virgule doit être employée devant les conjonctions et, ou, ni quand celles-ci joignent deux propositions qui n’ont pas le même sujet.

Exemple :

Il partit à Paris, et Natacha resta à la maison.


• On place habituellement une virgule devant « etc. »

• Quand les sujets forment une énumération on peut placer une virgule APRÈS le dernier terme si ce dernier terme ne vient pas « remplacer » les autres.

COMPAREZ : Le bleu, le vert, le noir, étaient ses couleurs préférées ET Un murmure, une cri, un simple bruit lui donnait des frissons.

• On place une virgule devant le deuxième soit lorsque le premier soit précède le verbe.

Exemples :

- Soit il nous quittera, soit nous le convoquerons.
- Mon fils apprendra soit la guitare sèche soit la guitare électrique.


• On place une virgule devant sinon.

Exemple :

Je te demande de te dépêcher, sinon je partirai seul.


Observations sur l’incidente et l’incise

La virgule peut encadrer une partie de phrase que l’on pourrait supprimer sans que le sens n’en pâtisse. L’incidente, par exemple, est une proposition qui suspend une phrase pour y introduire un énoncé accessoire. Cette proposition est généralement placée entre deux virgules ou entre deux tirets. On utilise parfois incise pour désigner la phrase incidente qui sert à indiquer que l'on rapporte les propos ou la pensée de quelqu'un.

Exemple :

Demain, s'il fait beau, j'irai à la campagne.

« S'il fait beau » est l'exemple typique de l'incidente. On aurait pu écrire : « Demain, j'irai à la campagne », en occultant la notion du temps.
« S'il fait beau »
intercalé au milieu de la phrase, entre les deux virgules, introduit une relation de complémentarité qui exprime une « condition » et qui donne une « information » plus pointue.


b) Les différentes significations de la virgule

• La virgule peut signifier la conjonction et.

Exemple :

Il aime beaucoup les chats, les chiens, les oiseaux.


• Certains utilisent la virgule pour exprimer certaines relations logiques comme l’explication (elle équivaut alors aux deux points), la cause (elle remplace alors « car » ou « parce que ») ou l’opposition (elle remplace alors « mais », « en revanche », « au contraire »). Personnellement, je ne recommande pas cette utilisation, car j’estime que, dans les cas précités, l’utilisation du point ou d’une conjonction serait préférable.

Exemples :

- Il ne voulait pas s’enfuir, je l’ai chassé de force.
- Il est à l’hôpital, il a eu un accident ce matin.
- Il t’appelle, tu ne lui réponds pas.


c) Autres observations

• Une des virgules qui encadreraient un groupe de mots disparaît si ce groupe de mots est placé au début ou à la fin de la phrase :

Exemples :

- Je souhaiterais, mon fils, que tu travailles.
- Mon fils, je souhaiterais que tu travailles.
- Je souhaiterais que tu travailles, mon fils.


• Bien entendu, dans une incise, un signe de ponctuation différent peut remplacer une des deux virgules.

Exemple :

La drogue est destructrice, disait cet ancien toxicomane : elle nuit à notre vie intérieure et extérieure.


• On doit parfois placer une virgule APRÈS des guillemets encadrant une citation.

Exemple :

Elle me dit : « Je vous aimerai toujours », et partit sans se retourner.



Remarques supplémentaires sur le trait d’union

• Le but essentiel du trait d’union est de créer une unité à partir de mots qui ont parfois une nature différente.

• Ainsi, il permet de créer un nouveau nom à partir de mots de nature différente ou identique :

Exemple :

Le timbre-poste, l’après-midi, un sous-marin, un couvre-lit, un wagon-restaurant.


• Son utilisation permet de ne pas confondre les homonymes : Peut-être et peut être, après-demain et après demain.

• Il s’utilise avec certains préfixes (super, pré, non, pseudo, hyper, extra, ex, quasi, etc.).

• Le trait d’union est utilisé :
— dans des expressions comme : ci-joint, ci-gît, ci-après, ci-devant, vis-à-vis, mort-né, dernier-né, etc.
— avec certaines locutions adverbiales (si elles sont précédées de « au » ou « par ») : Au-dessus, au-dessous, au-dedans, par-devant, par-dehors.

— avec certains mots composés anglais qui sont passés dans l’usage du français : boy-scout, week-end, etc.

• Le trait d’union peut servir à former certains groupements nouveaux de mots comme : la trilogie cigarette-café-sucre, l’ axe Paris-Bruxelles...

• On le retrouve parfois lorsque l’on souhaite révéler l’étymologie d’un mot : la co-naissance.

• Un trait d’union est placé ENTRE le verbe et les pronoms postposés : dis-je, crois-tu ?

• Un trait d’union est placé avant et après un « T » analogique, celui-ci se plaçant ENTRE les traits d’union : chante-t-elle, va-t-on, ira-t-il, convainc-t-elle.

• On place un trait d’union entre les pronoms personnels compléments et l’impératif : Rends-nous-les, allez-vous-en, laisse-moi, dites-le-lui.

• Par contre, lorsque « l’impératif » est suivi d’un pronom et d’un « infinitif », on n’utilise pas le trait d’union si le pronom se rapporte à l’infinitif.

Exemple :

Viens le raconter !

• Il convient d’unir par un trait d’union :

— le pronom démonstratif suivi des adverbes « CI » et « LÀ » : Celle-là, celui-ci, ces femmes-là, cette auto-ci.

Le dernier exemple révèle qu’un nom, précédé d’un démonstratif, peut aussi précéder les mêmes adverbes (dans ce cas on emploie le trait d’union).

— Le pronom personnel et l’adjectif « MÊME » : toi-même, nous-mêmes

Mais on écrira SANS trait d’union : Ceux mêmes, ici même.

Ainsi se termine cet article qui, je l'espère, aura apporté un complément d'information à ceux dont la ponctuation pose quelques problèmes, et un rappel aux autres qui, connaissant les règles, pourront les appliquer, en certaines circonstances, de manière plus pointue, peut-être.

                                                                        Illustration : Emilio Danero
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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 21:49
Emilio DaneroLe courrier fictif

Imaginez des personnages de fiction qui se rebellent contre leur créateur pour se plaindre du statut qui leur a été octroyé ! Je vous propose un exercice de créativité très intéressant à réaliser en classe ou dans un cadre extérieur à l’univers scolaire. Il permet de développer l’imagination, l’humour et vos qualités d’écriture. Le principe de base est une lettre fictive écrite par un héros et adressé à son auteur. Cet exercice est présenté dans le cadre de journées de formation animées par Bruno Coppens et Bernard Marlière. Vous trouverez cet exercice, parmi d’autres, dans l’ouvrage de Bruno Coppens intitulé «L’atelier des mots» paru aux Éditions Casterman.


Des personnages de fiction se rebellent contre l’auteur qui les a créés ! Ces personnages ne sont pas satisfaits de leur condition et vont donc lui formuler certains reproches.
Pour réaliser l’exercice, qui permet de rentrer dans la peau de l’un de ses personnages favoris, il est préférable de partir de réalités connues des jeunes.
Le projet est d’écrire une lettre : une lettre écrite par un héros et adressée à son auteur.
Un autre jeune, jouant le rôle de l’auteur, pourra, à son tour, répondre à la lettre de son héros.
Cet exercice peut se réaliser en plusieurs étapes :

Première étape
1) Choisir un personnage (de conte de fée, de bande dessinée, de film de science-fiction, de série télévisée, de roman ...). Ce personnage peut être le héros, un personnage secondaire, le méchant de l’histoire...
2) Il est conseillé d’éviter les chanteurs, puisque l’on ne connaît pas bien leur vie.

Exemples : Obélix, Indiana Jones, Capitaine Haddock, le petit prince, Omer Simpson’s, Cendrillon...


Deuxième étape
1) Faire une description physique et psychologique (qualités et défauts) du héros.

Exemple
- pour Cendrillon : elle est soumise, belle, appliquée, triste...
- pour Omer Simpson’s : il est lâche, paresseux, distrait et passe son temps devant la télévision.

2) Citer trois ou quatre problèmes auxquels est confronté le héros.

Exemple pour Cendrillon :
- Elle a perdu sa mère
- Elle est dominée par sa belle-mère et ses demi-soeurs
- Elle n’a pas de quoi s’habiller pour aller au bal
- Elle doit respecter les termes d’un contrat
- Elle doit supporter son surnom qui est Cucendron

3) Relever les tics de langage et gestuels du héros.


Troisième étape
Imaginer ce que le héros souhaiterait modifier pour les prochaines aventures (un nain qui voudrait être grand, une héroïne très jolie qui veut être laide, un enfant qui a connu la pauveté et qui souhaite une autre vie...).

Exemple:
• Pour Obélix : il aimerait suivre un régime pour plaire à Falbala !
• Pour Omer Simpson’s : Il aimerait regarder des programmes culturels (la chaîne ARTE par exemple) et avoir des enfants plus polis !
• Pour Cendrillon :
- Elle voudrait être méchante pour se venger !
- Elle en a assez de faire tout le travail et demande une machine à laver !
- Elle aimerait que son amant soit laid !


Quatrième étape
Début de l’écriture de la lettre de réclamation : il fauda garder le langage propre du personnage choisi (garder ses mots et ses expressions les plus courants).


Exemple de lettre du Capitaine Haddock :
Monsieur Hergé,

Tonnerre de Brest ! La coupe est pleine ! J’en ai assez, saperlipopette, de prononcer des jurons à tout bout de champ. Mille milliards de mille sabords, qu’est-ce que je vous ai fait pour que vous m’écriviez des dialogues de marin d’eau douce ! Quand je vois comment les dialogues de Blake et Mortimer sont écrits, je me dis que j’aurais préféré rencontrer ce Monsieur Jacobs !

                                        CAPITAINE HADDOCK


Cinquième étape
Imaginer la forme de la lettre sur le plan visuel : le papier, la forme du papier...



Variantes de l’exercice :
1) Un héros écrit une lettre à un autre héros par solidarité !
2) Un héros écrit une carte-postale (l’image doit alors correspondre au contenu de la lettre).
3) Un héros écrit un message sur répondeur.
4) Un héros écrit une lettre à un auteur qui se trouve dans une autre classe.




