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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 21:43
Voici la suite du lexique littéraire qui répertorie les mots de la lettre J à la lettre Z.

 

J


jargon :
a) langage particulier à une profession (jargon juridique, médical...).
b) langue compliquée, peu compréhensible en dehors du clan qui la pratique.

juxtaposition : on dit que deux propositions sont juxtaposées lorsqu’elles n’ont aucun mot de liaison entre elles.

K


kafkaïen : se dit d’une situation ou d’une atmosphère qui rappelle l’univers oppressant, absurde et cauchemardesque des romans de Kafka.
exemple : «L’administration est parfois kafkaïenne.»

L


lapalissade : vérité évidente. Le terme vient du personnage de La Palice, dont une chanson dit précisément : «Un quart d’heure avant sa mort, il vivait encore.»

langue de bois : langue lourde et stéréotypée qui élude les problèmes (on est à l’opposé d’un «parler vrai» !).

lapsus : erreur consistant à déformer un mot ou à employer un mot pour un autre, en parlant ou en écrivant. Le lapsus est involontaire et traduit, selon Freud, une pensée inconsciente.
exemple : Le jeune mariée qui écrit à sa belle-mère : « Vous êtes évitée à mon anniversaire !»

lieu commun : voir le mot «cliché».

leitmotiv : image (ou thème) qui se répète dans une oeuvre artistique.

lexique :
a) Dictionnaire restreint, consacré au vocabulaire particulier d’une science ou d’une technique (lexique de la philosophie, des termes musicaux...).
b) Ensemble des mots qui constituent la langue d’une communauté.

libelle : petit texte attaquant violemment une personne ou une institution. On emploie plus couramment le mot pamphlet.

libre (vers) : terme qui s’applique à la poésie moderne. Il désigne des vers dont la structure (longueur, césure, coupe), les rimes et le groupement (strophe...) sont libres.

lipogramme : texte dans lequel une ou plusieurs lettres de l’alphabet sont volontairement absentes.
exemple : le récit de Perec, La disparition, qui ne contient aucune voyelle «e» !

litote : figure de style qui consiste à dire le moins pour, en réalité, faire entendre le plus. Son but est souvent de modérer les éloges ou les aveux. Elle procède fréquemment par la négation du contraire.
exemples :
• «Ce n’est pas la grande forme» pour «je suis au plus mal».
• «Pas génial» pour «franchement nul».
• «Pas mauvais» pour «très bon».
• «Va, je ne te hais point» (Corneille), pour «Je t’aime beaucoup».
• Un professeur qui écrit sur une copie médiocre : «Ce n’est pas génial»

Lumières (philosophie des —) : Les Lumières désignent un mouvement intellectuel européen qui a dominé le XVIII ème siècle, se développant sous l’impulsion des philosophes. Les Lumières désignent les facultés humaines (raison, intelligence...) et les idées nouvelles (tolérance, foi dans le progrès...) qui doivent éclairer l’époque.

M


mal du siècle : état d’âme caractéristique de la jeunesse romantique au XIX ème siècle (un sentiment fait de mélancolie et d’inquiétude).

manifeste : écrit théorique par lequel une école ou un mouvement (littéraire, artistique) fait connaître au public ses convictions esthétiques ou politiques.

marivaudage : style propre au théâtre de Marivaux (langage raffiné et complexe de personnages qui jouent avec les sentiments amoureux).

mélodrame : Au XIX ème siècle, le mélodrame se caractérise par l’invraisemblable complexité de l’intrigue, la simplification des caractères (les bons et les traîtres) et des émotions (violence, amour, bons sentiments). Le public recherchait la pitié, l’horreur et les pleurs à bon marché. Aujourd’hui, par extension, le terme désigne des situations caricaturalement pathétiques.

mémoires : récit d’événements historiques dont l’auteur a été témoin ou auxquels il a participé. L’auteur de mémoires est un mémorialiste.