Voici, pour terminer, un exemple de lettre de réclamation écrite par Bernadette Jamar et moi-même lors d’une journée de formation :


Monsieur Perrault,

        Je vous remercie de m’avoir créée « il y a bien longtemps », mais j’avoue que ma renommée commence à me peser et c’est cette lassitude qui m’amène à vous adresser cette missive.
        Tout d’abord, vous vous êtes complu à me charger de toutes les tâches ménagères pour la belle-mère et mes deux demi-sœurs. Nous sommes à présent au XXIème siècle ; ne pourriez-vous, s’il vous plaît, moderniser l’équipement de notre demeure par un équipement électroménager adéquat afin de me décharger quelque peu de ces viles besognes ? Un aspirateur, une lessiveuse et un lave-vaisselle ne me sembleraient guère superflus.
        A l’heure de la libération de la femme, je ne tiens pas davantage à demeurer la demoiselle soumise imaginée jadis : cette personne aboulique et incapable de réagir à sa condition me hérisse et je ne compte pas éternellement me soumettre au despotisme d’une marâtre ou aux caprices de deux péronnelles. Il me vient d’ailleurs des velléités de vengeance et je vous saurais gré, plutôt que de me présenter comme la plus douce et la plus magnanime, de me doter d’une once de méchanceté qui me permette d’assouvir cet appétit vindicatif et d’infliger une juste punition à celles qui me dominent depuis des siècles.
        En outre, vous m’avez rendue célèbre par un épisode qu’il serait grand temps de remanier ; j’ai nommé le bal. Pourquoi diable m’y emmener plus d’une fois si c’est pour me frustrer de la fin et ne m’accorder qu’une permission de minuit totalement surannée ? Les jeunes filles d’aujourd’hui sortent bien plus tard et, par ailleurs, ne revêtent plus d’ « habits d’or et d’argent, tout chamarrés de pierreries ». Vous me couvrez de ridicule en m’affublant de cette tenue créée de toutes pièces par une marraine aux goûts étranges venus d’ailleurs. Il me plaît d’ajouter à cette requête un détail se rapportant aux chaussures, ces fameuses pantoufles de vair. Un tel mot a prêté à toutes sortes de dérives dont la moindre n’est pas de m’avoir fait danser sur … du verre ! Quoi qu’il en soit, dans la tenue en jean dont je rêve pour sortir dans les discothèques actuelles, j’accorderais ma préférence à des chaussures bien plus modernes, lacées si possible, afin que je n’en perde pas une à la sortie.
        Le dénouement de mon histoire, objecteront certains, aurait de quoi compenser tous les désagréments précités. Mais je m’insurge contre la vision stéréotypée que vous m’infligez du bonheur. Est-il vraiment primordial que l’homme que j’aime soit beau ? Ne suis-je, moi-même, qu’une femme-objet appréciable par son seul physique ? Dois-je absolument, à l’heure de l’union libre, épouser mon prince charmant et surtout, à l’époque de la contraception, avoir beaucoup d’enfants ? Je vous prie d’excuser cette petite infidélité à votre texte original qui ne prévoyait pas cette descendance, mais on m’a tant assimilée à d’autres de vos créatures que j’ai souvent dû subir cette suite imprévue et je revendique le droit à une vie davantage en harmonie avec une liberté longtemps convoitée.
        Vous remerciant de la bienveillante attention que vous voudrez bien accorder à la présente, je vous prie d’agréer, Monsieur Perrault, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
                                        Kelly
(puisque je souhaiterais aussi un prénom moins ridicule et plus à la page)




                                     Auteurs : Bruno Coppens, Bernard Marlière et Jean-Pierre Leclercq
                                     Illustration : Emilio Danero









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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 21:41



L’adresse courriel est un exercice stimulant qui permet un certain développement de sa fantaisie personnelle à travers l’imagination et l’humour. En outre, grâce aux consignes précises et progressives de cet exercice, l’écriture pourra se libérer plus facilement. Cet exercice me fut expliqué par Bruno Coppens lui-même, humoriste belge et auteur de «L’atelier des mots» paru aux Éditions Casterman en 2002.
Le but de l’exercice est de rédiger une adresse courriel amusante ou poétique.

 

Consignes générales

1) Écrire son prénom sur une feuille.

2) Souligner le dernier son de ce prénom.
(on ne s’intéresse donc pas à la graphie du mot).

3) Trouver 5 mots qui commencent par cette sonorité. Lorsque les étudiants ont écrit ces 5 mots, leur demander de choisir celui qu’ils préfèrent en sachant qu’il s’agira de leur nouveau nom !

Exemple :
Mario a d’abord écrit 5 mots : obèse, oscar, origine, oléoduc, oppression
Mario a choisi : obèse (l’idéal est de respecter l’orthographe correcte du prénom associé au nouveau nom choisi !).

4) Trouver une profession (réelle ou imaginaire) en s’inspirant d’un de ces 5 mots (pour choisir cette profession, il convient de de jouer avec le sens du nom choisi). Il est parfois étonnant de choisir une profession ayant un rapport éloigné avec le nom : Si Alex choisit comme mot «explorateur», sa profession pourrait être «gardien de prison» !

Exemple : Mario en s’inspirant du mot «obèse» a choisi «diététicien».

5) Demander aux étudiants de trouver un pays ou une ville.

Exemple : Mario a choisi la Grèce (on entend «graisse» !).

5) Demander aux étudiants de créer leur adresse e-mail en deux étapes :

a) Mario a pour nom de famille «Bèse». Sa profession est diététicien. Il habite en Grèce
Il peut donc écrire dans un premier temps : Mario.Bèse @ diététicien. Grèce

b) Mario peut maintenant écrire son adresse e-mail le plus correctement possible.
Il écrira donc :
- mario.bese @ dieteticien.grece
ou encore
- mariobese @ dieteticien.grece


Remarques particulières

1) Voici quelques trouvailles de mes étudiants

•simontagne @ alpiniste.montblanc
•mathildemeure @ croquemort.morzine
•yvesrogne @ barman.cognac
•deniscotine @ cigarettier.lahavane
•gauthierméché @ barman.malte
•gregorydicule @ bouffon.neufchateau
•thibautiste @ moine.orval
•carlaboratoire @ docteur.institutpasteur
•valentintouin @ castrat.olympia
•nicolascenseur @ liftier.ronquiere

2) Observations faites par Bruno Coppens

• L’idée est de partir du concret pour aboutir à du concret. En effet on écrit toujours pour quelqu’un d’autre. Bien entendu cette adresse e-mail ne peut malheureusement pas être activée (impossibilité technique), mais on peut très bien imaginer ici que les étudiants utilisent cette nouvelle adresse e-mail por s’échanger un courrier dans un forum Internet par exemple !

• Afin de permettre la libération de l’écriture, il est toujours déconseillé de laisser l’étudiant devant une feuille blanche : il est donc préférable d’avoir des mots devant soi.

• Bien respecter les étapes progressives : ce respect développera un sentiment de confiance chez l’étudiant.

• Bruno Coppens estime, à juste titre, qu’un exercice de créativité peut être coté contrairement aux idées reçues de certains professeurs qui estiment que la créativité ne s’évalue pas. Pourquoi d’ailleurs la créativité ne serait-elle pas cotée ? Bien entendu l’évaluation sera différente de celle d’un autre type de travail.
D’une manière concrète, l’évaluation pourrait être faite par le professeur qui se baserait sur les aspects suivants : évaluation de l’orthographe, du respect des consignes, de la mise en forme...
L’évaluation pourrait aussi être faite par les étudiants qui s’intéresseraient, par exemple, à d’autres critères (humour...).




                                     Auteurs : Bruno Coppens, Bernard Marlière et Jean-Pierre Leclercq
                                     Illustration : Emilio Danero

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 21:40
On connaît bien Bruno Coppens, humoriste jongleur de mots, comédien, pilier du « Jeu des Dictionnaires » en Belgique. On sait moins qu’il fut professeur de français, et qu’il n’a jamais cessé de promouvoir les activités d’écriture.
Il anime avec son compère Bernard Marlière (Conseiller pédagogique et directeur de « l’Os à Moelle », café-théâtre bruxellois) des formations ICAFOC destinées aux enseignants qui souhaitent investir dans des séquences ludiques, où l’humour, l’inspiration, la créativité et l’imagination impertinente se rendent complices du « Gai Savoir ».
Je tiens d’ailleurs à les remercier de m’avoir autorisé à reproduire quelques activités que vous aurez le plaisir de découvrir à la lecture d’articles futurs. Il est également possible de participer à ces activités qu’ils proposent, en Belgique, lors des séances de formation au comique.
Je recommande vivement leurs ouvrages dans lesquels vous découvrirez une mine d’or qui vous permettra de développer la créativité écrite ou orale :
   &nbsp- Plumes en Volées, Bernard Marlière, Erasme, 1994.
   &nbsp- L’Atelier des Mots, Bruno Coppens, Casterman, 2002.

 

    Voici un exemple d’une courte activité proposée



   &nbspRendons hommage à Alphonse Allais, l’un des plus grands humoristes français, qui a inspiré Sacha Guitry, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Pierre Dac, Raymond Devos et des Belges d’aujourd’hui comme Philippe Geluck et… Bruno Coppens.
    C’est lui qui affirmait qu’on devrait construire les villes à la campagne, parce que l’air y est plus pur ! Il est aussi l’inventeur malicieux de la « peinture monochrome ».
    Il a intitulé son tableau uniformément rouge : « Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la mer Rouge ».
   &nbspQuant à son rectangle totalement bleu, il l’a appelé : « Stupeur de jeunes recrues en apercevant pour la première fois ton azur, ô Méditerranée ».

    Nous allons imiter Alphonse Allais et, pour cela, observer comment il a composé ces deux titres :

    • Il part d’un mot d’action ou d’état: récolte, stupeur.
    • Il trouve des noms de personnages ou d’objets qui correspondent à la couleur choisie: tomates, cardinaux, jeunes recrues (des « bleus »), azur.
    • Il choisit un adjectif: apoplectiques.
    • Il indique des lieux: mer Rouge, Méditerranée (la « Grande Bleue »).


    Imaginons à présent un tableau entièrement vert. Nous allons procéder de la même manière avant de composer des titres amusants. Cherchons :
    • Des mots d’action ou d’état: effroi, rage…
    • Des personnages et des objets: Martiens (petits hommes verts), salade, épinards, académicien (l’habit vert), écologiste, argot (la langue verte), jade, diabolo-menthe…
    • Des adjectifs: apeuré (vert de peur), pas mûr, enragé (vert de rage), émeraude, …
    • Des lieux: prairies, terrains de foot, feuillage, billard, pelouse, sapin…


    Vous pouvez en trouver d’autres. En nous aidant de cette liste, nous pouvons à présent composer un titre. Un groupe d’élèves de treize ans a inventé : « Effroi de Martiens apeurés mangeant des épinards pas mûrs sur la pelouse du Heysel » et aussi « Rage d’un écologiste émeraude bégayant en argot sur un billard ». Vous pouvez facilement rédiger un troisième titre.
    Et maintenant, vous pouvez utiliser la même méthode pour intituler un tableau entièrement noir, ou jaune, ou blanc, ou gris, ou brun, ou mauve…
    Soyez original(e) et drôle. Bon amusement !


                                                                _________________



                Alphonse Allais a dit…



                                     Tout est dans tout, et inversement.

                                                                     * * * *

                                     Si la mer ne déborde pas malgré tous ces fleuves qui s’y jettent, c’est que la Providence, dans sa sagesse, y a placé aussi des éponges.

                                                                     * * * *

                                     L'homme est imparfait, mais ce n'est pas étonnant si l'on songe à l'époque où il fut créé.

                                                                     * * * *

                                     Non, la stérilité n’est pas héréditaire !

                                                                     * * * *

                                     A quoi bon prendre la vie au sérieux, puisque de toute façon nous n’en sortirons pas vivants ?

                                                                     * * * *

                                     Le café est un breuvage qui fait dormir quand on n’en prend pas.

                                                                     * * * *

                                     Je lui fermai la bouche d'un baiser derrière l'oreille.

                                                                     * * * *

                                     Il faut prendre l'argent là où il se trouve, c'est-à-dire chez les pauvres. Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres.

                                                                     * * * *

                                     La misère a cela de bon qu'elle supprime la crainte des voleurs.

                                                                     * * * *

                                     Lorsqu'on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos, la fatigue sera vaincue.

                                                                     * * * *

                                     Pour qu'une histoire drôle soit bien racontée, il faut trois personnes, une qui la dit, une qui la comprend et une troisième qui ne la comprend pas, ce qui accroît le plaisir des deux autres.

                                                                     * * * *


                                    Le comble de la politesse : S'asseoir sur son derrière et lui demander pardon.

                                                                     * * * *

                                     Il ne faut jamais faire de projets, surtout en ce qui concerne l'avenir.

                                                                     * * * *

                                     L'homme est imparfait, mais ce n'est pas étonnant si l'on songe à l'époque où il fut créé.




                                     Auteurs : Bernard Marlière, Bruno Coppens et Jean-Pierre Leclercq
                                     Illustration : Emilio Danero

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 21:38
Plusieurs tests orthographiques vous sont proposés dans cet article : la plupart des dictées ont été créées personnellement. Mon collègue Frédéric Michaux a rédigé les trois derniers tests. Nous y avons injecté plusieurs règles orthographiques à partir de l’article « Erreurs les plus fréquentes ».
Vous pourrez vous exercer en classe, en famille ou avec vos amis ! Gagnera le concours « Jipi-boum » (mon expression consacrée bien connue de mes étudiants !) celui ou celle qui ne commettra aucune faute ! En octobre 2002, un étudiant (Bastien Verdoot) a obtenu la grande palme de la « Dictée Leclercq » pour un « Un homme étrange » : boutade lancée par un ancien étudiant qui faisait référence à la dictée annuelle de Bernard Pivot ! Ce record absolu a été obtenu par un de mes étudiants de cinquième (classe équivalente à la seconde en France) qui n’a commis aucune erreur ! Un autre étudiant de cinquième (Aubry Vandeuren) a gagné le concours « Jipi-boum » en mars 2005 avec le texte « La dernière cigarette ».
Je vous rassure tout de suite : ces dictées sont d’un niveau bien plus facile que celles de Bernard Pivot !
Selon la longueur de chaque test et le groupe auquel vous vous adressez, il est conseillé de partager chaque texte en deux ou trois parties.

 

1) Un homme étrange

Ce texte évoque en partie les idées remarquables du philosophe Henri Bergson à propos du comique

        Un homme, à l’air très sérieux, traversa l’assemblée. Néanmoins il semblait qu’il ne fût pas cet orateur académique qu’elle avait cru observer sur l’affiche appliquée à l’entrée du bâtiment.
        Tous les regards s’étaient braqués sur lui. Quoiqu’il parût bien réel, sa démarche tout entière et son regard quelquefois lointain faisaient songer à un être bizarre venu d’ailleurs. L’assemblée se mit soudainement à rire : elle s’était imaginé que cet homme allait faire un numéro de clown.
        Tout à coup il voulut prendre la parole et dit, à ces hommes et ces femmes, ces paroles étranges qui les calmèrent quelque peu : « Je suis venu vous parler du rire. Quel que soit votre point de vue à ce sujet, je voudrais vous transmettre les idées que j’ai lues un jour dans l’ouvrage d’un éminent philosophe.
        Le comique n’existe pas en dehors de l’homme. On ne peut rire d’un paysage. Et si l’on rit ne fût-ce que d’un animal, c’est parce que l’on aura surpris, chez lui, une attitude tout autre qui évoque celle d’un homme. Et si l’on rit d’un objet, c’est parce que celui-ci aura pris la forme que l’homme lui aura donnée. Ainsi vous remarquerez que le rire est toujours associé à l’homme quoi que vous en pensiez ! L’homme est donc un animal qui fait rire.
        J’ajouterai que le rire est lié à l’indifférence et ne s’adresse qu’à la seule intelligence. Ainsi il suffit que vous regardiez des danseurs en bouchant vos oreilles : ceux-ci vous paraîtront ridicules car vous ne tenez pas compte des sentiments liés à la musique.
        Pour terminer je vous signale que l’on n’apprécierait guère le comique si l’on se sentait isolé... ».


2) Un homme perdu

        Les livres lus la semaine passée lui étaient en quelque sorte indifférents. Ses amis s’étaient désormais imaginé que plus rien ne l’intéresserait. Il était insensible aux bibelots que lui avait offerts sa mère, aux deux mille disques qu’il avait entendus grincer sur sa platine. Tous ses proches s’étaient rendu compte, ne fût-ce qu’un instant, qu’il se faisait brûler moralement. Quoiqu’il fût encore jeune, Pierre avait plein d’ idées noires qui traversaient tout son esprit et le détruisaient. Sa fiancée, comme toute autre femme, aurait peut-être réagi différemment.
        Il décida d’annuler l’achat de sa future demeure (idée qu’il s’était forgée depuis quelque temps). Au moment où il se convainquit de quitter son appartement et la ville, il dut se contenter de quelques vêtements auxquels il tenait d’habitude beaucoup et il abandonna, entre autres, une foule d’objets divers qui s’amoncelaient depuis des années. « On n’a pas toujours le choix » se rappela-t-il précipitamment. Pierre et sa fiancée avaient toute leur vie été englués dans la richesse qui les étouffait tous deux chaque jour davantage, mais ils ne s’étaient jamais doutés de l’inutilité du luxe. Quel que soit son désir de tout quitter, Pierre n’oublierait jamais la gentillesse, l’honnêteté de ses voisins de palier et surtout leur esprit de tolérance, car ils lui avaient enseigné la censure des préjugés.
        Cette histoire, lecteur, s’était passée à Paris, une ville où tant de souffrances embrasent les coeurs , où l’on ne respire qu’ à travers le langage de l’indifférence, à travers le trafic intense des idées pleines de suffisance et de médiocrité.
        C’est dans cette ville-là que sa fiancée l’avait poussé à se libérer de tous les cauchemars qui, pesants, noircissaient la plupart de ses rêves. Depuis lors, Pierre plongea dans chacun des espoirs insoupçonnés qui lui seraient offerts. Il était d’ailleurs bien résolu à oublier son passé.
        Un jour, en se promenant par hasard dans son village natal, il rencontra sa mère, une femme distinguée entre toutes, mais avec laquelle il s’était toujours ennuyé. Pierre et sa mère s’étaient en tout temps fait du mal. Il aurait enfin souhaité lui révéler les secrets blessant son coeur. Il se demanda quelle pouvait être la réaction de sa mère. Il se sentait obligé de lui confesser sans fard ce qui le tenaillait depuis des lustres. Ce qu’il fit sans plus tarder.
        Le lendemain, le journal local apprit à tous les habitants d’un petit village qu’une femme était décédée après avoir entendu l’horrible secret de son fils : il lui avait avoué ne l’avoir jamais aimée.
        Pierre fut accusé d’homicide volontaire sur la personne de sa mère. Le verdict fut sans appel : il fut condamné et incarcéré dans l’île de la solitude... un île lointaine dont on ne revient, paraît-il, jamais plus.


3) Un inspecteur patient

        La plupart des dossiers que l’inspecteur avait lus la semaine passée ne lui permirent pas de faire incarcérer le dernier suspect. Quant aux parents de la victime, patients depuis plusieurs semaines, ils s’étaient imaginé que l’inspecteur avait soi-disant décidé de se moquer d’eux.
        Une tout autre idée traversait désormais l’esprit de l’inspecteur. Et si l’assassin avait, ne fût-ce que pour le faire lanterner, volontairement laissé quelques faux indices sur le corps de la jeune femme ? Quels que soient les mobiles du meurtre, il fallait agir vite. L’inspecteur se plongea davantage dans une profonde réflexion et distingua mentalement les différentes solutions qui s’offraient à lui.
        La situation était urgente, car tout le village souhaitait qu’il élucidât enfin l’affaire.
        Quoiqu’il fût jeune, l’inspecteur impressionnait ses collègues : ils le considéraient comme un homme auquel l’on pouvait se confier et qui était susceptible de calmer les esprits. Quelle que soit sa décision, ils étaient prêts à braver les pires dangers pour lui. Et cela quoi qu’il arrivât...
        Comme chaque matin, l’inspecteur appela les membres de son équipe. Les policiers qu’il avait envoyé chercher tardaient à arriver. Il avait aujourd’hui besoin de tous ses hommes. Ceux-ci, impressionnants dans leur costume bleu foncé, s’étaient interrogés sur le pourquoi d’une demande aussi brusque. En effet, depuis quelques mois, ils s’étaient habitués au calme relatif de leur supérieur. Mais ce matin l’atmosphère tout entière semblait tendue et alourdie par des nuages rouges courant dans le ciel d’été. L’inspecteur patienta quelque temps dans son bureau. L’arrivée des policiers était imminente. Cette attente quotidienne lui semblait quelquefois si longue qu’il en oubliait parfois la raison de leur venue.
        Il se demandait s’ils avaient pu faire abstraction de tous leurs problèmes personnels. En effet, lui et ses hommes devaient faire progresser cette nouvelle enquête à laquelle ils étaient confrontés !