merveilleux : désigne tout ce qui, dans un texte, est du domaine du surnaturel (réalités surnaturelles, éléments féeriques, magie...). On le retrouve dans les contes de fée où les données du monde surnaturel sont acceptées comme allant de soi par le lecteur ou le spectateur.

métaphore : figure de style qui consiste à remplacer un mot (ou un un groupe de mots) par un autre mot en vertu d’un rapport de sens entre les deux termes.
exemple : la phrase «tes yeux sont bleus comme l’océan» devient «l’océan de tes yeux» (le sème commun entre le mot «océan» et le mot «yeux» est la couleur).

métonymie : figure de style qui consiste à remplacer un terme par un autre terme qui est dans un rapport de contiguïté ou de liaison avec le premier (une relation étroite unit ces deux termes). On observe les cas suivants :
• La cause pour l’effet : «boire la mort» pour «boire le poison» qui entraîne la mort.
• Le lieu d’origine pour la chose : «fumer un havane» (un cigare originaire de La Havane).
• Le contenant pour le contenu (ou vice versa) : «boire un verre» (boire le contenu d’un verre).
• Le symbole pour le symbolisé : «J’ai quitté la robe pour l’épée» pour «J’ai abandonné la magistrature pour le métier des armes.»

miracle : spectacle, centré sur un thème religieux, qui se jouait, au Moyen Âge, sur le parvis des églises.

monographie : étude détaillée écrite sur un seul sujet précis.

monologue : mot qui appartient au vocabulaire théâtral pour désigner une scène dans laquelle un personnage parle seul, pour lui-même ou pour les spectateurs.

monologue intérieur : procédé qui nous dévoile la pensée d’un personnage au moment même de sa formation (pensée livrée telle quelle dans un désordre apparent). Les pensées, qui se déroulent dans la conscience du personnage, sont, bien entendu, exprimées à la première personne du singulier.

monosémie : fait, pour un mot ou une expression , de n’avoir qu’une seule signification. Les mots scientifiques sont souvent monosémiques.

mot-valise : mot nouveau qui est le résultat de la rencontre de deux mots.
exemple : «camembour : style de blague que l’on aime bien faire entre la poire et le fromage.» (Alain Fienkielkraut)

mystère : au Moyen Âge, le mystère est une représentation dramatique d’inspiration religieuse. Les acteurs y jouaient divers épisodes de la vie du Christ ou de scènes tirées de la vie des saints. Ces spectacles offraient des scènes, à la fois surnaturelles, mystiques, réalistes et comiques,qui plaisaient au public populaire (celui-ci participait souvent au spectacle).

N

narrateur : voix qui raconte la fiction.

narration : manière de raconter les événements.

naturalisme : réalisme poussé à l’extrême, principalement illustré par Zola qui souhaitait que le roman rende compte de la vie naturelle et sociale de façon scientifique et exhaustive.

niveau de langue : niveau de langage auquel choisit de s’exprimer un auteur. On distingue trois niveaux ou registres de langue :
a) le niveau familier (termes et images argotiques et populaires, syntaxe du langage parlé...).
b) le niveau courant (style correct).
c) le niveau soutenu (style littéraire : vocabulaire recherché, soin des figures de style...).

néologisme : mot nouveau.

Nouveau Roman : nom donné par la critique à des romanciers français qui, à partir de 1950, ont décidé de détruire les conventions du roman traditionnel (le Nouveau Roman est une catégorie du roman nouveau).

nouvelle : court récit en prose, généralement centré sur un seul événement, avec des personnages peu nombreux. Les personnages sont vraisemblables à la différence de ceux que l’on rencontre dans les contes. L’auteur de nouvelles est un nouvelliste.