4) Une femme triste

        Elle était plongée dans ses rêves. Quant au décor qui l’environnait, il lui faisait songer quelquefois à son état de désolation. La pièce sombre, dont elle avait fermé les volets, était comme un navire échoué au milieu de l’océan. Plus rien ne l’intéressait hormis cette petite horloge qu’elle avait voulu acheter avant son départ et qu’elle avait posée sur le buffet...
        Les nombreuses maisons de location qu’elle avait visitées ne suscitaient en elle aucun enthousiasme. Seul ce petit appartement au bord de la mer l’avait charmée. En s’y installant pendant sa semaine de vacances, elle espérait ainsi échapper pendant quelque temps à une envie soudaine de se voir disparaître. Quoiqu’elle fût à la fleur de l’âge, ses illusions tout entières s’étaient écroulées. Pourquoi, en effet, continuer à vivre si l’être qu’elle aimait le plus au monde avait décidé de la quitter ? Pourquoi d’ailleurs l’avait-il abandonnée ? Elle s’était souvent reposé cette question qui, à chaque fois, était restée sans réponse. Elle espérait toujours qu’il revînt sur sa décision. Le plus éprouvant était cette absence de justification. Elle aurait tellement apprécié qu’il songeât à lui parler davantage avant qu’il ne se désintéressât d’elle. Rien de pire que certains mystères déchirant vos espoirs d’une lame douloureuse. Quelles que soient les raisons du départ précipité de son fiancé, elle souhaitait qu’il l’aidât à comprendre sa décision.
        Ce jour-là, cependant, l’air de la salle de séjour était comme imprégné d’un parfum léger. Curieuse impression alors que, les jours précédents, l’atmosphère de son appartement était alourdie par l’ amertume de toute sa désillusion.
Tout à coup une odeur d’écume, mêlée à la saveur d’un été radieux, traversa les murs de sa chambre et l’invita à vivre ses rêves les plus fous. Un sursaut d’espoir fit tressaillir tout son corps et d’un geste vif elle repoussa les battants de la fenêtre. La lumière giclait au bord de ses paupières. Sa tête allait éclater d’un bonheur indicible qu’elle n’avait plus connu depuis bien longtemps.
        Des cris d’enfants lui rappelaient le bonheur qu’elle pouvait encore espérer. Le soleil ressemblait à un coquillage de lumière qui dansait sur les vagues. L’air doux qu’elle respirait était une chanson de sérénité retrouvée.
        Elle porta son regard à l’horizon. Là-bas, très loin, il lui semblait voir l’ombre triste d’un homme qui lui souriait aux anges.


5) L’orage

        Elle s’était déjà blessée à plusieurs ronces et la pluie battait ses yeux avec une force étonnante. Rien de comparable cependant avec les pluies qu’elle avait dû affronter cet hiver. Quoiqu’elle fût habillée chaudement, elle avait l’impression que l’eau traversait son corps comme un poignard de neige.
        Soudainement elle crut voir distinctement une lueur rouge. Elle souhaitait que celle-ci continuât à éclairer son chemin comme une balise lui permettant de retrouver quelque espoir. La fatigue la surprit sans qu’elle ne s’en rendît compte. Toute autre femme aurait déjà succombé aux nombreux kilomètres qu’elle avait parcourus. Quelle que fût sa détresse, elle poursuivit son chemin. L’eau atteignait parfois ses chevilles, mais rien ne l’arrêtait. Quoi qu’elle fît pour accélérer sa vitesse, elle pataugeait, à certains moments, dans des flaques de feuilles mortes qui ralentissaient sa progression. Elle avança encore quelques pas, ne fût-ce que pour se rassurer. Il ne lui restait plus beaucoup de temps pour survivre à l’oppression qui la tenaillait.
        C’est alors qu’un cri, qui semblait être celui d’un oiseau, lui fit penser à une longue plainte humaine. Elle vit tout à coup une femme, vêtue d’une robe au rouge étincelant, qui lui souriait étrangement. Une femme à la voix stridente et désespérée qui jaillissait de sa gorge comme pour la supplier de ne point l’abandonner... Les deux femmes s’étreignirent alors dans un dernier souffle d’espoir, espérant peut-être que leur rencontre allait éteindre toutes les souffrances qu’elles semblaient avoir vécues.


6) Le modérateur

        Pendant plusieurs mois de l’année il était modérateur dans un forum de discussion qu’il avait pour fonction de contrôler. Quels que soient les moments de la journée, il y rencontrait des êtres divers aux âges et aux intérêts parfois fort différents. Quoi qu’ils pussent affirmer, tous les membres lui permettaient de découvrir, à travers leurs messages, une tout autre dimension qui était susceptible de l’enrichir.
         Néanmoins il ne se doutait pas que son travail du modérateur pût parfois être si ingrat, car les difficultés étaient multiples. Il devait d’ailleurs veiller à ce que chacun respectât l’autre et à ce que les points de vue les plus divers fussent émis. Il n’était pas question qu’un membre se fît insulter ! Quoiqu’il n’eût pas envie d’exercer un rôle de tyran, il devait supprimer les messages injurieux ou grossiers que certains intervenants avaient postés et qu’il avait espéré ne jamais devoir lire. Il devait en outre susciter le dialogue en relançant perpétuellement de nouvelles discussions.
         Parfois les membres de la communauté lui posaient des questions précises ne fût-ce que sur l’utilisation du forum ou des questions liées à ses compétences personnelles. Étant donné qu’il était professeur de français, plusieurs intervenants, espérant trouver une solution à un problème en rapport avec l’utilisation de la langue française, n’hésitaient pas à le contacter. Sa présence comme animateur suscitait parfois des débats passionnants sur la nécessité de la maîtrise de la langue surtout lorsque l’on désirait créer un site. De plus il était très amusant de constater que, depuis qu’il était animateur, certains membres s’évertuaient à fournir un effort particulier pour mieux écrire ! On ne pouvait en effet que louer ces membres qui avaient bien compris qu’une communication efficace passait par le respect de l’autre à qui l’on s’adressait. Plusieurs d’entre eux s’étaient rendu compte que bien écrire était une manière de considérer l’autre qui avait le droit d’obtenir une information claire et correctement formulée.


7) L’image

        Quoi qu’il pût se passer, il voulait dorénavant que le monde des images s’écroulât autour de lui... Voilà bien une pensée étonnante pour un peintre dont la vocation première était de créer un univers de formes et de couleurs !
         Ce dégoût de l’image, quelle qu’elle soit, remontait sans doute à la petite enfance. Un jour, en effet, alors qu’il n’était âgé que de deux ans, sa famille lui avait offert des cadeaux, soi-disant originaux, dont il ne savait que faire : deux miroirs tout brisés, un appareil photographique que l’on pouvait soupçonner d’être défectueux et un chevalet de peintre tout à fait disloqué ! Comment d’ailleurs ces adultes ne s’étaient-ils pas rendu compte que les cadeaux qu’ils lui avaient offerts ne pourraient que l’irriter davantage ? Sans doute s’étaient-ils imaginé que cet enfant allait leur exprimer son contentement béat ne fût-ce que pour leur faire plaisir !
         Notre enfant grandit et bien plus tard, par esprit de révolte, sa propre conscience exigea alors qu’il entamât des études de peinture. Étant donné qu’on lui avait imposé un monde d’images, il allait créer son propre univers et ce quels que soient les obstacles qu’il pourrait rencontrer !
         Tout son entourage fut désolé que les événements futurs ne lui permissent pas de retrouver rapidement un équilibre. Ainsi ses amis regrettèrent qu’il entrât en conflit avec son professeur de peinture dont l’unique obsession était la reproduction du réel et qui n’hésitait pas à saccager, dans les musées, les tableaux qui ne l’intéressaient pas ! Il n’était donc pas étonnant que notre peintre fît des cauchemars toutes les nuits. Sans compter le fait que, tous les matins, il invectivait sa propre image dans son miroir !         Quelquefois sa seule consolation était la vision d’un film muet qu’il allait de temps à autre découvrir avec ses amis dans le cinéma de son quartier. Ce film, il l’écoutait plus qu’il ne le voyait : la musique douce du piano d’accompagnement le plongeait dans des rêves délicieux qu’il avait cru éternels.
         Il pouvait aussi rester quelque temps face à une guide excessivement bavarde qui lui montrait des oeuvres architecturales auxquelles il était indifférent !
         De même que la contemplation de son épouse, aux traits tellement charmants , lui procurait un plaisir immense, car elle lui faisait penser à l’oeuvre superbe et jamais achevée d’un grand artiste. Malheureusement il la perdit dans des circonstances dramatiques alors qu’elle s’était préparée, en attendant son retour, à regarder un film d’horreur à la télévision !
         Une raison de plus pour notre peintre de se débarrasser, entre autres, de toutes ces images envahissantes et créer sa propre oeuvre qui ne pourrait ressembler qu’à l’infini de la toile blanche...


8) Le livre ouvert

        Quoique le temps fût particulièrement maussade, elle souhaitait qu’un rayon de soleil vînt réchauffer quelque peu son visage devenu bien pâle depuis le début de sa longue maladie qui ressortait davantage à un mal-être psychologique. Atteinte de mutisme, elle n’avait pas pu rompre le silence dans lequel elle s’était murée depuis la mort de son mari.
         Aujourd’hui elle redoutait qu’elle ne pût braver son inertie. Quelle que fût son apathie, elle espérait qu’une courte promenade dans la ville lui permît de retrouver son énergie passée.
         Depuis quelques heures, elle arpentait les rues lorsqu’elle se décida à entrer dans une librairie. Son regard fut aussitôt attiré par un livre dont le titre l’interpellait au plus haut point. Le livre ouvert... curieux titre pour un livre fermé dont les pages semblaient scellées par un secret. Elle s’empara du livre, mais s’étonna de ne pas vouloir y jeter ne fût-ce qu’un seul regard. Toute autre femme se serait d’ailleurs laissée guider par son empressement à découvrir ses pages intérieures.
         Revenue à son domicile, elle s’installa confortablement dans son canapé, s’empara de ce livre qui lui semblait magique et s’y plongea. Dès la première page, elle fut surprise de constater que celle-ci était blanche. Fébrilement, elle tourna la page et découvrit que la suivante lui offrait le même vide ! Aucun mot n’y était écrit. Elle ne découvrait que le blanc laiteux d’une page vierge. Déconcertée, elle parcourut rapidement toutes les pages du livre qui ne lui offraient toujours que la pureté étonnante d’un champ d’un neige. Un livre vide, un livre libéré des mots, un livre qui s’offrait, immaculé, au regard tremblant d’une femme atterrée comme si l’on avait voulu lui jeter un mauvais sort.
         Après quelque temps, elle retrouva un calme apparent, prit son stylo et décida de remplir les pages blanches d’une parole enfin retrouvée. Parole pour un livre ouvert à ses pensées...


9) La dernière cigarette

        Tout son entourage souhaitait qu’elle élaborât des projets apaisant enfin son esprit. Elle était en effet traumatisée depuis la perte de son mari qui fut victime du tabac et semblait stagner sans plus aucun espoir pour sa vie future. On fut, par conséquent, étonné qu’à travers de telles difficultés personnelles elle souhaitât, ce soir-là, contempler pour la dernière fois la fumée de sa cigarette. Elle allait déchirer les paquets de cigarettes qu’elle avait envoyé chercher. Elle allait détruire toutes les traces de son ancien esclavage. Quelles que soient les circonstances auxquelles elle serait soumise dans les prochains mois, elle n’observerait plus les volutes âcres d’une fumée dévastatrice. Elle s’était imaginé qu’elle parviendrait d’ailleurs très rapidement à ne plus penser à cette nicotine qui taraudait son cerveau.
         Le lendemain matin, elle s’était regardée dans le miroir, avait longuement réfléchi aux conséquences de sa décision, mais, soudainement, une tout autre idée traversa son esprit. Pourquoi, se disait-elle, ne remettrait-elle pas en question la stratégie qu’elle avait élaborée la veille ? Des pensées diverses comprimant son coeur lui suggéraient encore de différer les résolutions qu’elle avait prises. Personnellement, je doutais qu’elle pût parvenir à atteindre la victoire, car, quelquefois, je me disais que sa volonté était trop faible ne fût-ce que pour arriver à réduire sa consommation.
         Sa famille tout entière avait donc ce matin-là les yeux braqués sur son visage. Des regards étonnés s’étaient croisés, car l’on ne s’attendait pas à ce qu’une légère fumée sortît de ses lèvres comme si l’ombre de la mort tentait encore de convaincre les autres de l’inutilité de se battre contre une maîtresse dont les rires sardoniques étaient susceptibles de plier la plus forte des créatures.
         Ce matin, culpabilisée, elle plongea son regard au fond de sa tasse de café et, quoi qu’il arrivât, elle souhaitait surtout que personne ne lui adressât la parole. Elle ne distinguait plus les yeux soupçonneux des personnes exigeant de la voir enfin parler. Elle s’enfonça dans un mutisme de plus en plus profond jusqu’à ce qu’elle perçût au fond d’elle-même un léger cri de souffrance lui signifiant la nécessité de rompre définitivement avec le tabac auquel elle s’était asservie durant toute sa vie. Un petit bruit surgissait désormais du fond de son corps et, progressivement, envahissait la pièce devenue soudainement lumineuse d’une grande libération intérieure.


10) Une pluie diluvienne

        Ce dimanche-là, la pluie tombait depuis quelque temps déjà quand, soudain, la Dyle sortit de son lit à Wavre.
        Appelée en renfort la veille, en raison des intempéries qu’il y avait eu chaque jour de la semaine, l’armée dut évacuer plus de deux cents personnes. Hormis le quartier de la gare, la ville brabançonne tout entière fut touchée. Ainsi, à douze heures, même le trafic autoroutier
fut interrompu.
         Peu à peu, la panique s’empara des habitants. « Quoi que je fasse, l’eau ne cesse de monter dans ma cave ! », hurla une vieille dame âgée de quatre-vingt-quatre ans. Plus loin, deux adolescents portant une petite fille (vêtue d’une robe bleu clair, d’une veste noire et de gants cerise) tentaient de la consoler. A côté d’eux, un ouvrier communal s’exclama : « Regardez tous ces gens, il faut leur venir en aide ! Les propos rassurants des ministres ne suffisent plus ! Quelles que soient les actions entreprises, elles doivent être plus efficaces ! »
        Tout à coup, une étudiante qui s’était coupé la main quelques instants auparavant, en voulant récupérer deux porte-bouteilles qui flottaient sur l’eau, fut emportée par les flots tourbillonnants. Quoique peu courageux d’habitude, le pharmacien lui lança une corde et la sauva de la noyade. Il s’éloigna en affirmant : « Quant à moi, je déménage dès que possible ! On n’a que des ennuis avec cette rivière ! »


11) Des délibérations difficiles

        Ce matin-là, comme tous les ans à pareille époque, chaque professeur avait rejoint labibliothèque pour participer aux délibérations de fin d’année. Quelquefois, il y avait de bonnes surprises, mais elles devenaient rares depuis quelque temps. Hormis deux ou trois enseignants, entre autres le professeur de gymnastique, tout le monde était prêt pour les « hostilités ».
        Malheureusement, les dossiers que le directeur avait envoyé chercher n’arrivaient pas. Quelles qu’en soient les raisons, il trouvait ça inadmissible. « Ils ne se sont tout de même pas envolés ! », hurla-t-il. Les intérimaires s’étaient imaginé que la réunion serait plus calme.
Enfin, on put commencer. Il fallait débattre des quatre-cent-quatre-vingts élèves en une seule journée. Quoique motivés, les professeurs se rendaient compte de la lourdeur de la tâche.
         Soudain, l’éducatrice intervint : « Trouvez-vous normal que, malgré les intempéries qu’il y a eu cet hiver, la petite Florence se soit dandinée en plein milieu de la cour avec cette affreuse petite jupe bleu clair ? » Le directeur la fixa de ses grands yeux marron et vociféra : « Quoi que vous disiez, cela doit avoir un rapport avec les résultats de nos élèves aux examens. Nous leur expliquerons plus tard que leurs tenues doivent être décentes. Abordons uniquement des sujets intéressant les parents. Est-ce que je vous parle des nombreux casse-noisettes que je possède ?
        L’assemblée tout entière se mit alors au travail.


12) Le tour de France

         Ce matin-là, comme tous les jours depuis quelque temps, on n’entendait parler que du Tour de France. La bourgade tout entière, hormis peut-être quelques personnes plus âgées, s’intéressait à cet événement mondial.
         Ainsi, hier, certains habitants, entre autres le boulanger, s’étaient même adressé des injures quand deux employés de la banque avaient évoqué le problème du dopage.
         Quant aux enfants, obéissant à leurs parents aux cheveux quelquefois grisonnants, ils se massaient sur le bord de la route et espéraient obtenir l’un des porte-clés que lancerait la caravane publicitaire.
         Quels que soient les sujets de discussion, chaque spectateur souhaitait intervenir. Un vieil homme, par exemple, affirma : « A cause des intempéries qu’il y a eu cette nuit, la route est dangereuse ! » Plus tard, une brave dame demanda : « A quelle équipe appartiennent les coureurs qui portent des maillots bleu foncé et des gants orange ? » A quelques mètres de là, un enfant de huit ans s’exclama : « Quoiqu’il soit mauvais grimpeur, c’est Boonen qui gagnera cette deuxième étape ! »
         Soudain, une rumeur se fit entendre. La caravane, composée de deux-cent-quatre-vingts véhicules, approchait. Des policiers rappelèrent aux enfants les consignes de sécurité, mais ceux-ci ne leur accordaient déjà plus la moindre attention.



Published by frandidac - dans ÉCRIRE
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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 21:36



        Vous trouverez dans cet article une synthèse de conseils sur les plans de l’orthographe et de l’expression écrite. Cette synthèse est rédigée à partir des erreurs les plus fréquentes observées dans les travaux de mes étudiants au début de la quatrième (en Belgique) ou de la troisième (en France).
        Vous pouvez considérer cette synthèse comme un petit vade-mecum qui pourra peut-être vous être utile lorsque vous rédigerez des travaux écrits. Cet article complète un autre article intitulé «Travaux écrits (conseils)»

 

• Accorder correctement les participes passés :
     - Les livres lus la semaine passée sont les meilleurs.
     - Les livres que j’ai lus sont classés dans ma bibliothèque.
     - Les pluies qu’il y a eu cet hiver (part. passé des verbes impersonnels = invariable).
     - Julie, après s’être rendue au secrétariat, ramena son fils à l’école.
     - Les enfants que j’ai entendus jouer.
     - Les hommes que j’ai envoyé chercher.
     - Il se fait incarcérer ( infinitif à ne pas confondre avec le participe passé).
     - Elles se sont blessées (elles ont blessé «se» : le complément direct est placé avant le participe passé).
     - Ils se sont imaginé qu’on les persécutait (ils ont imaginé «quoi ? Le complément direct est placé après le participe passé).
     - Les fleurs ont été déposées sur la table (part. passé du verbe à la forme passive = accord avec le sujet).
     - Ils se sont doutés de la chose («se» n’est ni objet direct, ni objet indirect : accord avec le sujet).

• Bien orthographier les finales des participes passés : il a mis, il a su, le prix est inclus, le problème est résolu...

• Ne pas confondre participe passé / infinitif :
     - Il lui aura enseigné une façon d’aimer.
     - Elle a aussi aidé à innocenter Léon
     - Maigret, après l’avoir surveillé, le libéra.

• Les nombres : toujours invariables sauf vingt et cent à la fin d’un nombre qui les multiplie (quatre-vingts ; deux cents ) + on met un trait d’union entre les éléments qui sont l’un et l’autre moindres que cent. Réforme de l’orthographe : on lie par un trait d’union les numéraux formant un nombre complexe, inférieur ou supérieur à cent (sept-cent-mille-trois-cent-vingt-et-un francs).

• Accord des noms composés (des portes-fenêtres, des porte-clés, des passe-partout)

• Accord des adjectifs de couleur (des vestes bleues, des vestes bleu foncé, des robes marron = des robes couleur du marron)

• Ne pas confondre adjectif verbal (variable) et participe présent (invariable) : des jeux intéressants ne sont pas nécessairement des jeux intéressant (= qui intéressent) les parents.

• Ne pas oublier le trait d’union dans la forme interrogative, après le substantif suivi de «là» :
     - Les problèmes sont-ils évoqués ?
     - Il partira à ce moment-là.

• Ne pas confondre tout /tous :
     - J’ai vu tout le monde.
     - Tout homme doit progresser.
     - J’ai lu tout le livre.
     - Tous les regards sont braqués sur lui.
     - Toutes les fournitures sont livrées.
     - La ville tout entière (tout adverbe = tout à fait, entièrement)
    N. B. : elles sont toutes penaudes (variable devant mot féminin)
     - Toute autre idée (tout = n’importe quelle) était la bienvenue.
     - Une tout autre idée traversa mon esprit (adverbe invariable = entièrement).

• Utiliser la ponctuation correcte:
     - Phrases trop longues sans ponctuation (ne pas oublier la virgule avant mais, car, donc, puisque).
     - Oubli des majuscules aux noms propres et en début de phrase après un point.
     - Confusion entre le point et le point-virgule.
     - Confusion entre la virgule et le point-virgule.
     - Oubli des accents.
     - Oubli des guillemets pour les phrases extraites d’auteurs.
     - Ponctuation après les derniers guillemets (excepté si le passage guillemeté considéré isolément demande une ponctuation).
         Le colonel dit : «Le sergent est un idiot.»
     - Ne pas oublier le point après la dernière parenthèse (ne pas le placer avant la première parenthèse).
     - Pas de majuscule après les deux points excepté lorsque ces deux points annoncent un discours direct ou une citation.

• Ne pas confondre quand / quant :
     - Quand il sera parti, je rangerai ses affaires.
     - Quant à Paul, il décidera lui-même de son orientation scolaire.

• Accorder le nom et l’adjectif (en genre et nombre), le nom et verbe (nombre), le verbe et le sujet aussi éloignés soient-ils ! :
     - Quel est le rôle joué par ce personnage ?
     - Quelle est la technique utilisée par le romancier ?
     - Les hypothèses ? Paul élimine celles qui lui semblent sans intérêt.
     - Elle sera la future femme de Thomas.
     - les femmes suspectes seront interrogées.
     - Les jours suivants ont été durs pour les habitants de la ville.
     - Il s’intéressera aux plus petits détails.