O

octosyllabe : vers de huit syllabes.

ode :
a) Dans la Grèce antique, poème lyrique destiné à être chanté ou dit avec un accompagnement musical.
b) Du XVI ème siècle à la poésie romantique, l’ode désigne un poème solennel et majestueux qui évoque la divinité, un héros ou la destinée humaine.

onomastique : science des noms propres, spécialement des noms de personnes.

onomatopée : création d’un mot dont les sonorités sont censées reproduire le bruit qu’il désigne ou évoquer la chose qui produit ce bruit.
exemple : «boum», «crac», «roucoulement»...

opuscule : petit livre.

oraison funèbre : sermon prononcé à l’occasion des funérailles d’une personne illustre.

oratoire : qui concerne l’art de parler en public, l’éloquence des orateurs.

oxymore (ou oxymoron) : voir alliance de mots.

P


palindrome texte que l’on peut lire de gauche à droite et inversement.
exemple : «élu par cette crapule».

pamphlet : écrit satirique en général court et violent, qui attaque une personne connue, une institution, la religion, le gouvernement...

panégyrique : discours public célébrant les louanges d’une personne illustre. Éloge de quelqu’un ou quelque chose. Apologie excessive à la gloire de quelqu’un.

parabole : petit récit allégorique qui propose un enseignement moral ou un message religieux. Le Nouveau Testament est riche en paraboles.

paradoxe : énoncé qui présente des arguments qui vont à l’encontre des opinions généralement admises.
exemple: «Il avait le don de paresse et donc d’organisation.» (certains paresseux simplifient leur travail en l’organisant mieux)

paralittérature : terme qui désigne, à tort, toute littérature qui n’entrerait pas dans le cadre d’une vraie littérature (bande dessinée, roman policier, chanson...).

paralogisme : raisonnement qui semble approximativement logique, mais qui en réalité est faux. Le paralogisme est en général fait de bonne foi, ce qui n’est pas le cas du sophisme (voir ce mot).

paraphrase : opération de reformulation qui consiste à redire d’une autre manière ce qui a déjà été dit. La paraphrase peut avoir un sens péjoratif, dans la mesure où de nombreux étudiants, par exemple, répètent les phrases d’un auteur sans les expliquer ou les analyser.

parataxe : voir asyndète.

Parnasse : mouvement littéraire du XIX ème siècle qui, sous l’égide de Leconte de Lisle, critiqua le romantisme et notamment l’expression des sentiments personnels.

parodie : imitation caricaturale, burlesque, d’une oeuvre connue (sérieuse).

paronomase : figure de style qui consiste à rapprocher deux paronymes, c’est-à-dire deux mots très proches sur le plan de la sonorité, d’où le risque de confusion. Elle est fréquemment utilisée dans le langage publicitaire.
exemple : «collision/collusion» ; «abjurer/adjurer» , «L’amour à mort» (titre d’un film d’Alain Resnais).

paronyme : mot très proche d’un autre par la sonorité (voir paronomase).

pastiche : imitation d’une oeuvre en s’en approchant le plus possible, au point de tromper sur l’origine.

pastoral : oeuvre ou genre littéraire mettant en scène des bergers. Qui dépeint ou évoque les moeurs champêtres.

pathétique : qui émeut profondément et douloureusement.

pathos : le pathos est du pathétique facile, mélodramatique, exagéré. Il se rencontre fréquemment dans la presse à sensation, les discours, les romans populaires. Le pathos cherche à provoquer des émotions fortes par des moyens assez grossiers.

pentasyllabe : vers de cinq syllabes.

période (oratoire) : phrase longue et complexe utilisée dans le style oratoire.

péripétie : tout événement qui modifie le cours de l’action dans une oeuvre de fiction.

périphrase : figure de style qui consiste à remplacer un terme usuel par un groupe de mots qui possède un sens équivalent. Les Précieux du dix-septième siècle en abusaient. Elle a parfois une fonction poétique.
exemples : «la capitale du royaume» pour Bruxelles, la «messagère du printemps» pour l’hirondelle.

péroraison : conclusion d’un discours (elle présente l’essentiel de l’argumentation et cherche à émouvoir l’auditeur).

personnification : procédé stylistique qui consiste à présenter comme un être animé une notion, une abstraction, une chose ou toute forme de réalité inanimée.
exemple :
« Il appelle la Mort. Elle vient sans tarder,
Lui demande ce qu’il faut faire» (La Fontaine)

pittoresque (style) : qui offre de nombreux détails visuels, colorés, imagés.

plagiat : action qui consiste à copier une oeuvre (ou une partie de cette oeuvre) en la présentant comme sienne.

Pléiade : groupe de poètes du XVI ème siècle, admirateurs de l’Antiquité grecque et latine, qui voulurent promouvoir la langue française.

pléonasme : expression qui consiste à donner deux fois la même information. Redondance fautive sauf si elle est créée dans un but volontaire («applaudir des deux mains»).

polémique (style) : qui, par son ton combatif, cherche à susciter des réactions vives chez le lecteur.

polysémie : propriété d’un terme qui a plusieurs sens selon les contextes.
exemple : le mot «amour».

poncif : voir le mot «cliché».

Préciosité : mouvement littéraire et intellectuel du XVII ème siècle qui se traduit par un grand raffinement du langage, par l’importance accordée à la vie mondaine et aux manières recherchées. La préciosité fut surtout développée, dans les salons, par des femmes de la haute société (Molière les a ridiculisées dans «Les Précieuses ridicules»).

prétérition : figure de rhétorique par laquelle on dit que l’on ne va pas dire ce que l’on dit, pour mieux attirer l’attention sur l’élément passé sous silence.
exemple : «Je n’ai pas besoin de vous dire que je suis scandalisé par votre attitude.»

prolepse : figure de rhétorique qui consiste à réfuter d’avance l’objection que pourrait faire un interlocuteur.
exemple : «Vous me direz que l’accumulation des têtes nucléaires est l’unique façon d’empêcher la guerre atomique, mais...»

prologue :
a) dans l’Antiquité, partie d’un spectacle théâtral qui précède la pièce proprement dite, dans laquelle, souvent, un personnage vient présenter le sujet avant l’entrée du choeur.
b) dans les ouvrages modernes, texte introductif ou préface. Partie assez courte qui relate des événements antérieurs à l’action proprement dite de l’oeuvre (dans ce sens l’antonyme est «épilogue»).

prosaïque : qui manque de poésie, qui est banal, plat commun. Ce mot issu de «prose» (qui s’oppose à la poésie) laisse supposer à tort qu’une prose ne peut pas être poétique... Les poèmes en prose (ou prose poétique) ont démontré le contraire !

prosodie : ensemble des règles de la versification.

prosopopée : figure de rhétorique par laquelle un orateur ou un écrivain fait parler fictivement un individu mort ou absent, un animal ou une réalité personnifiée. Souvent proche de la personnification (voir ce mot).
exemple :
«Ébloui de l’éclat de la splendeur mondaine,
Je me flattai toujours d’une espérance vive,
Faisant le chien couchant auprès d’un grand seigneur...» (Tristan l’Hermite)

protagoniste (sens littéraire) : désigne un personnage principal dans une oeuvre de fiction.

proverbe : énoncé court d’une vérité d’expérience ou d’un conseil de sagesse populaire, dont le contenu est supposé partagé par l’ensemble du groupe social.

psychocritique : méthode d’étude des textes littéraires mise au point par Charles Mauron (1899-1966) qui s’appuie sur la psychanalyse pour aborder les oeuvres sous un angle psychologique très approfondi.

psychodrame : méthode thérapeutique qui consiste à faire jouer par des patients des scènes réelles ou imaginaires qui représentent des situations traumatisantes, des moments conflictuels de leur passé ou de leur avenir. Ils jouent théâtralement des rôles où ils «revivent» ces moments difficiles, ce qui leur permet de se libérer de leurs angoisses.

Q

quiproquo : malentendu, erreur, méprise qui fait prendre quelqu’un pour quelqu’un d’autre, ou une chose pour une autre.