• Observer l’accord dans les expressions «beaucoup de / plein de » :
     - Il est plein d’idées.
     - Elle est pleine de générosité / Il a lu plein de livres.

• Bien orthographier quel que (en deux mots avec le verbe être) :
     - quelle que soit sa décision
     - quel que soit son désir

• Bien orthographier quoique / quoi que :
     - Quoiqu’il soit jeune, il est très intelligent (=bien que).
     - Restons fermes, quoi qu’il arrive (= quelle que soit la chose que)

• Bien orthographier les mots suivants :
     - soi-disant, au cours du livre.
     - il a dû / elles ont dû.
     - commettre, terroriser, appartenir, intéresser, démasquer, interroger, s’installer, s’apercevoir, surveiller (il surveille), travailler (il travaille) empoisonner, éclaircir, accompagner, nommer, s’intéresser à, soupçonner, condamner, s’ennuyer, tu plongeas (g devient ge devant a et o), tu plaças (c devient ç devant a et o), tu distinguais (les verbes en -guer et -quer gardent le u dans toute la conjugaison).
     -le bar, un contact, l’intérêt, le temps, l’assassin, le commissaire, les parages, l’interrogation, le rôle, l’enquête, l’empreinte, un marché, la superstition, l’amitié, le hasard, l’ennemi, le langage, la bouteille, l’hôpital , l’hôtel, le trafic, une affaire, le bateau, le résumé.
     - d’ailleurs, plusieurs, en quelque sorte, entre autres, hormis, davantage, en fait, peu d’expérience (adverbe à ne pas confondre avec le verbe conjugué : il peut !), ne fût-ce que, toujours, il est parti quelque temps (=un certain), la plupart (des enfants) sont partis, certains livres, quelquefois (= parfois) et quelques fois (= deux ou trois fois)
     - jeter/ il jette
     - particulier / particulière ; immangeable (m devant b, p ou m : sauf néanmoins, embonpoint)
     - avoir affaire à

• Ne pas confondre ou / où :
     - Au moment il partira je l’embrasserai.
     - Nous irons à Bruxelles ou à Liège.

• Ne pas confondre la / là : la femme l’a vue -bas

• Ne pas confondre ces / ses ; ce / se : En se mettant dans la peau de ses amis, il pourra s’imaginer ce qui leur est arrivé.

• Ne pas confondre a / à : Il a trouvé la raison pour laquelle elle s’était rendue à Bruxelles.

• Ne pas confondre son / sont ; on / ont

• Ne pas confondre on / on n’ :
     - On arrivera plus tôt que prévu.
     - On n’a pas été très loin.

• Absence d’élisions :
    -Il aime ce tableau parce qu’il offre des couleurs contrastées.
    - Je lui parlerai s’il revient à l’école.
    - Le rôle d’Emma est un peu mystérieux, alors qu’elle joue un rôle capital dans l’histoire.

• Chaque / chacun :
     - Il note chaque suspect dans son carnet.
     - Il a parlé à chacun.

• Ne pas confondre leur /leurs (leurs quand il y a un nom pluriel derrière lui) :
     - Pierre et Martine restent à la maison : leurs enfants sont partis en vacances.
     - Pierre et Martine sont collectionneurs de livres : leurs livres sont beaux.
     - Pierre et Martine leur ont parlé.
     - Pierre et Martine n’ont qu’un fils : leur fils est courageux.

• Ne pas confondre cet / cette : Cet inconnu et cette femme sont pleins de gentillesse.

• Ne pas confondre quelle / qu’elle : Pourvu qu’elle sache quel livre doit être lu.

• Ne pas confondre c’est / cet / ces :
     - Des crimes furent commis. C’est Maigret qui lui rappela ces meurtres après qu’il eût (subjonctif après cette expression) rangé ses affaires.
     - Cette histoire s’est passée à Concarneau.

• Ne pas confondre le / lui :
     - Emma va le mettre sur la voie.
     - Maigret va lui parler.

• Auquel / à laquelle :
     - L’homme auquel il n’a pas parlé aurait pu révéler des éléments importants.
     - Les enfants auxquels il a parlé ont quitté les lieux.
     - La femme à laquelle il a parlé s’est échappée.
     - Les armes du truand auxquelles il n’avait pas fait attention sont désormais détruites.

• Pas / ne pas :
     - Il ne pleut pas
     - Il n’a pas plu
     - Il n’aime pas

• La conjugaison (il est souvent indispensable de revoir toute la conjugaison ! )
     - je vais, tu vas, il va (subjonctif présent : que j’aille ; pourvu que tu y ailles ; qu’il aille à Bruxelles ! ; subjonctif imparfait : qu’il allât)
     - je me tais, tu te tais, il se tait
     - j’envoie, tu envoies, il envoie
     - je résous, tu résous, il résout (il résolut, il résolvait)
     - je chancelle, tu chancelles, il chancelle (réforme de l’orthographe : je chancèle, tu chancèles , il chancèle ; exceptions : j’appelle, je jette)
     - il connaît (réforme de l’orthographe : il connait)
     - je rends, tu rends, il rend
     - j’aimai, tu aimas, il aima (qu’il aimât = subjonctif imparfait)
     - je plaçai, tu plaças, il plaça (qu’il plaçât = subjonctif imparfait)
     - je mangeai, tu mangeas, il mangea (qu’il mangeât = subjonctif imparfait)
     - je cédai, tu cédas, il céda (mais «je cède» à l’indicatif présent)
     - je jetai, tu jetas, il jeta (mais «je jette» à l’indicatif présent)
     - je céderai, tu céderas, il cédera (réforme de l’orthographe : je cèderai, tu cèderas, il cèdera)
     - passé simple : je finis, tu finis, il finit, nous finîmes, vous finîtes, ils finirent (subjonctif imparfait : qu’il finît)
     - je reçus, tu reçus, il reçut (subjonctif imparfait : qu’il reçût)
     - je rendis, tu rendis, il rendit (subjonctif imparfait : qu’il rendît)
     - j’eus, tu eus, il eut (subjonctif imparfait : qu’il eût)
     - je fis, tu fis, il fit (subjonctif imparfait : qu’il fît)
     - je fus, tu fus, il fut (subjonctif imparfait : qu’il fût)
     - tous les verbes irréguliers (vouloir, dire, tenir, peindre, mourir...)

• La concordance de temps
     - Il rechercha tous ceux qui avaient fait partie de l’expédition. Il aurait voulu les retrouver rapidement, mais il se souvint du conseil d’un ami qui lui répétait souvent : «Tu devras toujours avoir de la patience ! » (5 temps différents dans un récit de base au passé simple !).

    - Si tu travailles bien, tu obtiendras de bons résultats.
    - Si tu travaillais bien, tu obtiendrais de bons résultats.
    - Si tu avais couru (= indicatif plus-que-parfait), tu aurais trouvé (= conditionnel passé).


- Nous souhaitons qu’il écrive (subjonctif présent) simultanéité ou postériorité / qu’il ait écrit (subjonctif passé) antériorité
- Nous souhaiterons qu’il écrive (subjonctif présent) simultanéité ou postériorité / qu’il ait écrit (subjonctif passé) antériorité
- Nous souhaiterions qu’il écrive (après le conditionnel présent, le subjonctif présent peut toujours être employé).
- Nous souhaitions, nous avons souhaité, nous avions souhaité qu’il écrivît (subjonctif imparfait) simultanéité ou postériorité / qu’il eût écrit (subjonctif plus-que-parfait) antériorité


• Supprimer le plus possible les verbes «passe-partout» : mettre, faire, avoir et être (lire de nombreux livres pour développer son vocabulaire et chercher dans le dictionnaire la signification des mots non compris!) :
     - Il a fait ces meurtres : il a commis ces meurtres.
     - Il a mis la table : il a dressé la table.
     - Il est très gentil : il témoigne d’une grande gentillesse.
     - Il a plusieurs voitures : il possède plusieurs voitures.

• Ne pas abuser de la virgule dans la phrase (dans de nombreux cas, il est préférable de mettre un point et de créer une autre phrase que l’on fait précéder d’un mot-lien).

• Éviter les formules incorrectes sur le plan stylistique telles que :
     - Il y a
     - Ça
     - Cela (ne pas en abuser)
     - Nous découvrons un personnage tourmenté, sinistre (coordination absente !).
     - Ce qui est beau dans ce livre c’est que le narrateur nous livre des sentiments généreux..
     - L’élément essentiel à retenir c’est que nous devons garder l’espoir
     - Un autre problème qui intervient c’est...
     - J’aime bien ce livre (observation sans intérêt : généralisation non prouvée)
     - La deuxième fois que le thème de l’amour apparaît c’est quand (ou c’est lorsque)...
     - Je vais analyser le thème de l’amour.

• Éviter les généralisations :
Exemple de généralisation : j’aime bien ce livre (expression mal formulée et non prouvée, donc sans intérêt !)

• Définir correctement :
Exemple : la narration est la manière de raconter (verbe + substantif)

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 21:35
Ces conseils s’appliquent à tous les travaux écrits excepté aux travaux écrits de créativité. Elles ne s’appliquent que partiellement aux dissertations dont l’introduction et la conclusion sont quelque peu différentes (voir à ce propos les 5 articles consacrés à la dissertation).


 

A) CONSEILS GÉNÉRAUX


    • La majorité des travaux écrits doivent présenter un texte suivi.

    • Le texte suivi est composé d’ une série d’alinéas.

    • L’alinéa comprend une ou plusieurs lignes qui offrent une unité de sens : chaque fois que l’on passe à une idée différente de celle qui est développée précédemment, il est indispensable de créer un alinéa.

    • Sur le plan formel l’alinéa se manifeste par un retrait (l’alinéa commence après un retrait de un centimètre environ).

    • Il est indispensable, dans de nombreux cas, d’écrire des mots-liens entre les alinéas(voir l’article «Les liens logiques» ). En l’absence de mots-liens, le texte paraîtra désordonné et confus : il faut donc éviter d’écrire un texte comprenant plusieurs idées sans lien entre elles.

    • En outre, à l’intérieur de l’alinéa, les phrases doivent, très souvent, être reliées entre elles par des mots-liens.

    • Si vous éprouvez des difficultés sur le plan de l’expression écrite, il est préférable de commencer par écrire des phrases courtes unies par des mots-liens plutôt que d’écrire des phrases trop longues qui sont souvent mal construites et/ou mal ponctuées.

    • Le texte doit être précédé d’une introduction et se clôturer par une conclusion.

    - L’introduction répond aux questions «quoi ?» (que vais-je faire ?) et «comment ?» (comment vais-je le faire ou quelle méthode vais-je utiliser ?).
    - La conclusion révèle au lecteur l’importance du travail qui a été effectué.