R

rabelaisien : qui évoque l’oeuvre de Rabelais, caractérisée par la gaieté, la liberté d’expression, la truculence et parfois la grossièreté.

réalisme : courant littéraire français qui a dominé entre 1850 et 1885 (Balzac, Flaubert, Maupassant, Zola...).

récit : relation orale ou écrite de faits vrais ou imaginaires. La relation des faits correspond à la narration du récit et les faits correspondent à la fiction du récit.

redondance : fait de donner plusieurs fois la même information, de répéter sous diverses formes la même idée. Elle est un procédé d’insistance en ajoutant parfois une nuance à une idée.
exemple : «Il ne se souciait guère de ces plaintes et doléances.»

régionalisme : utilisation d’une expression qui ne s’emploie que dans une ou quelques régions.

rejet : le rejet désigne la partie de la phrase rejetée dans le second vers. Le contre-rejet désigne la partie de la phrase qui précède l’enjambement (voir ce mot).

rhétorique : art de bien parler (ensemble des procédés oratoires employés pour produire un discours convaincant). La rhétorique comprend notamment les figures de rhétorique et les figures de style.

Rhétoriqueurs : groupe de poètes français de la fin du XV ème siècle, remarquables par leur virtuosité formelle et leur habileté rythmique (leur poésie était quelque peu artificielle).

rime : homophonie (identité de sons) à la fin de deux ou plusieurs vers de la dernière voyelle sonore et de tout ce qui peut la suivre.
exemples :
- ravi et midi, patrie et servie, village et branchage, terre et mystère sont des rimes.
- mène et règne, ramure et solitude sont des assonances (voir le mot).

Si la rime est limitée à une seule voyelle, elle est PAUVRE (ravi et midi, patrie et servie).
La rime est SUFFISANTE si elle porte sur la dernière voyelle sonore et la consonne qui suit (village et branchage, tours et velours).
La rime est RICHE quand l’homophonie s’étend à la consonne qui précède la dernière voyelle sonore (acier et coursier, terre et mystère).

Les rimes sont FÉMININES si elles se terminent par un e muet (pleurent et meurent, père et amère ) ; elles sont MASCULINES dans le cas contraire.

Les rimes peuvent être :
- SUIVIES : elles se succèdent par groupe de deux (deux masculines, deux féminines ou vice versa).
- CROISÉES : les vers se répondent de deux en deux (à un vers masculin succède toujours un vers féminin).
- EMBRASSÉES : deux vers d’une espèce sont encadrés par deux vers de l’autre espèce.
- REDOUBLÉES : il y trois vers ou plus sur la même rime.
- MÊLÉES : les vers se suivent sans ordre précis.

roman-feuilleton (sens littéraire) : roman qui paraît dans la presse par fragments (le but est de tenir le lecteur en haleine).

romantisme : mouvement intellectuel et artistique au XIX ème siècle en France (Lamartine, Hugo, Vigny, Musset, Nerval, Chateaubriand, Stendhal...).

rondeau : poème à forme fixe du Moyen Âge (il comprend six quatrains dont le dernier s’appelle «l’envoi») : les rondeaux de Charles d’Orléans.

rousseauisme : caricature de la pensée de Jean-Jacques Rousseau. Elle exprime une attitude de confiance naïve en la bonté de la nature humaine qui s’accompagne d’une vision idéaliste de l’existence de l ’homme primitif, proche de la nature.

rythme (en versification) : le rythme du vers est marqué par le retour à intervalles déterminés d’un certain nombre de syllabes accentuées.