     Exemple d’introduction :

     Pour aborder Les diaboliques de Boileau-Narcejac, nous analyserons le thème de la peur. Nous observerons les procédés utilisés par les auteurs pour créer une atmosphère angoissante. Nous montrerons ensuite comment ce thème évolue du début à la fin du roman.

     Exemple de conclusion :

     L’analyse qui précède nous aura permis de découvrir que le thème de la peur jouait un rôle essentiel dans le roman de Boileau-Narcejac : la peur, suscitée par des moyens divers, fait rebondir l’action et évoluer l’intrigue d’une manière originale.

    • Chaque partie ou piste importante du travail doit être annoncée par un alinéa.

     Exemple :

     Commençons par aborder les procédés utilisés par les auteurs afin de créer une atmosphère d’angoisse.
    En premier lieu les auteurs utilisent une technique.........
    Nous remarquons ensuite l’utilisation d’un procédé qui....... ........................................................................................................................................
    Montrons maintenant comment le thème évolue du début à la fin du roman.
    Constatons d’abord que le thème est absent au chapitre 1.     En effet les personnages y évoluent dans un univers plein de calme et de sérénité......................................................
    Au chapitre 2, par contre, nous oservons que le thème surgit d’une manière brusque. Ainsi.......................................................



     • Écrire un point après une phrase !

     Ne pas écrire :
«L’ histoire est originale, les personnages sont bien analysés, les thèmes sont variés.»
     Écrire :
«L’ histoire est originale. Les personnages sont bien analysés. Les thèmes sont variés.»
     ou mieux encore :
«L’histoire est originale. En outre les personnages sont bien analysés. De plus les thèmes sont variés.»

    • Ne pas oublier un «et» avant le dernier terme de l’énumération.

    Ne pas écrire :
«J’aime les pommes, les cerises, les fraises.»
    Écrire :
«J’aime les pommes, les cerises et les fraises.»

     • Les «il y a» et les «ça» sont à éviter (l’utilisation des «il y a» fait preuve d’une pauvreté de vocabulaire !) : on peut admettre un «il y a» par travail ! Remplacer l’expression «il y a» par un verbe adéquat !

     Ne pas écrire :
«Il y avait une histoire originale dans ce film.»
     Écrire :
«Ce film offrait une histoire originale.»

     • La concordance des temps doit être respectée !

     • Ne jamais utiliser le passé composé dans un texte écrit !

     • Supprimer les verbes passe-partout («mettre», «faire», «avoir», «être»...) qui témoignent également d’une pauvreté de vocabulaire !

     • Éviter certaines tournures lourdes («ce qui», «c’est que...») !

     Ne pas écrire :
«Ce que j’ai aimé, c’est que l’histoire est originale.»
     Écrire :
«J’ai apprécié l’originalité de l’histoire.»

     • Ne jamais écrire : «je vais» !

     Ne pas écrire :
« Je vais analyser le thème de l’amour.»
     Écrire :
« J’analyserai le thème de l’amour.» ou «Nous analyserons le thème de l’amour.»

    • Les exemples doivent être présentés d’une manière correcte.

     Ne jamais écrire :
«Exemple : Fabien aime Virginie au chapitre 1...»


    Relevons trois manières correctes de faire allusion aux exemples. L’idéal est d’utiliser ces trois méthodes afin de créer une certaine variété. Vous voulez prouver, par exemple, que Fabien est amoureux de Virginie au chapitre 1 d’un roman que vous analysez.

    Écrire :
     1) «Au chapitre 1, nous observons que Fabien est follement amoureux de Virginie.» ou « Par exemple, nous observons que Fabien est follement amoureux de Virginie au chapitre 1.»

Simple rappel d’une situation sans recopier l’extrait
ou

     2) Au chapitre 1, Fabien témoigne de son amour ardent pour Virginie («il l’embrassa avec une fougue sauvage.»).

L’exemple est ici placé entre parenthèses après votre phrase
ou

     3) Au chapitre 1 , Fabien embrassa Virginie «avec une fougue sauvage». Par ce geste il perdit la confiance des autres femmes qui l’aimaient encore.
Une manière très professionnelle de présenter un exemple : il est intégré dans votre phrase !




Simulation sur le sujet suivant (les liens logiques sont indiqués en couleurs) : Quels sont, d’après vous, les effets positifs et négatifs de l’utilisation de l’ordinateur ?

     L’ordinateur occupe une place de plus en plus importante dans la société moderne. C’est pourquoi il serait utile de nous pencher sur les conséquences positives et négatives de son utilisation.
     Abordons en premier lieu les avantages liés à l’utilisation de l’ordinateur.
     À cette fin nous ferons la distinction entre le milieu professionnel et le milieu familial.
     Il est évident que dans le milieu professionnel l’ordinateur est un atout incontestable.
     Ainsi, grâce à lui, les chefs d’entreprise, gagnent un temps considérable. Le traitement de texte, par exemple, permet des corrections rapides. Quant aux tableurs, ils offrent la possibilité de calculs à une vitesse incomparable.
     En outre les données très nombreuses peuvent être stockées sur un disque dur : ceci permet d’éviter la prolifération de documents qui prennent souvent une place considérable.
................................................................................................................................................................
     Passons maintenant aux avantages de l’ordinateur dans le milieu familial.
     Nous remarquons d’abord que l’ordinateur peut avoir un rôle éducatif. Nous pensons notamment aux nombreux cédéroms consacrés à tout le domaine de la connaissance (encyclopédies, logiciels d’apprentissage des langues, musées...).
     De plus, grâce à l’ordinateur, certains apprentissages peuvent se faire au moment souhaité : l’ordinateur permet un apprentissage à un rythme personnel sans les contraintes de temps habituelles.
     Ajoutons que l’utilisation de l’Internet permet à chacun d’entrer en contact avec d’autres personnes et d’obtenir une quantité phénoménale d’informations.
................................................................................................................................................................
     Penchons-nous en second lieu sur les inconvénients liés à l’utilisation de l’ordinateur.
     Ces inconvénients se situent essentiellement sur les plans psychologique, intellectuel et physique.
     Sur le plan psychologique, des chercheurs ont constaté que l’utilisation prolongée de l’ordinateur pouvait créer une dépendance psychologique. Ainsi certains jeunes ne peuvent plus se passer de leur écran d’ordinateur sur lequel leurs yeux sont rivés parfois plusieurs heures par jour.
................................................................................................................................................................
     Sur le plan intellectuel, l’ordinateur est incapable de réfléchir à la place de l’individu et donc de remplacer tout le travail de l’homme. Heureusement d’ailleurs, car la place de l’homme, en tant qu’être intelligent, reste prépondérante. L’ordinateur ne peut donc pas bien entendu résoudre tous les problèmes : ses possibilités restent limitées.
     De surcroît de nombreux cédéroms dits éducatifs ou ludiques n’offrent pas la qualité que l’on pourrait attendre d’un tel support.
…………………………………………………………………………………………......................
     N’oublions pas le plan physique. En effet.........................................................
..............................................................................................................................................................
     L’analyse qui précède nous permet de comprendre que si l’ordinateur est un atout incontestable dans de nombreux domaines, il reste malgré tout un outil qui peut être parfois nuisible. Utilisons-le donc avec modération !

B) CONSEILS PARTICULIERS

    • Il est donc indispensable de soigner l’expression écrite (style, syntaxe et orthographe) indépendamment de l’analyse et de la structure.

    • L’écriture doit être très soignée(tout mot illisible peut être comptabilisé comme faute par le correcteur).

    • Éviter les ratures.

    • Il est vivement conseillé d’écrire au stylo (utiliser le feutre effaceur).

    • Le nombre de lignes demandé doit être respecté faute de quoi l’analyse risque d’être insuffisante.

    • Toutes les sources extérieures utilisées ( livres, articles) doivent être indiquées à la fin du travail dans une rubrique intitulée «bibliographie». Si des sources extérieures sont utilisées sans être mentionnées (plagiat), le travail pourrait être annulé. Si vous utilisez Internet comme source , vous devez donner l’adresse complète du site. La bibliographie doit être indiquée de la façon suivante :

     Exemple :
Si vous écrivez : «Comme le souligne Roland Barthes dans son ouvrage Le plaisir du texte,...», vous devez mentionner la bibliographie à la fin de votre travail.

R. BARTHES, Le plaisir du texte, Paris, Le Seuil, 1973.
J. CHEVALIER, A. GHEERBRANT, Dictionnaire des symboles, Paris, Seghers, 4 vol., 1973.
J. RICARDOU, «Temps de la narration, temps de la fiction», Problèmes du nouveau roman, Paris, Seuil, 1967, pp. 161-170.
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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 21:22

Pour de nombreux étudiants, la prise de notes au cours n’est pas simple.

Je vous propose donc une méthode qui aidera à prendre convenablement des notes pendant les cours afin de cerner l’essentiel !

 

1) Il ne faut noter que l’essentiel

Premier danger : Prendre trop de notes !

Il ne faut pas tout écrire immédiatement.

Certains étudiants notent mot à mot tout ce que les professeurs disent ! La prise de notes ne consiste pas à copier ce que le professeur dit ! Il faut donc saisir l’idée importante en distinguant ce qui est accessoire et ce qui est essentiel.

Il faut résumer les idées et supprimer les répétitions.

Il est parfois indispensable d’ attendre que le professeur ait terminé sa phrase et son idée avant de commencer à écrire. Il faut savoir qu’à l’oral les informations sont souvent répétées. Bien entendu certains professeurs ne répètent pas l’information : dans ce cas il est nécessaire de noter l’explication dès qu’elle est exposée sinon vous risquez de rater l’explication suivante !

Deuxième danger : Prendre trop peu de notes !

Si vous prenez trop peu de notes, vous ne comprendrez plus ce que vous avez écrit, lorsque vous relirez votre cours. Vous vous rendrez compte que vous n’avez pas pris note des éléments essentiels ou que vous avez perdu des informations. Il faudra en outre noter d’une façon précise les chiffres, les dates, les définitions, les noms propres et les références diverses.


2) Il est indispensable de bien écouter !

Il faut d’abord bien écouter le professeur. On constate d’ailleurs que si un cours est bien écouté, il est assimilé dans une grande proportion. Tenez compte du ton de la voix de votre professeur, des insistances, du débit de sa voix qui s’accélère ou ralentit, de ses gestes : ce sont des indicateurs qui vous permettent de découvrir parfois les idées essentielles. D’autant plus si le professeur fait des remarques telles que les suivantes : «Ce que je vais vous dire est très important ; deux aspects essentiels sont à retenir ; je répète que... ; j’insiste surtout sur...».