S

saga : récit héroïque de la littérature scandinave du Moyen Âge. Ces récits racontent les aventures légendaires de familles entières. D’où l’application du mot aux longs romans qui racontent, de génération en génération, l’histoire d’une famille ainsi qu’aux films qui en sont tirés.

satire : écrit ou discours qui s’attaque à quelqu’un ou à quelque chose en s’en moquant.

science-fiction : littérature dont l’action se déroule dans le futur et dans un monde fort différent du monde contemporain du fait des progrès scientifiques.

sémantique : partie de la linguistique qui étudie le sens des mots et les variations de leurs significations.

sémiotique (sémiologie) : science qui s’intéresse à tous les systèmes de signes (signes linguistiques et extralinguistiques comme le code de la route, les symboles chimiques...).

sentence : pensée ou morale exprimée dans une formule courte et littérairement soignée. La vérité morale est affirmée d’une manière souvent dogmatique.

sigle : lettre initiale ou suite d’initiales qui sert d’abréviation.
exemple: la lettre B sur une voiture est un sigle qui renvoie au mot Belgique, la SNCF...

signe (linguistique) : désigne le mot qui lui-même comprend un signifié (signification du mot) et un signifiant (marque graphique et phonique du mot).
Nous devons ce concept à Saussure.
exemple : le mot «arbre» est un signe qui comprend :
- un signifié : définition du mot «arbre» dans le dictionnaire.
- un signifiant : la réalité acoustique du mot (les sonorités du mot «arbre») et sa réalité graphique (la forme écrite du mot «arbre»).

solécisme : faute de syntaxe.
exemple : «l’homme auquel j’ai épousé sa fille.»

soliloque : discours d’une personne qui se parle à elle-même (dans la solitude). Ce mot désigne parfois le discours de quelqu’un qui est seul à parler dans une compagnie, comme s’il ne s’adressait qu’à lui-même.

sophisme : raisonnement incorrect bien qu’ apparemment logique. Ce raisonnement est souvent fait avec l’intention de tromper l’interlocuteur. Socrate s’est insurgé contre les sophistes.

spleen : mot venu d’Angleterre et passé dans la langue française, surtout à cause de Baudelaire (ce mot désigne un état de mélancolie et d’angoisse).

stéréotype : voir le mot «cliché».

strophe : groupe de vers organisés de la même façon que l’on retrouve à plusieurs reprises dans un poème.

structuralisme (en linguistique ou en littérature ) : étude de la langue ou d’un récit comme un système constitué de plusieurs parties ayant des rapports entre elles (relation de ressemblance, opposition...).

stylistique : étude des procédés de style.

surréalisme (en littérature) : mouvement littéraire qui, sous l’impulsion d’André Breton au début du XX ème siècle, se caractérise par une révolte contre l’ordre établi, par une liberté de pensée, par un rejet de toutes les contraintes rationnelles et morales, par l’invention d’un nouveau langage créant des associations surprenantes de mots et ce en accordant de l’importance au rêve et à l’inconscient.

syllogisme : en logique, argument qui se compose de trois propositions (majeure, mineure et conclusion) dont la troisième se déduit parfaitement des deux autres. Il faut noter que certains syllogismes sont erronés parce qu’ils contiennent une erreur de raisonnement (ils s’apparentent alors aux sophismes). D’ autres syllogismes sont corrects. Voici un exemple de syllogisme correct et incorrect :
a) Majeure : «Tous les hommes sont mortels.»
Mineure: «Socrate est un homme.»
Conclusion : «Socrate est mortel.»

b) Majeure : «Le lion est un animal.»
Mineure : «Le tigre est un animal.»
Conclusion : «Le lion est un tigre !»

symbole : représentation concrète d’une idée abstraite
exemple : la colombe est le symbole de la paix (ou la paix est symbolisée par la colombe).

symbolisme : mouvement littéraire de la fin du XIX ème siècle en France (Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Mallarmé, Lautréamont...).

synchronie : étude du système d’une langue tel qu’il fonctionne à un moment donné (par opposition à diachronie : voir ce mot).

synecdoque : figure de style qui est une variante de la métonymie. Les objets de la synecdoque forment un tout (rapport d’inclusion ou d’appartenance).
Plusieurs cas possibles :
• La partie pour le tout (ou vice versa) : «une voile à l’horizon» pour «un bateau à l’horizon». «J’aime le bordeaux» (un «bordeaux» pour «un vin bordelais»).
• La matière pour l’objet : «la toile» pour «la peinture représentée sur la toile d’un tableau».
• Le singulier pour le pluriel (ou inversement) : «Le riche doit aider le pauvre».