3) Quelques techniques qui permettent de cerner l’essentiel

Le plan

Le plan dans un cours est essentiel. Plusieurs cas se présentent :

1) Le professeur vous a donné le plan de son cours ou vous donne le plan en début de cours. Reproduisez-le avec soin avec ses titres et ses sous-titres. Ce plan du cours vous permet déjà de connaître les thèmes importants du cours et de vous y référer lorsque vous étudiez votre matière.

2) Le professeur propose un plan au fur et à mesure que son cours évolue ou n’a pas de plan apparent. Il faut alors être encore plus attentif aux indicateurs dont j’ai parlé plus haut et faire attention aux expressions qui annoncent des changements d’idées. Exemple : Maintenant nous passerons à tel point ; observons maintenant tel aspect ; ce point comprendra deux parties...»

Le style télégraphique

Pour noter les idées essentielles, utilisez le style télégraphique. Par contre vous devez noter le sujet (ce dont on parle) et le prédicat (ce qu’on dit du sujet). Ignorez certains verbes (comme : il y a, il se trouve que , il est clair que, il apparaît que), les articles et les pronoms.
Vous entendez, par exemple, la phrase suivante : « il est apparu que le Nouveau Roman a réagi contre les techniques de narration traditionnelles qu’il jugeait dépassées, car elles n’avaient pour but que de donner l’illusion du réel .» Notez alors : Le NR réagit contre narration traditionnelle jugée dépassée (voir illusion du réel).

Les mots-clés

Ce sont des mots indispensables à la compréhension : ils apportent des informations, sont répétés plusieurs fois dans le cours et certains d’entre eux sont contenus dans les titres. Exemple : les différences entre le roman traditionnel et le roman nouveau.

Les abréviations

Il faut pouvoir traduire les idées en termes plus courts.
Chacun peut bien entendu avoir son système propre d’abréviations.
Voici quelques abréviations de mots courants.

Exemples :
adjectif = adj.
histoire = hist.
juridique = jurid.
technique = techn.
cependant = cpd
quelquefois = qqf
beaucoup = bcp
jamais =jms
souvent = svt
toujours =tjs
dans = ds
grand = gd
quand = qd
vieux = vx
quantité = qté
poids = pds
temps = tps
c’est-à-dire = cad
important = impt

Des signes conventionnels

Vous pouvez vous entraîner à utiliser des signes conventionnels.
Exemples : § pour paragraphe, + ou flèche vers le haut pour hausse, - ou flèche vers le bas pour baisse, ê pour être, etc.


4) Prendre des notes claires

• L’idéal est de bien noter votre cours du premier coup. Il ne faut donc pas écrire des brouillons. Si les notes sont mal présentées, vous n’aurez pas envie de les relire. Il ne faut les recopier qu’ exceptionnellement.

• Placez à l’extrême gauche de votre feuille les titres principaux. Décalez vers la droite chaque sous-titre. Prévoyez un nouveau décalage pour les exemples. Ne revenez à la ligne que lorsqu’une nouvelle idée est abordée.

• Prévoyez des marges importantes à gauche pour compléter des points incompris ou noter les oublis du professeur, pour rectifier des informations erronées, pour inscrire des questions à poser à la fin du cours et enfin pour noter des expressions ou des termes inconnus.

• Sautez des lignes pour que le plan soit mis en évidence et afin de faciliter la relecture du cours.


5) Vous devez être capable de réutiliser vos notes

La prise de notes ne s’arrête pas au cours. Elle doit se prolonger par un travail personnel. Reprendre ses notes, c’est assimiler une partie importante du cours. Mettez au point vos notes le soir même (voir la méthode de travail que je propose : elle conseille de relire tous les cours de la journée !)

Vérifiez en premier lieu si la matière est comprise.

Il apparaît parfois qu’une matière, qui semblait évidente au cours, l’est moins lorsqu’elle est revue à domicile. Notez les points obscurs qui doivent être éclaircis et corrigez certaines abréviations qui vous semblent peu claires.

Complétez vos notes avec des informations que vous avez encore en mémoire.

Complétez les phrases pour avoir toujours sujet + prédicat. Soulignez les titres et les sous-titres en couleurs si le professeur ne vous l’a pas demandé. Ajoutez éventuellement des commentaires sur des schémas ou graphiques.

Observez votre manuel.

Observez comment le sujet. y est traité. Rajoutez éventuellement dans vos notes une expression ou une phrase qui vous semble bien exprimée dans le manuel.

Vous pouvez aussi résumer vos notes en soulignant ce qui vous semble le plus important dans un chapitre du cours. Comparez vos notes avec le contenu de votre manuel et avec les notes de vos copains !

• Je conseille vivement d’établir un plan du cours qui peut se présenter sous la forme d’un plan très détaillé, puis moins détaillé.


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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 21:21
Le résumé de texte est un exercice capital, car il permet de mesurer l’esprit de synthèse. Celui-ci (tout comme l’esprit d’analyse) est une faculté essentielle qui permet d’affronter plus sereinement l’enseignement supérieur. Bien entendu l’esprit de synthèse s’acquiert au fil des exercices qui doivent être relativement nombreux.

 

1) Théorie

a) Il faut savoir que vous devez absolument respecter la longueur du résumé qui, généralement, est fixée dès le départ.

b) Un résumé ne peut pas être considéré comme un plan.
Vous devez donc le rédiger sous la forme d’un texte suivi (alinéas et mots-liens). Les idées doivent s’enchaîner logiquement à l’intérieur de l’alinéa.
En outre les alinéas doivent, dans la mesure du possible, être liés entre eux par des liens logiques.

c) Vous ne pouvez pas prendre des phrases du texte original pour créer votre résumé.
En fait il faut se mettre à la place de l’auteur et exprimer ses idées avec vos propres mots et expressions.
Si vous tenez à reprendre une expression du texte original, vous devez obligatoirement la placer entre guillemets. Je dis souvent à mes étudiants de ne pas prendre plus de deux mots qui se suivent dans le texte original ! Bien entendu certains mots du texte original doivent être repris (si, par exemple, un auteur a créé un texte sur la télévision, il faut garder le mot «télévision» et ne pas vouloir le remplacer par «boîte carrée et magique» !).

d) Le résumé doit aller à l’essentiel. Certains alinéas du texte original sont peut-être longs, mais inutiles. Par contre d’autres alinéas du texte original peuvent être très courts, mais essentiels.

e) Il est préférable de garder l’ordre du texte original.

f) Il faut éviter le style indirect (ne pas écrire par exemple : «l’auteur veut nous montrer que...»). Si l’auteur dit «je», vous pouvez écrire «je». Mais vous devrez donner en tête de copie donner toutes les références du texte original et indiquez que vous en faites un résumé.

g) Vous ne pouvez pas donner votre avis personnel dans un résumé ! Cela vous semble sans doute évident, mais je vous signale que la plupart des étudiants «inventent» des idées dans leurs premières contractions ! La soumission à la pensée de l’auteur est donc essentielle.


2) Pratique

a) Pour les textes courts (entre 5 et 10 lignes) : cette méthode ne convient qu’aux étudiants ayant déjà une certaine expérience de la contraction.

a) Lire quelques fois le texte original sans prendre note.
b) Essayer de formuler mentalement l’idée principale du texte,l’introduction , la manière dont les idées s’enchaînent et la conclusion.
c) Soulignez les mots qui vous rappellent les idées que vous ne pouvez pas oublier. Ne soulignez pas de phrases.
d) Commencez à rédiger.

b) Pour les textes plus longs (entre 10 et 20 lignes), voici une méthode intéressante qui porte ses fruits :

Supprimer les idées qui vous semblent accessoires

Exemple :
Dans la phrase : «La télévision, cette boîte lumineuse et hypnotisante qui trône dans notre intérieur, occupe une grande partie de notre temps.», on peut supprimer «cette boîte lumineuse et hypnotisante qui trône dans notre intérieur».

Supprimer les idées qui sont répétées (on gardera l’information qui semble la plus précise).

Exemple :
Dans la phrase «la télévision nous offre parfois des émissions qui nous abrutissent, nous abêtissent, nous crétinisent...», on peut supprimer : « nous abêtissent, nous crétinisent».

• Si le texte original offre une information générale et des informations secondaires, supprimer ces informations secondaires (exemples, énumérations...) et garder l’information générale.

Exemple :
Dans la phrase : «De nombreuses émissions ne relèvent pas vraiment le niveau des spectateurs et tentent de le considérer comme un être inculte : pensons à Loft Story, Star Académie, les feux de l’amour...», on peut supprimer «pensons à Loft Story, Star Académie, Les feux de l’amour...»

Remplacer certains développements par des informations générales que vous devez créer vous-même.

Exemple :
Certaines émissions de télévision sont néfastes aux enfants, aux adolescents et aux adultes : cette phrase peut être remplacée par «Certaines émissions de télévision sont néfastes à tous.»

Remarque :

Dans tous les cas, il peut être utile de réaliser la charpente du texte : une charpente est un plan plus ou moins détaillé qui révèle les liens logiques entre les différentes idées.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 21:20
Je vous propose un exercice de rédaction de texte en utilisant des liens logiques. Les phrases sont inspirées de situations évoquées dans un roman de Paul Guimard
(Les choses de la vie).


 

Consignes

Relier ces phrases (d’autres phrases peuvent être créées) en utilisant un maximum de liens logiques: ces liens logiques doivent être choisis à travers la liste qui figure dans l’article «Les liens logiques». Le but de l’exercice est d’utiliser le plus grand nombre possible de bons liens logiques en 45 minutes (minimum 15 liens logiques). Encadrer en couleur les liens logiques. Utiliser le passé simple comme temps de base (d’autres temps du passé doivent bien entendu, dans certains cas, être utilisés : imparfait...). Après chaque phrase retranscrite, indiquer son numéro correspondant.


Phrases

1) La MG 100 aborde à 140 le large virage.
2) La visibilité est suffisante.
3) Le sol est encore humide de la dernière ondée.
4) Aucun panneau n’annonce des risques de dérapage.
5) La radio diffuse un chanson ancienne.
6) Le temps est superbe.
7) La route semble vide dans les deux sens.
8) A l’autre bout de la route un camion aborde le virage.
9) Aux deux tiers du virage, une route secondaire coupe la N 13.
10) Une camionnette a calé en travers de la nationale.
11) Pierre a freiné.
12) La MG a heurté la camionnette par l’arrière.
13) Pierre est dans son droit.
14) Pierre est vilainement blessé.
15) Les gens adorent regarder les accidents.
16) Pierre a peur.
17) Pierre entend des voix.
18) Le gendarme écarte les curieux.
19) Un homme a prévenu une ambulance.
20) Les gens font des remarques stupides.
21) Le conducteur de la MG a ouvert les yeux.
22) Pierre aurait dû mieux profiter de la vie
23) L’ambulance survient.
24) Le médecin s’agenouille près du blessé.
25) L’ambulance fonce vers le service des urgences.
26) La femme de Pierre est avertie.
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