synérèse : en versification, fusion de deux syllabes vocaliques en une seule.
Elle permet d’accentuer le rythme.
exemple :
Ces deux octosyllabes :
«Juin ton soleil ardente lyre
Brûle mes doigts endoloris.»
(Guillaume Apollinaire)

synesthésie : association de sensations diverses.
exemples : une couleur criarde, un parfum savoureux...

synonyme : mot dont le sens est identique à celui d’un autre mot.

T

tartufferie : terme qui fait référence à Tartuffe, pièce de Molière (hypocrisie).

tautologie : répétition inutile de la même idée sous une forme différente. On dit souvent qu’un dictionnaire est tautologique. À mettre en rapport avec la redondance.
exemple : l’amour est l’art d’aimer !

ternaire (rythme) : rythme qui se compose de trois éléments.
exemple : Un grand cri s’éleva, domina la Marseillaise : «Du pain ! Du pain ! Du pain !» (Émile Zola)

tétrasyllabe : vers de quatre syllabes.

tirade : au théâtre, long discours ininterrompu et adressé à des interlocuteurs.

tragédie : La tragédie classique (XVII ème siècle) est une oeuvre dramatique dont les éléments constitutifs sont les suivants : sujet grave, dénouement malheureux, lutte vaine du héros contre le destin, mise en scène des passions humaines, style relevé, respect des trois unités (voir le mot «unités»).

tragi-comédie : au XVII ème siècle, pièce de théâtre sérieuse dont le dénouement est heureux (voir Le Cid de Corneille). Dans l’Antiquité la tragi-comédie comportait des éléments comiques.

trilogie : groupe de trois oeuvres (La trilogie new-yorkaise de Paul Auster).

trimètre : vers qui présente trois mesures.
exemple : «Il vit un oeil /tout grand ouvert /dans les ténèbres» (Hugo)

trisyllabe :vers de trois syllabes.

trope : terme classique pour désigner les figures de style ou de rhétorique.

troubadour : poète lyrique du Moyen Âge qui récitait ses oeuvres ou celles d’autrui de château en château (dans le nord de la France on lui donnait le nom de trouvère).

U


ubuesque : d’un comique et d’une absurdité énormes (allusion à Ubu, personnage d’Alfred Jarry).

unités (règle des —) : désignent les trois unités du théâtre classique français au XVII ème siècle :
•Unité de temps : tout doit se passer en vingt-quatre heures.
•Unité de lieu : l’action doit se dérouler en un seul endroit.
•Unité d’action : un seul événement central doit nourrir l’intrigue.

univoque : qui n’a qu’un seul sens (monosémique).

V

vaudeville : comédie au rythme rapide, fondée sur l’intrigue, les quiproquos, les rebondissements et les situations cocasses (voir les pièces de Labiche et Feydeau).

verbalisme : défaut qui consiste à masquer le manque d’idées par l’abondance verbale.

vérisme :
a) mouvement littéraire italien (fin XIX ème siècle) qui, à l’instar du naturalisme français, cherche à représenter très exactement la vérité concrète de la vie quotidienne et de la réalité sociale.
b) terme qui s’applique à toute oeuvre éprise de réalisme social (on parlera d’un cinéma «vériste», d’un roman «vériste»).

vers libre : vers ne respectant pas les contraintes caractéristiques du vers traditionnel (la liberté du vers peut aller jusqu’à l’absence de rimes).

Z

Zeugma : figure de style qui consiste, pour éviter de répéter un terme, à lui donner plusieurs compléments de nature différente.
exemples : «Je lui ai porté une lettre et un coup de pied.» ; «Il sauta la barrière et son repas.»

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Published by frandidac - dans VOCABULAIRE
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